vendredi 16 février 2024

Laura Sibony (bac 2011) nous plonge dans la Fantasia de l'IA


 Diplômée de Sciences Po, de la Sorbonne et d’HEC, Laura Sibony a travaillé pour Google Arts & Culture, avant d'enseigner les bases de l'intelligence artificielle, à HEC et en entreprise. 

Elle est notamment l’autrice de L'École de la Parole (Hachette, 2020) et de Bien parler en public (Marabout, 2022). Fantasia est son premier ouvrage sur l’intelligence artificielle.

Laura a été récemment interviewée par Delphine Léonardis, professeur de Lettres au Gymnase, dont elle fut l'élève, pour présenter Fantasia dans le cadre des rencontres littéraires de la Librairie Kléber. 

Fantasia est à dévorer  - déguster - d'urgence pour appréhender l'univers 
dans lequel nous entrons.

Mais de quoi s'agit-il ? Quelques explications ci-dessous, avant le point de vue d'un critique littéraire fasciné par l'oeuvre. 

Et en bonus le lien vers un chapitre inédit: "Quand l'X rencontre l'X"... 

Vous utilisez, en ce moment, l’intelligence artificielle. Elle a amélioré vos résultats de recherche, elle optimise votre batterie, et elle analyse vos cookies de navigation pour vous présenter des publicités personnalisées. Non seulement l’I.A. est omniprésente dans notre quotidien, mais elle est le plus souvent invisible.

En enseignant l’électif ARTificial à HEC, et en écrivant Fantasia (Grasset, 2024), j’ai voulu la montrer. Ni manuel tech, ni essai d’opinion, Fantasia est un recueil d’histoires, qui montre la diversité des I.A., met en lumière leurs enjeux, et porte à réfléchir sur le rôle de l’homme, du travail, de la création face aux technologies d’apprentissage automatisé.


Lorsque j’étudiais à HEC, ma thèse professionnelle portait sur les mécanismes de recommandation en littérature : comment savoir qu’un livre plaira à quelqu’un, alors que chaque livre, et chaque personne, est unique ? Les méthodes existantes me semblaient trop limitées. Demander à quelqu’un « qu’aimeriez-vous lire ? » revient à nier le plaisir de la découverte, et recommander un livre « parce que les acheteurs de Molière ont aussi acheté du Corneille » est biaisé. C’est alors que je me suis intéressée au matching par IA, et à sa formidable capacité de mise en relation d’ensembles de données similaires.


J’étais fascinée par X degrees of separation, une oeuvre numérique qui organisait 7 millions d’oeuvres visuelles comme j’aurais aimé organiser des bibliothèques : par similarité. Elle avait été développée par l’artiste Quasimondo, lors d’une résidence à Google Arts & Culture. J’ai rejoint le centre de recherches de ce département de Google dédié à la numérisation et à la démocratisation des chefs-d’oeuvre, et j’y ai découvert l’intelligence artificielle en train de se faire, par la pratique, en travaillant avec les creative coders.

J’ai voulu partager cette expérience avec les étudiants d’HEC. Dès 2018, le cours ARTificial illustrait les grands concepts de l’I.A. à partir de bases de données visuelles ou musicales. Les interventions de creative coders ou d’artistes ont permis d’aborder les enjeux de ces technologies : biais, impact sur la propriété intellectuelle, sur le travail, confidentialité des données, enjeux de la modération…

Il m’a semblé qu’un des aspects les plus frappants de la société contemporaine était l’explosion de la data. Nous produisons de plus en plus de textes, de messages, d’images. Et nous les stockons de mieux en mieux. De là, l’amélioration des I.A. statistiques, mais aussi ses dérives : désinformation, profilage, radicalisation, manipulation, et jusqu’à la naissance de nouveaux caractères, propres à notre époque, incapables de choisir devant une telle orgie de possibilités.

Fantasia donne à voir ces mécanismes dont nous vivons tous les conséquences. Ce sont des récits, fables, dialogues, brèves, qui racontent l’I.A. par la pratique, montrent ses différentes facettes, et mettent en lumière leur influence dans notre quotidien. Il se pourrait même qu’on y croise Peter Todd, au détour d’un chapitre sur les deepfakes… Ces histoires se partagent en trois thèmes : ce qu’est l’I.A. et ce qu’elle n’est pas ; ce qu’elle change et ce qu’elle ne peut pas changer ; les promesses de l’I.A. et celles qu’elle ne pourra pas tenir.


Quand l'X rencontre l'X... 


https://www.calameo.com/read/003379793289d8a7dedd7



 



vendredi 9 février 2024

Le Dr Pierre Antony (Bac 1987) partage sa perception de la relation entre sport et sciences : créativité, partage et joie de vivre.

Le Dr Pierre Antony (Gymnase, bac 1987) est ingénieur à l’IGBMC, membre de la société de biologie de Strasbourg depuis 2014 et en a été secrétaire jusqu'à 2022. A l’occasion de la 32ème édition de la fête de la science, il a souhaité partager des sujets scientifiques avec les citoyens dans un rapport direct avec ses acteurs.

Dans ce contexte et dans la perspective des jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, sa conférence a porté sur l’abnégation, la capacité d’écoute et la remise en cause qui permettent de repousser ses limites et franchir des obstacles.



Une passion pour la science et le sport à retrouver en :

https://www.calameo.com/read/0033797931a233672cc3d




mardi 30 janvier 2024

Maeva Rautmann (bac 2009), Directrice territoriale Alsace pour APF France Handicap, partage ses engagements

 

J'ai eu la chance d’être au collège et Lycée au sein du Gymnase Jean Sturm jusqu'à l'obtention de mon baccalauréat scientifique en 2009. J’ai très vite constaté la qualité des enseignements dispensés malgré mon jeune âge : par la bienveillance des professeurs et leur demande de rigueur, par la variété des supports et interventions proposés.  

J’ai réalisé par la suite à quel point cela m’avait été utile et m’a permis d’apprécier l’apprentissage grâce aux méthodes transmises, à l’écoute dans un collectif, au soutien des élèves pour qu’ils deviennent le meilleur d’eux-mêmes. 


Ce que je retiens est que l’exigence attendue était bien présente mais que tous les moyens étaient apportés pour que chacun développe ses connaissances et ses compétences. En plus de poser des bases solides théoriques, ces années d’adolescence vers l’âge adulte permettent d’apprendre énormément, la personnalité et le caractère se forgent autour de valeurs individuelles partagées et d’une ouverture d’esprit qui a été possible grâce à cet établissement. Les voyages organisés, les échanges dans d’autres pays, les travaux de groupe, la vie dans l’école sont des souvenirs inoubliables tout comme la fusion avec Lucie Berger que j’ai vécue en 4ème et qui a contribué à dynamiser mes années lycées.  

Cela m'a beaucoup marqué et apporté dans ma vie professionnelle et dans ma vie d'adulte aujourd'hui.  Je suis infiniment reconnaissante d'avoir pu effectuer la scolarité au sein du Gymnase, j'ai développé des savoirs-être et des amitiés précieuses toujours d'actualité. 

Mon choix d’orientation 

Un élément important a orienté ma trajectoire professionnelle.  Lorsque j’étais en 4ème, une intervention au sein du Gymnase a été organisée dans le cadre d’un cours qui s’appelait à l’époque « regards croisés » : elle a retenu toute mon attention. Il s’agissait du témoignage d’une personne devenue non voyante à 20 ans et qui a fait preuve d’une résilience et d’un courage inspirants pour obtenir de nombreux diplômes en nous expliquant que tout était possible, il suffisait de trouver les moyens de s’adapter. Par la venue et l’intervention de cette personne et le témoignage de son parcours, j’ai constaté que l'inclusion de personnes touchées par un handicap faisait partie du projet éducatif du Gymnase. J’ai particulièrement été touchée par la possibilité de militer et soutenir des droits pour des personnes qui au-delà d’un handicap ou d’une différence sont tout d’abord des citoyens qui devraient accéder aux mêmes possibilités : l’éducation, la culture, le logement, l’emploi et bien sûr la santé.  


J’ai commencé par m’inscrire au Secours Populaire Français en tant que bénévole pour du soutien scolaire à des élèves qui avaient de lourdes pathologies puis j’ai poursuivi cet engagement en passant mon diplôme des premiers secours à la Croix Rouge. Toutes les personnes rencontrées ont renforcé mon envie déjà présente de trouver un métier avec une utilité sociale qui ferait sens, pour allier convictions personnelles et ambitions professionnelles.  

 Après le Gymnase 

Au cours de mes années d’études, j’ai pu bénéficier d’un cursus
pluridisciplinaire : d’un baccalauréat scientfique à une prépa HEC puis un double master 2 à Science Po Strasbourg et en Droit Economie et Gestion, mes affinités avec le secteur du médico-social se sont renforcées au gré de mes stages et de ma curiosité. J’ai eu l’opportunité d’effectuer un stage au sein de l’Etablissement Français du Sang à Strasbourg. J’ai pu comprendre le fonctionnement d’un centre de prélèvement et de traitement du sang avec l’humain au cœur du processus. J’ai effectué un second stage aux Hôpitaux
Universitaires de Strasbourg dans la Direction Qualité, qui m’a
permis de comprendre des mécanismes d’une administration de santé publique, d’acquérir le langage professionnel adapté et de saisir les ,enjeux de gestion associés à l’accompagnement de patients : j’ai réalisé mon mémoire sur la prise en charge de la douleur et déjà ces thématiques m’interpellaient, je confirmais mon projet professionnel de m’engager dans une structure médico-sociale tournée vers l’humain.  
A la fin de mes études, lorsqu’on m’a proposé un poste au sein d’un cabinet d’audit et d’expertise comptable : j’ai saisi l’opportunité. Cela m’a permis d’acquérir une méthodologie de travail précise en développant mes connaissances en finance mais surtout dans la gestion d’une équipe sur des semaines de travail de 65 heures. Je me suis attachée à organiser mes missions par une démarche d’écoute active en apportant confiance et accompagnement sur mesure.  

Je poursuivais toujours à cette époque l’idée de trouver ma place au sein d’une organisation plutôt médico-sociale et c’est ainsi que j’ai postulé à l’offre de chef de projet régional sur le Grand Est au sein d’APF France handicap après deux ans chez KPMG. J’ai réalisé à quel point le secteur de l’économie sociale est solidaire était important et pouvait mener aussi à de belles carrières : je suis devenue après quelques années Directrice Territoriale Alsace pour APF France handicap (association nationale de 550 structures et 14 000 salariés de défense et représentation des personnes handicap et leur famille). 


Mon cursus universitaire est une base solide qui me permet d’avoir les capacités d’apprentissage et de travail indispensables à l’exercice de mon poste actuel : j’ai pu acquérir des compétences en gestion de projet et en pilotage des organisations et j’ai surtout appris à trouver des solutions : ce qui est indispensable pour répondre aux attentes des bénéficiaires en situation de handicap et pour répondre aux exigences de l’environnement dans lequel s’inscrit une association nationale reconnue d’utilité

publique depuis 90 ans. J’ai à cœur d’être force de propositions, je mets en œuvre des initiatives en développant les ressources financières en coopérant avec les salariés, élus, bénévoles, adhérents et en échangeant avec les acteurs politiques et institutionnels alsaciens.   

Ces compétences que je mets en œuvre en impulsant et coordonnant différents projets ; en me basant sur un fonctionnement participatif et démocratique. Nous avons pour exemple conçu élaboré et fait financer un Escape Game pour sensibiliser aux handicaps. Ce dispositif ludo-pédagogique du nom d’Handigmatic se déplace à ce jour partout en France pour intervenir auprès de structures comme les DNA, Disneyland, Orange ou même le PSG. 

Les évolutions de mon domaine professionnel

Le secteur de l’économie sociale et solidaire e
n France représente 10 % du PIB et près de 14 % des emplois privés1Ce secteur compte environ 200 000 entreprises et structures et 2,38 millions de salariés (source economie.gouv) il permet de d’exercer au service de la communauté et de soutenir un secteur durable et innovant. Un secteur sans cesse en mouvement nécessitant un apprentissage continu tout au long de sa carrière, rendant encore plus riche la pratique quotidienne de ces métiers aux cent visages. Les opportunités de postes y sont nombreuses mais nécessite aussi patience et adaptation, la législation l’encadrant doit encore parfois être améliorée et il peut s’avérer parfois difficile de se heurter à des réalités précaires.    

Quels conseils pourrais-je donner ?  

La formation doit être en adéquation avec le projet professionnel d’une personne, projet qui se doit parfois d’être muri et peut demander des changements d’orientation. L’important est de trouver les interlocuteurs compétents dès le collège, lycée afin d’identifier les compétences et qualités innées déjà présentes pour les révéler et les développer. Il n’y a pas une qualité personnelle meilleure qu’une autre, car chacune permet de trouver son domaine d’excellence. Il convient d’être attentif à ce qui nous correspond vraiment sans se comparer : la compétence personnelle la plus importante est la bienveillance tout d’abord envers soi puis envers les autres. 

L’importance des expériences et les réflexions sont essentielles pour relever n’importe quel défi, tout est possible !  

lundi 29 janvier 2024

« Personne n’a rien vu » : la réalisatrice strasbourgeoise Clothilde Leclercq (bac 2016) signe un premier film remarqué

 

Le premier long métrage professionnel de Clothilde Leclercq a récemment été sélectionné du Festival international du film indépendant de Bordeaux. Une première consécration pour la jeune réalisatrice strasbourgeoise de 25 ans.

Personne n’a rien vu fera date. Ce faux documentaire satirique de 61 minutes marque un tournant dans la jeune carrière de Clothilde Leclercq. Quatre ans après la fin de ses études de cinéma, cette diplômée de l’Esra Paris (école supérieure de réalisation audiovisuelle) signe un premier long métrage distingué par ses pairs - après la réalisation d’un long métrage auto-produit et quelques courts et moyens métrages.

Sa présentation fin octobre au Festival international du film indépendant de Bordeaux dans la catégorie Contrebande lui offre un public et une visibilité professionnelle. « J’ai toujours travaillé dans le but de faire un objet filmique qui me plaît et que je suis fière de montrer. Cette sélection au festival est l’aboutissement de mon travail. Il offre une dimension professionnelle au film », apprécie la Strasbourgeoise, « heureuse et émue » de cette consécration.

 « Ça donne une énergie extraordinaire »

Lors de sa projection dans les salles obscures bordelaises, Personne n’a rien vu a reçu un « bon accueil », selon cette fan des réalisateurs espagnol Luis Bunuel et français Louis Malle. Aussi bien des spectateurs que du monde du cinéma. « Il y a des gens à qui ça plaît et qui sont touchés. Ça motive à 2 000 %. Ça donne une énergie extraordinaire », s’enthousiasme-t-elle.

Clothilde Leclercq, réalisatrice et scénariste de « Personne n’a rien vu », entourée par deux des comédiennes du film Léana Montana (à g.) et Mathilde Riu (à d.).  

Et pour cause, ce film atypique jouit d’une écriture qui ne laisse pas indifférent. Les personnages sont mis en abîme, entre passé et présent, entre fiction et réalité. Ces dualités questionnent les protagonistes du film autant que les spectateurs et interpellent sur la vie quotidienne. Il « porte un message fort qui concerne notre génération, avance la jeune femme de 25 ans. Ça touche les jeunes qui s’identifient beaucoup aux personnages. »

Le long métrage offre également pour originalité sa réalisation sur un temps long et entrecoupé. La première partie du film a été tournée pendant trois semaines fin 2019 et la seconde partie trois ans plus tard, pendant deux semaines en janvier 2023. Cette volonté assumée permet à Clothilde Leclercq de jouer sur la double temporalité, entre avant et après. « Cela donne un modèle hybride, avec une forme particulière de montage et de mise en scène », explique celle qui a étudié le cinéma au lycée Sturm à Strasbourg, dans les cours de Vincent Grossmann, un prof qui lui a donné le goût du septième art.

Les seize comédiens et huit techniciens de l’équipe, « des bénévoles motivés par un projet aussi jeune », ont joué le jeu, dès le départ. « Intrigués par le fait de reconstruire une trame avec quelque chose fait il y a plus de trois ans », ces jeunes professionnels rencontrés sur les bancs de l’Esra lui ont fait confiance, acceptant les contraintes d’un tournage en deux temps. Leur engagement sans faille a porté ses fruits.

 Une envie de projeter son film à Strasbourg

Forte d’un film abouti, Clothilde Leclercq envisage désormais la suite de sa carrière avec ambition. Elle aimerait organiser une projection de son œuvre à Strasbourg, dans sa ville. Et « envisage de nouvelles formes de création ». La cinéaste travaille sur un nouveau projet, déjà bien avancé dans l’écriture.

Extraits d’un article de Guillaume Erckert paru dans les DNA du 06 déc. 2023

 Brève biographie

Après avoir grandi à Strasbourg , et suivi une formation Cinéma Audiovisuel au Gymnase Jean Sturm (*), Clothilde Leclercq rejoint l’ESRA Paris en 2016. En parallèle de ses études, elle écrit et réalise plusieurs courts métrages, puis passe au long métrage avec un premier film auto-produit Unique La Voilà avec Loulou Hanssen, Eléonore Auzou et Yannick Gonzalez. Dans la même année, elle écrit et fabrique Poetry (2019), son nouveau long métrage indépendant. En 2023 Clothilde lance le projet Personne n’a rien vu un faux documentaire satirique, sélectionné en compétition Contrebande du Festival International du film indépendant de Bordeaux, avec, au casting, Léana Montana, Églantine Perreau et Mathilde Riu.

 

2023 : PERSONNE N’A RIEN VU - Clothilde Leclercq - Réalisatrice

2020 : POETRY L’ENFANT SOIR - Clothilde Leclercq - Réalisatrice
2019 : UNIQUE LA VOILÀ - Clothilde Leclercq - Réalisatrice
2018 : AURORE (CM) - Clothilde Leclercq - Réalisatrice
2017 : DO NOT MISS (CM) - Clothilde Leclercq - Réalisatrice
2016 : EMMA (CM) - Clothilde Leclercq – Réalisatrice
 (*) Extrait du Yearbook des Terminales 2016.

La date marquante de ma vie : "le jour où j’ai réalisé que j’étais vouée à faire du cinéma".

 

Estelle Job (bac 2010), née sourde et actrice du changement


 Estelle Job a été scolarisée sur les sites de Lucie Berger et de Jean Sturm de 2003 à 2010, année de sa réussite au baccalauréat en série ES. Son lourd déficit auditif a été pris en compte pour l’accompagner au mieux dans sa scolarité: boucles auditives – ou boucles à induction magnétiques - dans les salles de classes, initiation à la langue des signes pour les professeurs, par exemple.

Les Alumni sont très heureux de la suite de son parcours, mis en valeur par un post récent qu’Estelle a diffusé sur LinkedIn. 

Laissons-lui la parole :

Est-ce que j’ai l’air moins efficace au travail qu’une personne non handicapée ? C’est la question que je me posais assez souvent, et maintenant elle est au cœur de cette campagne.

Je suis très fière de partager avec vous le lancement de la nouvelle campagne AXA Diversité & Inclusion: « Voices for disabilities », à laquelle je suis ravie d’avoir pu participer !

Ensemble, nous sommes acteurs du changement, et nous pouvons construire le monde de demain dans lequel chacun d’entre nous se sent inclus. Chaque voix, chaque histoire compte, et je voulais partager la mienne avec vous.

Je suis née sourde, c’est un handicap invisible qu’on oublie souvent. Pour moi, chaque mot que je peux comprendre est une victoire, car chaque jour, je dois lire sur les lèvres pour comprendre, ce qui est particulièrement difficile et épuisant. Mais personne ne peut le voir, car mes appareils auditifs sont invisibles et je donne toujours l’impression d’avoir compris le sujet, même si je n’ai compris que quelques mots. 


C’est pourquoi il était important pour moi de montrer mon implant cochléaire, qui est généralement caché sous mes cheveux. Pour la première fois, vous pouvez voir mon handicap.

Chez AXA, je suis très fière d’être un acteur du changement, d’être force de proposition de progrès sur le thème de l’inclusion, de l’accessibilité de notre futur siège social à Paris, ainsi que de la proposition d’un programme d’intégration dédié aux personnes en situation de handicap.

Les mots ne suffiront pas pour exprimer ma gratitude aux nombreuses personnes qui m’ont soutenu tout au long de ce parcours.

Ensemble, nous pouvons sensibiliser au handicap et briser les stéréotypes !

mardi 26 décembre 2023

L'action de Noël: "voir un enfant sourire, ça n'a pas de prix"

Depuis plusieurs années, le Gymnase organise une action de Noël en faveur d’enfant de Cronenbourg-
Cité. A travers une collecte de jouets, il soutient l’action « Osons croire ensemble ! », menée depuis plus de 30 ans par le pasteur Gérard Haenel et l’association «Les Disciples». 

« L’idée, c’est que chacun achète ou donne un cadeau pour un enfant dont il a le prénom. Les jouets collectés sont rassemblés et distribués », explique la professeure, qui participe à cette opération depuis ses débuts.

 De leur côté, les jeunes se sont investis car ils ont « conscience qu’ils ont de la chance ». Ainsi Clémence estime-t-elle que participer à cette action, « c’est une forme de reconnaissance envers ce que la vie nous a donné » et que « d’autres n’ont pas », tandis que Ninon affirme que « voir un enfant sourire, ça n’a pas de prix ».

Cette année des jouets ont pu être distribués à plus de 300 enfants dans leurs familles le samedi 16 décembre. Dès 15 heures, répartis en petits groupes, des lycéens pour la plupart, munis de grands sacs, ont sonné aux portes des immeubles inscrits sur leur parcours

 Plus qu’un compte rendu, voici quelques témoignages de participants :

 D’une accompagnatrice, Nathalie R., Professeure d'Allemand

Cela a permis d'apporter un peu de magie dans la vie des enfants de ce quartier. La générosité et la disponibilité des parents, des élèves et des enseignants du Gymnase a été un élément clé de cette initiative réussie. Leur soutien indéfectible a permis de réaliser une action sociale forte.

Au-delà des cadeaux offerts, cet événement a permis de renforcer les liens sociaux. Les résidents ont pu bien souvent accueillir avec petits gâteaux et cafés les élèves encadrés par des professeurs ou des parents. Il y a eu de véritables moments d'échanges de rires et de partages.

 Les participants ont été touchés par l'énergie positive et la gratitude palpable des habitants. En conclusion, cette distribution de cadeaux a été bien plus qu'un simple acte de générosité. Elle a répandu la joie, la chaleur humaine et a laissé une empreinte positive aussi bien sur chaque enfant que sur chaque élève, parent et professeur, chacun ému par tant de solidarité.

 Cet événement restera à jamais gravé dans ma mémoire de nouvelle professeure dans ce magnifique établissement du Gymnase, nul doute qu'il restera également gravé dans la mémoire des enfants et parents, leur rappelant que l'espoir et le bonheur sont à portée de main, grâce à la solidarité de tous.

 D’une élève, Clémence P. de 1°9

Accompagnée de Ninon, Emmanuel, Romain, Maxime et ma professeur de mathématiques Madame Bachschmidt, nous avons porté des cadeaux de Noël à des familles de la cité nucléaire de

Cronenbourg. Je me souviens d'une famille géorgienne où la mère ne parlait pas bien français. Le hasard a voulu que Maxime et Romain parlent russe, créant ainsi un lien avec des personnes que nous n'aurions probablement pas rencontrées autrement.

Le simple fait d'observer des sourires sur les visages des enfants et des parents n'a pas de prix. Cette expérience m'a incitée à réfléchir sur la chance que nous avons et la reconnaissance que nous devrions avoir envers la vie. La joie partagée dans ces rencontres souligne la véritable valeur des liens humains. Je pense que le bonheur devrait être une constante quotidienne accessible à tous.

D’une mère d’élève , Laureline D.

Bonsoir Mme Bachschmidt, je suis la belle-maman de Loan T. et je reviens vers vous concernant mon témoignage, suite à la journée de samedi.

Cette journée a été pour moi une journée chargée en émotions. Tout d'abord, j'ai été particulièrement émue de voir des jeunes comme Loan s'investir pour les autres, prendre du temps pour aller à la rencontre de "l'autre". Je vous remercie de leur permettre de s'ouvrir aux autres, d'exprimer et de cultiver les valeurs qu'ils portent.

J'ai vraiment eu le sentiment de vivre pleinement l'esprit de Noël à travers les chants, le partage avec les bénévoles et les familles visitées, les yeux émerveillés des enfants, l'ouverture à d'autres cultures et la générosité des familles que nous avons visitées, souvent victimes de préjugés.

Quel bonheur de voir ma belle-fille émue de revoir deux petites filles à qui elle avait déjà offert un cadeau l'année dernière, comme si un lien se créait. Lorsque nous sommes touchées par une famille, des enfants, c'est dur de se dire que notre "mission" s'arrête là, nous aurions envie de faire bien plus et de garder un lien.

 Au plaisir de vous revoir lors d'une prochaine journée de partage.

jeudi 21 décembre 2023

« Strasbourg, l’attentat oublié » : des lycéens du Gymnase lancent un podcast pour se souvenir

Plus d’une centaine d’élèves, de parents, d’élus et de personnalités étaient présents dans l’amphithéâtre du Gymnase le 8 décembre pour le lancement du podcast sur l’attentat du 11 décembre 2018, podcast réalisé par un groupe d’élèves très investis dans ce devoir de mémoire.

L’écoute attentive du premier épisode, commenté par les élèves, a été suivi par les témoignages, souvent poignants, d’acteurs directement impliqués comme le chauffeur de taxi pris en otage ou l’un des policiers coordonnateur du dispositif de sécurité et de recherche du terroriste.

 L’article d’ Alizée Chebboub-Courtin, paru dans les DNA du 8 décembre 2023 permet de mieux comprendre cette aventure très particulière.

 

Onze élèves de première du Gymnase ont réalisé un podcast sur l’attentat strasbourgeois du 11 décembre 2018. Enquête, interviews, documents d’archive… Le premier épisode de ce travail de mémoire est sorti à l’occasion du cinquième anniversaire du drame, lundi 11 décembre 2023.

Les lycéens travailleront jusqu’en mars pour réaliser quatre épisodes, dont le premier sera disponible lundi prochain sur Arte Radio. 

Prompteur devant les yeux, casque sur les oreilles et micro devant les lèvres, Martin finit d’enregistrer la voix off du premier épisode du podcast Strasbourg, l’attentat oublié. Lui et dix de ses camarades du Gymnase se sont lancés dans une enquête pour retracer les évènements du 11 décembre 2018et en voir


les répercussions. « L’idée de ce projet vient de notre proviseur, Philippe Buttani. Il est entré en contact avec Mostafa Salhane, le chauffeur de taxi
 qui avait été pris en otage par le terroriste Chérif Chekatt et a voulu faire quelque chose autour de son récit », se souvient Amélia, une des participantes.

Quatre épisodes d’une trentaine de minutes

Depuis deux mois, le petit groupe se réunit tous les jeudis midi et parfois sur leur temps libre pour construire ce podcast qu’ils considèrent comme un devoir de mémoire. « En 2018, lors de l’attentat, nous n’avions que onze ans. C’est l’occasion de mieux comprendre ce qu’il s’est passé, de contextualiser et de parler avec des gens qui l’ont vécu », décrit Julie.

Le podcast sera constitué de quatre épisodes qui seront diffusés chaque onze du mois, à partir du lundi 11 décembre, date anniversaire du drame. Si le premier sert à contextualiser l’attentat et leur travail, le deuxième reconstituera les événements du soir. Les épisodes trois et quatre permettront de questionner les conséquences sur le court, puis le long terme. Que nous reste-t-il de cet événement en 2023 ? Qu’en est-il des victimes aujourd’hui ? Pourquoi parle-t-on moins de cet attentat que de ceux de Paris ou Nice ?

 Le témoignage du chauffeur de taxi en fil rouge

Parmi les témoignages du premier épisode, celui du chauffeur Mostafa Salhane, qui servira de fil rouge pendant tout le podcast, mais également ceux de la journaliste Yolande Baldeweck et d’une des élèves. « J’habite juste au-dessus de la rue des Orfèvres, où il y a eu des tirs. C’est un événement qui m’a personnellement marqué. Cet atelier est une chance de témoigner et de rencontrer des gens qui ont également vécu ça de près », raconte Isidora.

 La moitié des élèves du groupe font également partie de l’option « Audiovisuel », ils ont partagé avec leurs camarades leurs connaissances en montage.

Comme le rappelle fièrement leur directeur, les élèves ont tout fait de A à Z, « des interviews à la musique du podcast en passant par la recherche d’archives, le visuel, la communication, la voix off, la prise de son, le montage… ». Auprès d’eux, l'artiste Elisa Sanchez, « sans qui rien n’aurait pu être possible ! », insistent les élèves.

S’il leur reste trois épisodes à réaliser, ils sont déjà heureux de s’être lancés dans le projet : « Nous apprenons à faire du montage, à interviewer et aussi à travailler en groupe, avec chacun une tâche importante dans le processus », énumère Eva, en charge de la communication. L’occasion aussi de découvrir la forme du podcast : « Passer par le son est un bon moyen pour libérer la parole. Il n’y a pas la peur de l’image, donc les gens se confient plus », analyse Salomé. « J’ai découvert qu’on pouvait vraiment faire passer beaucoup de choses uniquement avec du son », rajoute Eden qui a passé du temps sur le montage. L’épisode est diffusé ce jeudi soir en avant-première à l'occasion d’une soirée hommage.

Suivre le projet sur Instagram : podcast.legymnase. Retrouvez tous les 11 du mois un épisode de Strasbourg, l’attentat oublié sur audioblog.arteradio.com


vendredi 1 décembre 2023

La promotion 1967 à l’assaut du Parlement Européen

 

Voici les représentants de cette dynamique promotion, parfois accompagnés de leurs conjoint(e)s

Guy Bleicher, Marie-Christine Brill-Widmann, Doris Franckhauser, Jean Kauffmann, Daniel Kempf, Laurence Kientzel-Philipps, Claude Klein, Théo Klumpp, Françoise Laroche, Robert Mall, Martine Rentz Zillhardt, Hubert Riff, Sylvie Schaub-Pfeiffer, Bernard Steffner, Marc Weber, Jean-Daniel Wurtz et Jean-Martin Wurtz

Le Vendredi 27 Octobre 2023 au matin, une trentaine d’anciens élèves du Gymnase Jean Sturm (bac 1967) s’est retrouvée pour leur sortie devenue habituelle avant le Covid. Ce fut la 1ère rencontre depuis l’épidémie. L’émotion était donc grande de se revoir. Cette année, il s’agissait de visiter le Parlement Européen.

            Madame Fabienne Keller, eurodéputée devait nous recevoir , nous guider à travers le bâtiment et nous expliquer le fonctionnement de cette Institution. Malheureusement elle a dû annuler le rendez-vous car appelée en dernière minute à une réunion dans la région parisienne par Madame Borne, Première Ministre.

            Nous avons été pris en charge par un guide du Parlement qui ,avec beaucoup de gentillesse, nous a (à l’aide d’une maquette) expliqué la chronologie de la construction du bâtiment, nous a permis de visiter tous les étages, y compris l’hémicycle où se retrouvent 4 jours par mois les parlementaires pour les séances plénières .Nous avons même eu droit à une photo de groupe devant les drapeaux des différentes nations, ce qui nous a permis de nous  prendre pendant quelques instants pour des parlementaires européens.

            Puis nous avons été reçus par l’attaché parlementaire de Fabienne Keller, Clément Heberle: il nous a passé une petite vidéo où elle s’excuse de nous avoir faux- bond et où elle nous explique son rôle et ses missions au sein du Parlement. Il a ensuite répondu avec beaucoup de patience à toutes les questions qui nous passaient par la tête.

            Après ces moments « sérieux »,nous avons pu déjeuner au sein de l’établissement: buffet froid en entrée, plat chaud et buffet de desserts étaient au menu ,accompagnés de crémant en guise d’apéritif, de vins rouges et blancs, d’eau et de café.

            Le repas s’est un peu prolongé et chacun est rentré chez soi en espérant que la prochaine revoyure aura lieu avant 4 ans.

             Doris Franckhauser

 


Ornella Franzon-Bisquay, d'élève du Gymnase (bac 2004) à avocate d'affaires à l'île Maurice

Ornella nous partage sa trajectoire particulière après sa scolarité au Gymnase ainsi que quelques conseils tirés de son expérience internationale.

Mes années Gymnase

Arrivée au Gymnase en 2001, en classe de Seconde, je me suis immédiatement sentie dans mon élément. J’y ai rencontré des personnes qui sont devenues mes meilleures amies et dont je suis toujours aussi proche aujourd’hui, 20 ans après avoir passé mon bac.

Le corps enseignant est particulièrement dévoué à ses élèves et je profite de cette tribune pour remercier particulièrement : M. Jean-Michel Schaetzel, qui m’a donné confiance en moi et m’a convaincue de m’écouter et de partir en filière littéraire ; Mme Delphine Léonardis, qui a nourri mon amour des lettres ; Mme Laeticia Ascencio, qui m’a si bien transmis son attachement pour l’Espagne et la langue de Cervantès ; M. Damien Reinhardt, pour son enseignement d’un anglais imagé et riche qui me sert encore aujourd’hui.

Outre la qualité incroyable de l’enseignement dispensé, j’ai été frappée par l’accent mis sur la bienveillance et le développement des relations entre élèves, comme l’organisation d’un week-end d’intégration en Seconde pour qu’anciens du Gymnase et nouveaux arrivants se mélangent plus facilement. L’offre culturelle était elle aussi au rendez-vous. Dès ma première année au Gymnase j’ai rejoint la troupe de théâtre du regretté Charles Giraud. Là encore l’alchimie s’est faite et nous avons même tourné et réalisé un film entre élèves pendant les vacances d’été, inspirés par le premier acte d’une pièce de Ray Cooney jouée lors du spectacle de fin d’année.

Spectacle de fin d’année de la troupe de théâtre du Gymnase, 2004

Toute idée ou projet d’élèves était le bienvenu, un soutien matériel et humain était mis en place pour accompagner ces initiatives. C’est ainsi que lorsque 5 élèves de terminales passionnées par les langues étrangères – dont je faisais partie - ont décidé de créer des apéros linguistiques pour étudiants, les « Happy Talks », nous avons reçu tout le soutien de l’équipe du Gymnase pour la mise en œuvre de ce concept.

Sarah Ludecke, Elodie Chouicha, Margaux Hammann, Ornella Bisquay et Caroline Kraft, fondatrices des Happy Talks, dans un article des Dernières Nouvelles d'Alsace de 2004.

Les études après le Gymnase

Souhaitant continuer à étudier trois langues étrangères au moins, mais ne m’imaginant ni dans une carrière de professeur, ni dans celle d’interprète, j’ai intégré Sciences Po Strasbourg, m’octroyant ainsi quatre années pour trouver ma voie, dont une année d’études à l’étranger. J’ai en outre eu le privilège que deux de mes meilleures amies du Gymnase, Charlotte Boujassy et Caroline Kraft, soient, elles aussi, reçues au concours de Sciences Po Strasbourg.

Charlotte Boujassy, Margaux Hammann, Caroline Kraft et Ornella Bisquay à Grenade en 2007

J’ai tout de suite su que je voulais partir en pays hispanophone, ce sera la faculté de droit de Séville. Ayant déjà beaucoup apprécié les cours de droit durant les deux premières années de mon cursus, c’est là-bas que j’aurai le déclic qui me donnera envie d’être avocate. J’intègre alors un Master 2 à Assas et passe l’examen du CRFPA pour rejoindre l’école du Barreau de Paris. Toujours attirée par les expériences internationales, je décide d’effectuer l’un de mes stages en Egypte, dans le département d’arbitrage d’un grand cabinet d’affaires. Retour à Paris quelques semaines seulement avant la révolution, je débute une collaboration au sein du cabinet d’avocats dans lequel j’effectuais mon dernier stage. Mais l’appel de l’international revient, je quitte la vie parisienne en 2016 pour m’installer en famille à l’Ile Maurice.

Avocate d’affaires à l’autre bout du monde

Je rejoins alors PLCJ Law Firm, cabinet d’avocats d’affaires franco-mauricien créé par Mathilde Parent Lagesse et qui exerce dans les deux juridictions et dans les deux droits, avec une expertise particulière concernant les courants d’affaires entre l’Océan Indien, l’Afrique et l’Europe. Le système juridique mauricien est hybride, influencé autant par le droit français que par le droit anglais et combine dès lors la pratique du droit civil et coutumier (common law). Les textes législatifs sont rédigés dans les deux langues, non dans le sens où il en existe des traductions, mais dans le sens où les textes issus du droit français sont rédigés en français et ceux issus de common law en anglais. Les plaidoiries devant les Cour mauriciennes et les décisions de justice passent ainsi de l’anglais au français, selon le point de droit abordé.

 Installée depuis 8 ans à l’Ile Maurice, je profite d’un cadre de vie extraordinaire tout en ayant l’opportunité d’exercer le métier qui me passionne dans les meilleures conditions, tout en rentrant plaider de temps en temps devant les juridictions françaises.

La vie en expatriation

On me dit souvent que j’ai de la « chance » de vivre à l’Ile Maurice. Mais la chance n’a rien à voir là-dedans. Pour m’installer ici, j’ai quitté la vie confortable et la carrière toute tracée que j’avais à Paris pour créer une nouvelle vie qui me corresponde mieux, en acceptant une très forte baisse de mon niveau de vie et sans savoir si cela allait fonctionner. J’ai pris le risque de quitter un quotidien confortable pour une aventure sans filet ! La chance ne viendra pas frapper d’elle-même à votre porte, alors plutôt que de subir une vie qui ne vous convient pas ou plus, je ne peux que vous encourager à créer votre propre chance. Comme le disait si bien Oscar Wilde, « les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais ».

Cela ne signifie pas nécessairement tout plaquer sur un coup de tête, mais identifier vos aspirations, votre vie idéale et construire votre projet autour de cela, même si votre projet s’apparente à une folie pour votre entourage. Evidemment tout cela ne se fait pas en un jour : mon mari et moi avons nourri ce projet d’expatriation pendant de nombreux mois avant notre arrivée à Maurice.

En termes de vie quotidienne, Maurice est une expatriation « facile » : deux à trois heures de décalage avec la France, les mauriciens parlent couramment français et anglais, le système de santé privé est très bien pour un suivi classique, des opérations sans complications ou encore la maternité ; l’offre éducative est d’excellente qualité et diversifiée (écoles françaises, anglaises et internationales, délivrant des cursus bilingues). On trouve également presque tous les produits alimentaires français (incluant d’excellents fromages ou même de la choucroute !), à des prix en revanche nettement plus élevés qu’en France. Le rythme est également plus doux qu’en Europe, avec une vie plus simple et plus proche de la nature.

 Le Morne Brabant, patrimoine mondial de l’Unesco

Les mauriciens sont en outre des personnes extrêmement chaleureuses et accueillantes. Seul pays d’Afrique à majorité hindou, Maurice est à la croisée des chemins entre l’Afrique et l’Inde, avec un caractère insulaire marqué. Les codes culturels sont distincts et issus des différentes communautés qui composent l’île et de l’héritage colonial aussi bien français qu’anglais. Comme pour toute expatriation, la curiosité et l’ouverture d’esprit sont fondamentales pour une adaptation réussie.

Vivre à plus de 10.000 km de chez soi comporte malgré tout son lot d’inconvénients : nos familles et nos proches nous manquent terriblement et la distance ne nous permet pas de rentrer fréquemment pour profiter d’eux autant que nous le souhaiterions.

Un conseil pour les gymnasiens ?

Le Gymnase fédère et marque durablement ceux qui ont eu la chance d’y étudier. Au détour d’un dossier, j’ai travaillé avec une Consœur avocate, elle aussi alsacienne et ancienne du Gymnase. Elle m’a confié y avoir passé ses meilleures années, je ne peux que lui donner raison.

Profitez de votre scolarité pour aiguiser votre curiosité, pour découvrir ce qui vous anime, testez, détestez, testez autre chose. Investissez-vous dans une ou plusieurs activités qui vous intéresse(nt) ; renseignez-vous sur les orientations post-bac et pas uniquement en France ; misez sur l’apprentissage des langues étrangères, qui seront toujours un atout majeur quel que soit le cursus choisi ; faites des stages dans des domaines et structures variés pour confronter vos aspirations à la réalité, alignez votre projet avec vos envies profondes et les valeurs qui vous sont chères.

« Fais de ta vie un rêve et d’un rêve, une réalité », Antoine de Saint-Exupéry.

Donnez-vous les moyens de réaliser vos rêves. Pour cela, commencez par rêver.

Ornella Bisquay

 Nous remercions Ornella pour ce témoignage si vivant et lui souhaitons une très belle continuation.