vendredi 9 novembre 2018

Jérôme (Bac 1994) et Édouard (Bac 2003) Sauer dans la haute couture du bâtiment


De la rénovation d’un logement à la création d’une usine en passant par le réaménagement des Haras, KS groupe pratique le grand écart. À 60 ans, le constructeur de Bischheim nourrit des ambitions de croissance extra-régionales.

Jérôme (Bac 1994) et Édouard (Bac 2003) , les deux frères ont succédé à leur père Richard Sauer (Bac 1966) à la tête de la société familiale KS groupe. Petits-fils du fondateur, ils sont les représentants d’une lignée d’ingénieurs du bâtiment INSA (ex-ENSAIS), qui l’ont fait grandir.


« Au départ, KS, acronyme de Ketterer et Sultzer, deux sociétés rachetées et fusionnées par notre grand-père, ne faisait que du gros-œuvre », racontent les dirigeants. Mais depuis 20 ans, la société s’est étoffée, intégrant de nombreux corps de métier pour diversifier son offre et son marché. Ce large spectre d’activité en fait un acteur atypique dans l’univers segmenté de la construction.
Aujourd’hui, la galaxie KS groupe agrège 18 filiales dans une quarantaine de spécialités qui vont du bureau d’études au second-œuvre et au design.

Le groupe s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire de 320 collaborateurs et revendique un chiffre d’affaires de 143 millions d’euros en 2017. « Il est en forte croissance depuis sept ans », souligne Édouard Sauer. Un développement attesté par les 70 embauches prévues cette année dans tous ses métiers. À ce jour, 53 recrutements ont déjà été réalisés, en majorité en CDI.

La haute couture du bâtiment 

KS groupe bâtit de nombreux logements pour des géants de l’immobilier comme Bouygues ou ICADE. Mais ce généraliste de la construction fait aussi dans la dentelle avec à son actif des réalisations emblématiques. KS a ainsi exécuté le prestigieux chantier de transformation des Haras de Strasbourg, qui abritent aujourd’hui une brasserie gastronomique, un hôtel et un bio cluster. « Ce projet de 15 millions d’euros, c’était de la haute couture du bâtiment, souligne Édouard Sauer. On est allé chercher les meilleurs dans chaque métier. »

Parmi ses références, la reconversion des docks sur la presqu’île Malraux. L’enseigne KS Construction s’affiche actuellement sur la façade de la Maison du Bâtiment en cours de restructuration pour accueillir une opération mixte (La Canopée) avec des logements, une résidence étudiante, des bureaux, des commerces et un toit végétalisé. « Le désamiantage, qui avait nécessité un emballage protecteur de l’immeuble, est terminé. On est dans les travaux de gros-œuvre, pour une livraison fin 2019 », précise Jérôme Sauer. Le groupe a également fait acte de candidature pour le marché de la rénovation des bains municipaux de Strasbourg.

Sans exclusive, le constructeur intervient aussi bien pour la rénovation d’une pièce, d’un restaurant, que pour la création de bureaux, d’hôtels ou de halls industriels. Il a réalisé l’extension du site Alpro Sojinal d’Issenheim (9 000 m2 , 45 millions d’euros) que les deux frères qualifient avec fierté de « troisième plus grand projet industriel agro-alimentaire de France en 2017 ». « Le groupe est capable de concevoir et de livrer des usines clé en main avec les machines, conformément aux performances souhaitées. » Il s’est pour cela associé avec un bureau d’études d’experts en process spécialisé dans l’agro-alimentaire, au sein d’une filiale (CICAL).

La souplesse d’une PME alliée à la force d’un groupe

L’industrie et le tertiaire représentent près de 50 % de son activité, et 50 % sont apportés par les logements et les ouvrages fonctionnels (hôtels, hôpitaux…).
Dans un secteur cyclique et très disputé, KS groupe cultive sa différence. « On est une entreprise de taille intermédiaire (ETI). Cela nous permet de nous positionner à la fois sur des marchés face à des majors du bâtiment et sur des opérations plus petites avec en face des PME locales », fait valoir Jérôme Sauer. Ce que son frère Édouard appelle « faire le grand écart ». « KS allie, dit-il, la souplesse d’une PME à la puissance d’un groupe. Un exercice compliqué de flexibilité et d’agilité qui permet à l’entreprise d’accompagner ses clients et de passer les crises. »
Le groupe s’attache aussi « à faire le lien entre l’ingénierie en bureau d’études et le travail de l’artisan, relèvent ses dirigeants. Cette pluridisciplinarité sous le même toit fait la force de l’entreprise ».

Une clientèle champenoise

Si l’Alsace représente plus de 50 % de son chiffre d’affaires, le constructeur va chercher ces dernières années la croissance en dehors de son territoire. Il rayonne sur la moitié Est de la France avec des antennes à Mulhouse, Paris, Reims, Aix-en-Provence et bientôt au Luxembourg. « On commence à avoir une expertise sur les restructurations lourdes. L’idée, c’est d’implanter notre souplesse d’ETI ailleurs, et de capitaliser sur notre savoir-faire. »

À Reims, avec sa filiale spécialisée CICAL, KS élabore des solutions globales pour des maisons de champagne désireuses de développer et d’optimiser leur outil de production.

Isabelle NASSOY
DNA  08/09/2018