samedi 5 mars 2022

Jean-Yves Stephan (bac 2008): il y a plein d’opportunités pour ceux qui osent entreprendre, changer de domaine….


 
Ma formation initiale au Gymnase
J’ai suivi ma scolarité au Gymnase de 1996 en classe de CP, jusqu’en 2008 en classe de terminale. J’en retiens avant tout les amitiés que j’y ai construites - certaines amitiés commençant dès le CP - et des moments riches partagés avec ces amis - notamment lors des classes vertes, les voyages sportifs organisés et les échanges linguistiques.
 
Ce qui m’a le plus aidé par rapport à la suite de mon parcours est la qualité des enseignants, qui ont formé notre éveil, notre curiosité, notre esprit critique, notre capacité de travail aussi, avec beaucoup de cœur à l’ouvrage même lorsque les élèves ne leur rendaient pas

forcément la vie facile !
Je remercie sincèrement l’ensemble du corps enseignant, et pour donner un exemple d’une personne qui m’a le plus influencé, je citerais notre professeur de mathématiques de terminale Bernard Altschuh, qui nous transmettait sa passion des maths via une approche assez abstraite et formelle, qui nous préparait bien à l’enseignement des mathématiques dans les classes supérieures.
 
Après le Gymnase
Après le Gymnase j’ai rejoint la classe préparatoire du lycée Kléber à Strasbourg en filière MP (maths physique), puis j’ai intégré l’Ecole Polytechnique en
région parisienne. J’ai fini mes études par un master aux Etats-Unis (Stanford), où j’ai vécu pendant cinq ans, avant de revenir m’installer à Paris pour créer une startup dans le domaine de l’informatique et du big data.
 La classe préparatoire est une formation excellente pour développer le raisonnement scientifique et les méthodes de travail, ses enseignements m’ont beaucoup aidé dans la suite de mes études et m’aident toujours aujourd’hui.
On peut très bien “réussir” sans intégrer les classes préparatoires parisiennes élitistes ; on peut aussi y être heureux, à condition de ne pas trop internaliser le besoin de réussite. On apprend énormément en classe prépa, que l’on intègre une école prestigieuse ou pas.
Après cette période studieuse, l’école d’ingénieur a plutôt consisté en une ouverture sur les autres et sur le monde, et ma fin d’étude aux Etats-Unis était la plus professionnalisante, avec des cours d’informatique excellents qui me préparaient à mon premier emploi. Le monde des startups technologiques y explosait, et ces opportunités et ce dynamisme sont maintenant aussi largement présents en France et dans le reste du monde.

 Ce que je regrette - aujourd’hui, avec un peu de recul - c’est que beaucoup des innovations de ce monde ne s'attaquent pas à des problèmes qui ont du sens pour moi. On peut maintenant passer commande sur son smartphone pour se faire livrer des chips et des bouteilles de soda, 24h/24, en quinze minutes, par un livreur payé au lance-pierre. Ne pourrait-on pas déployer ces moyens pour résoudre des problèmes rendant les gens vraiment plus heureux, ou en meilleure santé, ou pour protéger
notre environnement?
 
Les conseils que je pourrais donner…
Je voudrais encourager ceux qui hésitent à faire des études scientifiques ou en informatique à poursuivre cette voie. Ce sont des études très gratifiantes et qui ouvrent de nombreux débouchés. Le début des études supérieures est un moment clé où le travail sérieux est récompensé, même si la voie semble trop ambitieuse ou trop difficile pour vous à priori. J’aimerais en particulier adresser ce message aux jeunes femmes qui sont sous-représentées dans ces études.
Ne vous fermez pas des portes parce que vous n’avez pas choisi les bons cours, ou pas eu les meilleures notes au lycée. Vous avez encore tout le temps de faire de nouveaux choix, de développer de nouvelles compétences. Cela reste vrai d’ailleurs pour la suite de votre vie professionnelle, que vous ayez fait de grandes études ou non, il y a plein d’opportunités pour ceux qui osent entreprendre, changer de domaine, voyager, sortir de leur zone de confort.
Je vous souhaite de bien profiter des années que vous avez devant vous et de trouver une voie qui a du sens pour vous !
 

Agathe Henninger (Bac 2014) : travailler dans le milieu culturel, un juste mélange entre savoir-faire et savoir-être

 

Formation initiale 

Ce que j'ai retenu de ma formation au Gymnase sont toutes les opportunités d'implications et d'explorations que ces années m'ont apportées. En effet, j'ai toujours été déléguée mais également impliquée au Conseil de Vie Lycéenne et au Conseil Académique de la Vie Lycéenne. Deux expériences qui ont su forger des habiletés en prises de parole sur des sujets qui me tiennent à cœur. Je retiens également l'excellence de l'option Arts Plastiques mené par Sauveur Pascual qui a su affiner mon esprit critique et m'ouvrir sur différentes perceptions de la réalité. Mais aussi toutes les activités proposées par l'école comme le Ludwig Van Club de Pierre Zimmer et bien d'autres. Si on veut s'impliquer au Gymnase, on peut et ça nous amène loin ! 

L'élément qui a le plus impacté ma vie au Gymnase aura été mon redoublement de première. Avant cela, je n'arrivais pas à trouver de sens dans ce que l'on apprenait en classe. L'opportunité de prendre du recul et de faire un second départ pour mon dossier a été déterminant dans mon cheminement.  Différents professeurs et personnes travaillant à l'administratif m'ont beaucoup soutenu durant cette période et je les en remercie. 

 Après le Gymnase

Après le Gymnase je suis partie au Québec compléter une licence en Communication et Politique à l'Université de Montréal. Ces trois années ont été une expérience formidable qui m'a beaucoup appris autant sur le plan universitaire qu'humain. À travers ces années d'études, je me suis plus particulièrement intéressée à la politique municipale et à l'organisation des villes. Cet intérêt m'a permis de travailler pendant quelque temps en urbanisme notamment à travers la promotion de la piétonisation et des espaces verts mettant de l'avant la biodiversité de la faune et la flore dans la ville de Montréal.

Après une période d'hésitation et un magnifique voyage au Mexique qui m'a fait découvrir ses couleurs et sa culture, je suis revenue à Montréal poursuivre mes études et compléter un master en Management des entreprises culturelles à HEC Montréal. Diplôme qui a résulté sur une spécialisation en philanthropie culturelle, c'est-à-dire la recherche de financement privé et le lien avec les donateurs. J'ai travaillé dans ce domaine pour des organismes culturels en arts vivants. Après plusieurs années à Montréal, j'ai décidé de revenir vivre à Strasbourg et continuer l'évolution de ma carrière dans la gestion et le développement des  arts et de la culture. 

Selon moi, et la pandémie nous l'a bien démontré, l'humain a besoin d'être en contact avec la créativité, que ce soit la sienne ou celle d'une autre personne, un lien invisible se tisse entre l'art et l'homme. Il est

le reflet de notre société, de son fonctionnement et de nos pensées. Travailler dans ce domaine, que ce soit en tant qu'artiste et/ou gestionnaire, amène une stimulation constante à travers le travail. Plusieurs opportunités se trouvent dans ce domaine, et les différents modèles de financement également. Un inconvénient de travailler dans un domaine qui nous fait vibrer est la nécessité de poser ses limites afin de ne pas s'épuiser.

Quels conseils donner ?

Travailler dans le milieu culturel, et dans la recherche de financement nécessite un juste mélange entre savoir-faire et savoir-être. Le savoir-faire se trouve dans tout l'aspect gestion de projet, rigueur dans le travail et sens des priorités, et le savoir-être se trouve dans le respect et les bonnes relations à entretenir avec la sphère qui nous entoure. C'est un milieu ou le réseau compte beaucoup, et il n'est pas difficile

de s'en créer un dans la mesure où on est passionné et engagé. Il ne faut pas avoir peur d'aller toquer à des portes et montrer son intérêt pour le domaine. Je pense que de constamment se tenir informé de ce qu'il se passe dans le milieu culturel, autant au niveau artistique que des bonnes pratiques organisationnelles et managériales, est un point avantageux pour se démarquer du lot. 

 Il faut faire attention à ne pas s'oublier dans son travail, on ne peut pas porter des projets résilients et de grande ampleur si nous même nous ne sommes pas résilients. Souvent, on veut bien faire, et se dévouer mais il y a une juste limite à trouver entre ambition et course à l'épuisement. Il convient également d'être attentif aux salaires qui peuvent être parfois très bas alors que le travail demandé mérite bien mieux. Afin de pallier la précarité du milieu culturel, il faut savoir se faire entendre et collectivement changer les normes et les manières de faire. C'est un domaine nécessaire et qui mérite des salaires convenables. 

Étudier à l'étranger

En partant au Québec je voulais découvrir une nouvelle manière de penser, d'être. Passionnée de politique, étudier ce domaine dans un territoire revendiquant son indépendance me plaisait beaucoup. Je voulais également sortir du cadre hiérarchisé de la France.

Cela a été une expérience extraordinaire qui m'a vraiment permis d'être une adulte tournée vers l'autre et vers ce qu'il a à nous apprendre. Je pense que si nous avons l'appel d'aller étudier ou vivre dans un autre pays, il est tout à fait opportun d'écouter son intuition et de tout faire pour y arriver car c'est une étape qui vous transformera à coup sûr. 

 

vendredi 4 mars 2022

Féris Barkat (bac 2020) : le capital culturel, donnée essentielle pour ouvrir l’avenir


Après l’obtention de son diplôme du baccalauréat en filière ES, Féris prépare un bachelor’s degree, Politique and Philosophy à la London School of Economics and Political Science (LSE). 

Acteur engagé il défend les causes qui lui tiennent à cœur dans les grands enjeux du monde contemporain.  

Comment a-t-il pu valoriser le peu d’atouts dont il disposait au départ ?  Voici sa trajectoire : 

Qu’est-ce qui t’a marqué dans ton passage au Gymnase ?

            L’ouverture à un capital culturel complétement nouveau pour moi. Venant d’un collège
public, avec des parents qui n’ont pas fait beaucoup d’étude, d’un père ouvrier, bref j’ai découvert un nouveau monde. Dès ma première année, l’option Humanité renforcée m’a permis de découvrir l’éloquence et la philosophie. Deux disciplines qui ne m’ont plus jamais quitté. Je me souviens que je passais mes soirées à regarder des concours d’éloquence et de plaidoirie pour apprendre de nouveau mots, de nouvelles tournures de phrases, j’ai véritablement appris à m’exprimer et construire ma réflexion. Par la suite, entre le concours du mémorial de Caen, la création d’un concours d’éloquence avec l’ONG Plan international et aujourd’hui mes conférences sur la crise environnementale, je peux affirmer que l’art oratoire m’a sauvé la vie. La philosophie aussi d’ailleurs.

Très vite, je me suis rendu compte de la chance que j’avais, en y pensant c’est quand même extraordinaire : parce que mes parents ont fait des sacrifices j’ai eu le droit d’avoir une ouverture culturelle que je n’aurais sans doute jamais eu à cet âge.  Au fur et à mesure que je découvrais les opportunités qui s’ouvraient à moi (concours général de philosophie, universités en Angleterre…) je découvrais aussi un sentiment de supériorité intellectuelle chez mes camarades vis-à-vis des autres lycées, surtout à l’approche des vœux Parcoursup.

Ce sentiment de supériorité par rapport aux autres lycées était complétement erroné car comment comparer des contextes différents ? Si ton voisin dans un lycée public a moins de bagage intellectuel c’est parce que le contexte éducatif est différent, souvent plus compliqué dans les lycées publics. Ce qui devrait être pris comme une chance incroyable, était parfois détourné pour en faire un instrument de supériorité, comme si : parce que le Gymnase Jean Sturm tout nous était dû (Parcoursup…) alors que dans ma vision : parce que je suis au Gymnase Jean Sturm, je dois tout à la société. Je me dois de lui rendre au mieux et de me former le mieux possible car cette chance j’aurais pu ne jamais avoir.

Pour finir, cette condescendance, forcément, entrainait une forme de passivité chez certains, j’ai donc aussi vite réalisé que ce mythe de l’élite qu’on nous vend à différentes échelles - au niveau du lycée, des universités ou même de la société- n’était que fictionnel. Quand à 16, 17 ans on comprend qu’à priori rien ne nous différencie de la pseudo-élite, que malgré la différence de capital au départ rien n’est insurmontable, ça a complétement changé ma vision du monde. J’ai d’autant plus travaillé pour faire ce qui me semblait juste à chaque moment, je me suis fixé une règle d’or : si je réussis, je ne dois pas oublier la part de chance et si j’échoue, je ne dois jamais oublier ma part de responsabilité.

 Est-ce qu’il y a un événement, ou des personnes qui ont eu une influence sur ta trajectoire personnelle ?

Madame Bilger (professeure d’anglais) m’a permis d’étudier en Angleterre et elle a vraiment eu une grande influence sur ma prise de confiance en moi. Moi, complétement nul en anglais, lorsque je lui ai parlé des universités en Angleterre elle n’a hésité 1 seconde : « Je ne pense pas que tu ais une chance. Je suis certaine que tu peux y arriver ». En anglais j’étais vraiment désespérant et sa confiance m’a tellement touché, sa manière de me considérer, je ne sais pas comment expliquer…Ça doit sûrement être venu du fait que je ne m’y attendais pas du tout, auparavant d’autres professeurs m’avaient déjà découragé alors je n’y croyais pas, parfois il suffit d’une seule personne pour retrouver la motivation.

 En seconde surtout, alors que j’étais assez mauvais partout, Monsieur Rietz et Monsieur Zimmer m’ont beaucoup donné confiance en moi, surtout avec l’atelier d’art oratoire le mardi après-midi qui était mon moment préféré de la semaine.

Mes nombreuses discussions avec Monsieur Moghaddassi m’ont aussi beaucoup appris et m’ont fait évoluer.

 Quelques conseils à donner aux jeunes lycéen.ne.s actuel.le.s ?

A priori personne n’est moins con que vous, alors travaillez si vous sentez qu’une voie en particulier va vous permettre de vous accomplir. Au-delà de l’autocensure, n’oubliez pas qu’on fait rarement ce qu’on veut.

En fait, on fait ce qu’on veut quand on sait ce qu’on fait, et pour savoir pourquoi on fait quelque chose plutôt qu’autre chose, il ne faut jamais cesser de découvrir de nouveaux domaines.

Se poser et essayer, j’ai failli rester en filière scientifique alors que je n’avais aucune appétence pour ce domaine, les prisons mentales sont terribles si on ne se pose pas assez de questions. Et pour se poser des questions, il faut se poser alors posez-vous, ralentissez. 16, 17, 18 ans ce n’est pas le moment où il faut décompresser comme on l’entend souvent, c’est le moment où il faut se demander quels choix on ne veut pas avoir à regretter dans 20 ans.

Je conseille aussi aux jeunes lycéens, surtout privilégiés de s’indigner. Surtout ne tombez pas dans une lassitude du réel, si quelque chose a toujours été ainsi, il n’y a aucune raison que ça continue, le passé ne détermine en rien l’avenir.

Alors indignez-vous ! De ce que vous voulez mais surtout ne pas tomber dans une culture du contentement, le combat de mon voisin en quoi est-il légitime ? Cultivez votre curiosité pour l’indignation des autres. Si un livre de 1000 pages représentait l’histoire de la planète, l’Homme n’arriverait qu’à la fin de la toute dernière page, quelques lignes insignifiantes représentent notre histoire. Si on prend l’échelle d’une vie, c’est encore plus insignifiant donc profitez du moment en vie, pour vous dédier à des causes plus grandes que vous.

Bien sûr dans le mot conformisme il y a le mot « confort » mais sachez que vous risquez de le regrettez, que c’est dommage de ne pas s’être mis dans une position inconfortable pour vivre sa vie comme vous l’entendez. Soyez légendaire, soyez insolent, indignez-vous car aujourd’hui il y a des formidables causes auxquelles vous pouvez dédier votre existence, considérez-vous doués pour quelque chose et vous verrez c’est magique : vous le deviendrez vraiment.

Interview réalisée par Mathilde Bour-Edy

 

vendredi 4 février 2022

Le Gymnase recrute !

 Merci à tous ceux qui ont partagé cette information et ont permis à de nombreuses candidatures de parvenir au Gymnase ! 


Théodore et Gustave Stricker, anciens du Gymnase et initiateurs d'œuvres sociales qui traversent les siècles


Gustave Bernhard Stricker naît à Ste-Marie-aux-Mines, le 13 mai 1838, fils du pasteur Gustave Théodore Stricker (1807-1875), originaire de Strasbourg et ancien élève du Gymnase.

Lui-même entre au Gymnase Protestant le 18 décembre 1849, quand ses parents habite au 5, rue de l’Epine à Strasbourg, puis il les suit à Mulhouse. Il opte pour une carrière dans le commerce, et débute sous la direction de MM. Daniel Schoen et Mansbendel-Hartmann à Mulhouse. Aucune école de commerce n'existant à Mulhouse, selon l'habitude de l’époque, il va se perfectionner à Paris et à Liverpool.

C'est en Angleterre qu'il se trouve en contact avec les Quakers, ou Société des Amis. Les Unions Chrétiennes de Jeunes Gens (YMCA), entre autres, l’intéressent, comme il est aussi impressionné par l'œuvre de George Muller, qui a fondé à Bristol, d'immenses orphelinats.

Quand Gustave Stricker revient à Mulhouse en 1864 il reprend place auprès de M. Mansbendel-Hartmann puis fonde son propre comptoir, qui grandit rapidement et prend de l'extension grâce au sens des affaires de son animateur.

En 1875, son père Théodore décède à Hunspach (67), sa dernière paroisse. Il laisse en suspens des projets inspirés par l'œuvre de John Bost à La Force. 

Gustave Stricker reprend les choses en mains et fonda avec l’aide de son frère Jean-Henri-Edouard et de quelques amis, l'Asile pour enfants déficients mentaux de Bischwiller-Oberhofen, le «Sonnenhof», premier établissement de cette nature en Alsace.

 Cette institution, devenue la Fondation Protestante Sonnenhof, accompagne aujourd’hui le parcours de vie de 1100 personnes déficientes intellectuelles, autistes, ou polyhandicapées de la petite enfance jusqu’à la fin de vie, ainsi que des personnes âgées dépendantes aujourd'hui, dans de multiples structures et différents lieux d'accueil.

L'industrie mulhousienne étant en pleine expansion au XIXème siècle, la population ouvrière avait beaucoup augmenté.

 En 1879 il fonde un Asile Evangélique à Mulhouse, futur Asile St-Jean, A cette époque, la mortalité était forte ; il y avait beaucoup d'orphelins et d'enfants dont le sort était peu enviable.

   En 1891, Gustave Stricker acquiert le N°6 de la rue St-Jean et fait édifier sur ce terrain une grande

maison construite en vue d'abriter une soixantaine d'enfants, qui deviendra le Home Saint-Jean. Il y installe également le siège de la Fondation Saint-Jean, créée le 5 avril 1879.

  C'est en 1894 que Gustave Stricker participe à la fondation de l'Asile Saint Jacques à Illzach avec MM. Josué Wick et Gabriel Schlumberger, et l'appui financier de M. Alfred Engel. Cet asile recueille les garçons d'âge scolaire qui n’étaient pas admis à Saint-Jean, réservé aux filles. L'œuvre fut

complétée en 1907 par une crèche pour les tout-petits, installée rue du Collège à Mulhouse.

 Pendant les 25 dernières années de sa vie, jusqu’en 1875, Gustave Stricker reprend en mains la Mission Intérieure à Mulhouse.  La Librairie Evangélique est créée avec le concours du pasteur R. Wennagel en 1893, ainsi qu'une action de colportage, le tout pour la diffusion de littérature religieuse et de Bibles.

 La plus grande partie de tout ce qui fut créé par l'initiative de Gustave Stricker existe encore aujourd’hui. Une activité d’autant plus remarquable que, excepté pendant les 20 dernières années de son existence, il menait de front sa vie professionnelle et sa vie de laïc engagé, au service du prochain et de l'Eglise.

 Pour en savoir davantage :

·         L’ouvrage publié par Othon Prinz en 2003 sur Gustave Théodore Stricker, père de Gustave Bernhard



mercredi 2 février 2022

Salomé Mall (Bac 2005) et la voie pour relever les défis de la ville de demain

         J’ai passé de très belles années du CP à la terminale au Gymnase. A l’époque, tout le
cursus se 
passant au Gymnase et la grande étape était de passer de la petite à la grande cour entre le CM2 et la 6e ! J’ai passé mon bac S, option histoire de l’art en 2005. Je garde de cette période un très bon souvenir. Je retiens plein de bons moments, des voyages, beaucoup de choses apprises et des amitiés qui ont duré des années.
Avec du recul je pense qu’il aurait été intéressant d’avoir plus tôt dans le cursus et plus concrètement des informations sur les différents métiers. J’aurais apprécié faire un bilan de compétences qui m’aurait peut-être ouvert d’autres perspectives que les voies que je connaissais. Et aussi des échanges directs avec des anciens.

Au final, je suis un produit classique de l’éducation française. Depuis que je vis à l’étranger je m’en rends encore plus compte. Bonne élève, bac S option historie de l’art, prépa scientifique, grandes écoles. J’ai un peu l’impression que la trajectoire était toute tracée et avec du recul je n’ai pas vraiment l’impression que j’avais analysé toutes les possibilités.

 A la recherche d’une formation pour un métier qui inspire

À la suite de mes études au Gymnase, j’ai fait une classe prépa BCPST au Lycée du Parc à Lyon. J’avais, grâce à mes bons résultats scolaires au lycée, pu choisir la deuxième meilleure prépa de France (à l’époque, je ne sais pas si c’est toujours actuel) pour les écoles d’agronomie. Je n’avais volontairement pas mis Henri IV comme premier choix car à l’époque je ne voulais pas aller à Paris. Lyon me paraissait déjà bien assez grand !

Ici aussi, le parcours français est assez clair. Vous travaillez beaucoup pendant 2 ans, passez les concours, et si tout se passe bien, entrez dans une grande école d’ingénieurs. Pour moi tout s’est bien passé, je suis très satisfaite de l’école que j’ai faite. Mais un conseil : prenez le temps pendant cette période très intense des études en classes prépa, pour savoir quelle école mène environ à quel type de métier. Ce n’est pas évident quand vous êtes dedans, on est toujours à 200% mais je pense que cela est extrêmement important.

 A la suite de mes études en école d’ingénieur, j’ai réalisé lors de mon stage de fin d’études chez Thébaud Urbanisme et Paysage que je n’avais pas encore toutes les clés en main pour exercer dans la branche qui m’intéressait : faire de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, à la frontière entre stratégie et mise en œuvre.

J’ai donc préparé, en parallèle de mon stage de fin d’études dans un bureau d’études à Paris, le

concours pour Sciences Po Paris. J’ai été admise et ai pu suivre le très excitant et intéressant mastère d’urbanisme de Sciences Po Paris.

Et là, j’ai trouvé tout ce qu’il m’avait manqué en école d’ingénieurs. La promotion est constituée de max. 30 personnes. Sciences Po a pour volonté d’avoir la plus grande mixité possible : ingénieurs, architectes, économistes, juristes / avocats, sociologues etc. C’est lors de cette formation que j’ai vraiment su que je voulais travailler dans un domaine complexe, au sein d’un réseau d’acteurs large et varié, pour ensemble, chercher une solution possible répondant aux objectifs et défis de la ville de demain.

Ainsi ici mon conseil pour vous : allez au bout de vous études, poussez plus loin si vous en ressentez le besoin, reprenez aussi vos études si nécessaire afin d’avoir toutes les clés en main pour exercer le métier que vous souhaitez.

 Comment agir dans la réalité du monde

Aujourd’hui tout va plus vite. Je viens d’être nommée à la tête du développement des sites des CFF (terrains / bâtiments à proximité des gares des Chemins de Fer Fédéraux suisses). Mon équipe va être en charge du développement des projets immobiliers ainsi que des concepts pour les hubs de mobilités, c’est à dire faire des gares des centres de mobilité multimodales et des adresses / lieu de vie en ville.  J'emmène l'équipe et le projet Smart City dans ma nouvelle fonction.

Nous sommes en pleine période d’évolution : les dernières années, la mobilité a fortement évolué, que cela soit au niveau des relations nationales ou internationales mais aussi au sein des villes. Le changement climatique, les nouvelles technologies et les nouvelles formes de vie et de travail ont une énorme influence sur mon travail.


Et tout s’est accéléré avec l’arrivée du COVID : comment voulons-nous vivre demain ? Quelle mobilité sera possible et souhaitable post pandémie ? Comment voulons-nous vivre, où ? Au-delà des évolutions au niveau de la thématique, je ressens aussi un changement dans les compétences nécessaires. 

Mes équipes doivent certes avoir des compétences techniques mais encore plus important : faire preuve de résilience, d’intelligence, de force d’innovation et de courage. Le management doit être de plus en plus agile pour répondre aux défis posés à notre branche.

Ici je peux mettre en œuvre une de mes grandes forces : mon empathie et mon énergie. Je suis une leader qui travaille avec les autres, montre le chemin et le parcours avec mes équipes.

 Si les qualités personnelles à privilégier dépendent fortement du domaine d’activité, dans les domaines de l’immobilier, de l’urbanisme et du management importent à mes yeux flexibilité, ouverture d’esprit, rapidité dans la réflexion, résilience, empathie et aussi une bonne dose de ténacité. Il faut aussi se remettre en question, ne rien considérer comme acquis, prendre le temps de toujours apprendre et de chercher de nouveaux chemins.

Et pourquoi pas tenter de s’ouvrir à une nouvelle culture, de découvrir d’autres problématique et d’apprendre une nouvelle langue. Comme en Suisse, si proche et aussi si particulière...

                                      

Pour en savoir plus :

                ·         BAU & HAUS SMART CITY LAB (yumpu.com)

                ·         Smart City Lab Basel



Laura Sibony (bac 2011), ses années gymnasiennes et après ...

 

Après l’obtention de son baccalauréat en 2011 (en TS), elle réalise un double cursus à Sciences Po Paris et à la Sorbonne en philosophie puis enchaîne avec une année en Angleterre, un master en apprentissage : en communication à Sciences Po et en études qualitatives à Ipsos et finit avec master spécialisé management culturel à HEC tout en écrivant un roman ! 
Elle a ensuite travaillé à Google Arts & Culture, publié « l’École de la Parole » chez Hachette, a créé son entreprise et a rejoint aujourd’hui le BCG BrightHouse pour être conseillère en purpose consulting, accompagner les organisations dans leurs transformations pour réconcilier sens et performance. Elle nous raconte ce qu’elle retient de son passage au Gymnase et la manière dont elle perçoit le milieu dans lequel elle évolue.

 Qu’est-ce qui t’a marquée dans ton passage au Gymnase ?

J’ai toujours eu le sentiment d’y être en famille, comme dans un cocon chaleureux où l’humanisme prend tout son sens. Mais l’humanisme comme Erasme l’entend : un enseignement qui soit un mélange de connaissances, de compétences, mais aussi de valeurs et de manière d’être. J’ai découvert au Gymnase le goût de l’exigence, parfois de l’excellence sans que cela ne devienne de l’élitisme, mais aussi l’apprentissage de l’esprit critique : une éducation donc, bien plus qu’une simple formation (je faisais d’ailleurs partie du groupe d’élèves qui avaient peint aux côtés de Sauveur Pascual la citation de Comenius « L’éducation est la voie royale pour faire naître une humanité meilleure » dans le hall d’entrée). C’est cette exigence de pensée (ne jamais rien tenir pour acquis), cette possibilité de faire des choses en plus – sans que cela ne soit jamais pour une note ou pour des examens – qui m’a construite. Il ne s’agissait de ne surtout pas être spécialiste de quoi que ce soit, mais bien de garder un esprit ouvert et une vision globale (c’est aussi pour cela que mes études ont toujours été formées de deux parcours en parallèle). Ces valeurs m'ont soutenue et guidée, après le baccalauréat, dans le supérieur et dans la vie active

 Est-ce qu’il y a un événement, ou des personnes qui ont eu une influence sur ta trajectoire personnelle ?

En sixième, j’ai eu la chance d’être encouragée par Mme Léonardis : elle m’a donné le goût de l’écriture. Je me souviens de ma première rédaction pour laquelle j’avais passé des soirées à reprendre indéfiniment certains passages ! Par la suite, elle m’a donné des exercices pour travailler l’élaboration de l’énigme, du dénouement etc. C’est quelqu’un qui enseignait avec beaucoup de passion – je me souviens qu’elle nous avait fait étudier Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (Ndr. : d’Éric-Emmanuel Schmitt), avec le recul, je réalise le défi pédagogique que cela avait dû être !


Plus tard, j'ai découvert l'enseignement immensément généreux de M. Zillhardt, professeur de Lettres Classiques. Il disait souvent que les sciences humaines ne sont pas nécessaires, mais qu'elles sont essentielles. Qu'il avait raison !

 Je profite de cet entretien pour remercier l'ensemble des enseignants du Gymnase, pour leur engagement, leur persévérance et leur passion communicative !

 Comment est-ce tu perçois le milieu professionnel dans lequel tu évolues ?

En créant l’Ecole de la parole (https://www.ecoledelaparole.com/), j’ai eu envie d’accompagner la prise de parole sous toutes ses formes coacher des dirigeants, aider à prendre confiance en soi, proposer de l’analyse rhétorique, travailler sur la structuration d’un discours, la négociation etc. J’en avais assez de ne penser qu’avocats ou politiques lorsque l’on parle d’éloquence. Il y aussi une éloquence des professeur.e.s, des managers, des commerciaux… c’est un exercice beaucoup plus utile et quotidien qu’on ne le pense !

Il illustre aussi pour moi cet esprit critique que le Gymnase cherche à transmettre : c’est dans cette optique que je ne me ferme aucune porte ; j’explore le coaching en prise de parole pour hauts potentiels, pour les lycéens qui préparent le Grand Oral, pour les dirigeants qui veulent travailler sur leur posture professionnelle, que j’organise des concours d’éloquence etc. Je me lance aujourd’hui dans le purpose consulting ; il s’agit de bousculer le paradigme qui pousse les entreprises à faire seulement du profit et à poser la question du sens comme toute aussi importante. Pour moi, il s’agit de donner une boussole à l’entreprise.

Quelques conseils à donner aux jeunes lycéen.ne.s actuel.le.s ?

« Quiconque n'est pas révolutionnaire à seize ans, n'a plus à trente ans assez d'énergie pour faire un capitaine de pompiers » : la citation est d'André Maurois, que premièrement je vous encourage bien sûr à lire, et deuxièmement à écouter. Ne vous excusez jamais pour vos opinions ! Au contraire : approfondissez-les, cherchez ce qui vous motive, ce qui vous pousse à vous lever le matin - le goût de l'aventure ? La soif d'apprendre ? L'envie de retrouver vos amis ? D'en faire de nouveaux ? Cette raison-là, ce moteur, n'appartient qu'à vous. Faites-en votre boussole pour les études, et pour votre vie future, qui ne se résume heureusement pas à la case que vous cocherez sur Parcoursup !

Et si vous hésitez encore, retournez aux classiques : Rabelais, Molière, Voltaire, Rostand, Gary, Maurois en savent peut-être plus sur votre avenir que vous-même, pour l'instant ! 

Interview réalisée par Mathilde Bour-Edy (élève de 1ère au Gymnase)

mardi 28 décembre 2021

Christian Lutz-Sorg s’en est allé

 Passé par le collège du Gymnase de 1969 à 1973, puis le lycée Kléber, ancien élève du Centre universitaire d’enseignement du journalisme de Strasbourg, Christian Lutz-Sorg est entré aux DNA en décembre 1979. Il avait finalement fait le choix de la photographie plutôt que de la plume pour devenir chef du service photo. Et pourtant celle-ci se révélait excellente. Il en offrait régulièrement la démonstration dans les colonnes du journal, au hasard d’une critique d’un livre ou d’un événement culturel qui lui tenait à cœur - pour ce boulimique de littérature étrangère, de cinéma, de théâtre, les occasions ne manquaient pas.

Bien plus tard, entre 2013 et 2019, il eut tout loisir de réunir ses deux passions, l’écriture et la photographie, au fil d’une chronique qui chaque lundi offrait la relecture d’une image du service Photo des DNA. Le lecteur y découvrait le contexte d’une prise de vue, les coulisses du métier, et surtout comment une image fait sens dans son rapport à un article.

 Sa curiosité et son intérêt pour les gens

« Nous consommons à longueur de journée des images, mais personne ne nous apprend à les lire ! », se désolait-il. Jusqu’à son départ du journal, en mars 2019, date à laquelle il avait fait valoir ses droits à une retraite dont il a finalement si peu profité, Christian Lutz-Sorg a expliqué cette rigueur de l’acte photographique. Rien d’autre que la singularité d’un regard qui tient à la fois du travail, de l’expérience et de l’intelligence d’un métier. Autant de points qu’il réunissait en sa personne avec une autorité naturelle que personne ne pouvait lui contester.

À ce titre, partir en reportage avec lui, toujours vêtu de son éternelle veste en tweed, tout juste agrémentée d’une écharpe par grand froid, était un vrai plaisir. Une chance aussi. Car sa perception du sujet était source d’enrichissement pour le reporter. Les questions du point de vue, de l’angle du papier comme celui de l’image infusaient dans son esprit. Tout cela passé au tamis d’un pur bon sens, d’une véritable passion pour l’actualité qui n’était qu’une façon différente d’exprimer sa curiosité et son intérêt pour les gens.

 L’envie de dire le monde

De Sarajevo assiégée aux combattants du Polisario en Mauritanie, du Grand Nord canadien aux murs chargés d’histoire de Jérusalem, de la brigade anticriminalité de Papeete à la route des Droits civiques dans le sud profond des États-Unis, Christian a posé son objectif avec toujours la même envie de dire le monde. Et cette Alsace natale qu’il avait sillonnée en long et en large n’était pas en reste. « On est un quotidien régional », rappelait, sur le ton de l’évidence, celui qui apportait la même considération à la visite d’un président de la République à Strasbourg qu’à l’élection d’une Miss Alsace.

Il avait derrière lui quarante années d’une pratique photographique au service du journalisme qui imposait le respect par sa rigueur. Ancien chef du service photo des DNA, Christian Lutz-Sorg s’en est allé le mercredi 8 décembre 2021, dans sa 63e année.

 Extraits des DNA du 8/12/2021

 Les Dernières Nouvelles d’Alsace rendent hommage en images à un œil plein de curiosité et d'attention aux autres.

https://www.dna.fr/culture-loisirs/2021/12/12/diaporama-christian-lutz-sorg-un-regard-temoin-d-une-epoque

 


 

Les tommes d'Emilie sont à point !

 

Sur la suggestion d’Emilie Bondoerffer, ingénieur agronome et ancienne élève du Gymnase (2012) les Alumni avaient visité en 2018 l’unité de méthanisation « Méthachrist »de la ferme du Haut-Village qui existe depuis le XVIe siècle à Woellenheim, dans le Kochersberg. Elle appartient depuis 1865 à la famille Christ dont l’exploitation est tournée aujourd’hui vers la vache laitière. Après sa formation, en 2014, Florian Christ, fils de Bruno, est revenu à la ferme où, depuis 2016, il produit du biométhane avec Christian Richert et Gauthier Christ, son frère.

 Emilie, compagne de Florian, avait organisé cette découverte relatée dans un article du blog : 

https://gymnase-network.blogspot.com/2018/07/les-alumni-la-ferme.html

 Nous n’avons pas oublié la dernière phrase prononcée avant le départ de la ferme : dès que les premières tommes seront prêtes à être commercialisées, Emilie s'engage à nous prévenir. Promis !

Et Emilie a sauté le pas….

 Depuis 2019, elle est à plein temps sur la ferme. Elle s’occupe de la vente directe de viande des Jersiaises (des paquets de 3, 5 et 10 kg). « J’étais végétarienne à un moment », admet-elle. La même année, le projet de fromagerie germe. Elle a suivi un stage sur plusieurs semaines et une formation
courte chez Mons, fromager affineur et meilleur ouvrier de France, à Roanne. Un technicien l’a accompagnée lors de la mise en place de la fromagerie. 
Associée depuis 2021, elle propose pour l’instant trois fromages : « Il ne faut pas trop s’éparpiller ». Elle a déjà fait des essais d’autres fromages frais à tartiner. « À partir du même lait, on peut tout faire ». Environ 4 500 l par semaine sont transformés en fromage, en trois matinées. « Le principe du fromage, c’est enlever l’eau du lait ». L’affinage prend plusieurs semaines.

  Et quels sont ces trois fromages ?

 
On trouve la crème épaisse et les trois nouveaux fromages sur la boutique en ligne

https://shop.fermeduhautvillage.com/collections/la-fromagerie

dans le magasin du Gaveur du Kochersberg à Woellenheim, A la Cloche à fromage et chez Lorho à Strasbourg et Vendenheim.

Retrouvez tout l'article paru dans les DNA en: 

https://www.calameo.com/read/003379793f00f7cb5c7c7

 

lundi 29 novembre 2021

Ghislain Benhessa (Bac 2002): un livre qui interpelle sur le rôle de la Cour Européenne des Droits de l'Homme

Ghislain Benhessa (Promotion 2002, avocat à Strasbourg) pose dans son livre « Le totem de l’Etat de droit » une question qui interpelle: « Si la Constitution est au sommet de la hiérarchie des normes, comment un juge pourrait-il en être le gardien ? Pourquoi le peuple souverain consentirait- il à ce que la loi suprême, celle dont il est l’auteur, soit confiée à la surveillance pointilleuse de quelques professionnels du droit ? »

C’est ainsi que l’auteur perçoit ce qu’il estime être une lente dérive de l’abandon de souveraineté de pays européens (dont la France, dont l’exemple est particulièrement bien illustré), au profit d’un gouvernement des juges européens (Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH).

Selon un critique de l’ouvrage : « dans un style clair, compréhensible, et incisif, l’auteur nous propose un livre d’histoire politique, d’analyses, de réflexions, un vrai souffle pour notre compréhension du monde à venir. »

Ghislain Benhessa traite ici d’un sujet dont l’acuité pourrait bientôt croître dans le paysage européen : le rôle et les pouvoir de la CEDH de Strasbourg.

A retrouver aussi sur Alsace 20 :

https://www.alsace20.tv/VOD/Actu/grand-format/Lionel-Augier-rencontre-Ghislain-Benhessa-avocat-strasbourgeois-auteur-ouvrage-totem-etat-droit-qKeSixsi4D.html