samedi 8 février 2020

Julie-Anne (bac 2009) révèle un pacte faustien au choeur de l'église du Temple Neuf !



Julie-Anne Weber (Bac 2009) et son frère Jean-David proposent, dans le chœur de l’église du Temple Neuf, un spectacle de mapping à l’occasion de




« L’amour a pris tant de visages
A travers les siècles passés.
Tes doigts aux miens entrelacés,
Remontons l’écheveau des âges. »
Retournons cinq siècles en arrière, dans l'ombre des ruelles de Strasbourg, où, par une nuit de pleine lune, un timide musicien vagabonde. Pour conquérir le cœur de sa belle, il signe un pacte avec le diable, vendant son âme en échange d'un instrument magique. Mais au son du tambour, c'est la ville entière qui entre dans une folle danse. L'amour pourra-t-il les sauver de la damnation ?


Fantasmée depuis 1518, l’histoire de l'épidémie de danse strasbourgeoise nous invite à un voyage dans le temps, à la rencontre des contes populaires alsaciens. Alliant animation traditionnelle et nouvelles technologies, Animaillons ! et Art Puissance Art en proposent une réinterprétation poétique et romantique, sous la forme d'un son et lumière en vidéo-mapping.

Au fil des notes et des couleurs, la projection métamorphosera le chœur de l'Eglise du Temple Neuf de Strasbourg. Papier découpé et dessins animés à la main, musique et danse s'assembleront, donnant la parole aux pierres le temps d’un rêve de lumière.




🎙 Musique : Jean-David Weber

Place du Temple
Neuf, 67000 Strasbourg

🕖 Du 8 au 9 et du 11 au 16 février - toutes les 20 minutes du 19h à 21h (sauf le 14 février de 20h à21h)

3€/adulte 5€/couple 2€/-18 ans et étudiant gratuit/-3 ans

💬 Informations et réservations : mappingtambourbattant@gmail.com


dimanche 2 février 2020

Pouvoir enseigner chez les Diaconesses


On ne badinait pas sur les compétences des enseignants qui postulaient au début du XXème siècle à l'école nommée aujourd'hui "Lucie Berger"

C’est ce que démontre le certificat d’aptitude délivré à Bertha Anschütz en 1902 pour avoir le droit d’enseigner dans les écoles supérieures pour filles en Alsace-Lorraine.

A noter le tampon de l’école, appelée Bon Pasteur (en français) au début du XXème siècle. Tampon où le Christ apparaît en pâtre qui conduit sur le droit chemin.
L’école du Bon Pasteur était encore dirigée par Madame Lucie Berger. Elle ne pris son nom qu’après le décès de sa fondatrice en 1906.



La signature de Lucie Berger apparaît parmi les membres de la commission chargé de délivrer les certificats d’aptitude
Le document intégral est disponible en : https://www.calameo.com/read/003379793bcaea9400351
A noter particulièrement l’importance attachée aux langues.

 Ce document rare nous a été transmis par la petite fille de Bertha Anschütz, Elisabeth Metz. Qu’elle en soit vivement remerciée ainsi que Daniel Metz, son époux, soucieux de la transmission de ce patrimoine historique. 

Avant que le Gymnase ne brûle....



Le plan de 1860 permet de relever qu'avant l'incendie de 1860, le Gymnase occupait la partie gauche de l'ensemble de l'ancien couvent, comme cela apparaît aussi sur le dessin ci-dessous. 
La partie droite, appelée Collège St Guillaume a été presque totalement détruite. A noter aussi que ces bâtiments intégraient l'actuelle place des Etudiants. 
La rue du Dôme, avec sur sa droite les locaux presbytéraux du Temple Neuf, donnait sur un grand jardin à l'angle de la rue du Temple Neuf. Un ensemble immobilier, essentiellement bancaire, s'y est implanté depuis.


Des bâtiments qui entourent la grande cour du Gymnase, il ne reste aujourd'hui que l'aile dite "alsacienne" à colombages, à gauche.
L'immeuble de droite a disparu dans l'incendie de 1860 et l'église du Temple Neuf – joyau gothique comprenant la bibliothèque de la ville, au fond de la cour - a été détruite dans la nuit du 24 au 25 août 1870 par un bombardement de l’armée prussienne lors du siège de la guerre de 1870. 


Ce plan a été réalisé par l'architecte Charles-Emile Salomon, qui a reconstruit le Gymnase en 1865. Il est positionné Est-Ouest, depuis la rue du Temple Neuf. Il fait bien apparaître comment les bâtiments ont été frappés d'alignement, avec la création de la place des Etudiants, et un passage direct vers la rue de l'Outre. 

Jean-Michel Hitter (bac 1970) a retrouvé dans ses archives familiales un carton de dessin que Ed. Weissandt, professeur d'arts graphiques au Gymnase a réalisé après l'incendie qui l'a ravagé en 1860. 
Le plan réalisé par Ch-E. Salomon est tiré des archives de Jacques Flurer (bac 1967), descendant de l'architecte.
Nous les remercions de mettre ces documents à la disposition des Alumni.

Vous pouvez retrouver l'ensemble du carton de dessins de Weissandt en:
https://www.calameo.com/read/003379793aa45d476ef65

samedi 1 février 2020

Sixtine (bac 2014) et le coronavirus ...


« On en parle énormément »
« Je mets un masque, je me lave beaucoup plus les mains, je désinfecte mon portable, je limite mes déplacements et je suis l’évolution des directives », énumère Sixtine Caen, 23 ans, expatriée à Hong Kong dans le cadre d’un Volontariat international en entreprise (V.I.E) au sein du groupe LVMH (Chaumet), dont le témoignage est relaté par les Dernières Nouvelles d'Alsace du 31/01/20.

Loin de céder à la panique, cette Strasbourgeoise raconte la prégnance du sujet dans les conversations au sein de la communauté d’expatriés : « On en parle énormément, on s’envoie beaucoup d’infos en temps réel via WhatsApp. »

Mardi après-midi, les ressources humaines de son entreprise l’ont informée qu’afin de minimiser les risques d’infection, tout le personnel travaillerait depuis son domicile au moins jusqu’à vendredi. Dans la foulée, Business France adressait les mesures de rapatriement des V.I.E en poste à Wuhan et faisait savoir aux V.I.E en poste en Chine continentale et à Hong-Kong qu’ils étaient soumis à une interdiction de se déplacer à l’intérieur du territoire. « On est toujours à huit contaminés à Hong Kong.
Pas d’évolution depuis deux jours. Espérons qu’on en reste là dans une semaine à la fin du Nouvel An chinois. »

Tous nos voeux accompagnent Sixtine, toujours aussi tonique !
Vous pouvez la retrouver sur LinkedIn:



Simulation chez les Alumni !



A l’initiative de Claire Bopp ((Bac 1994), médecin anesthésiste-réanimateur aux hospices civils de Strasbourg et membre du Comité des Alumni , un groupe d’une quinzaine d’amis et anciens du Gymnase a participé à une séance de formation sur « les gestes qui sauvent ».

Cette formation a eu lieu le 24 janvier 2020 dans les locaux d’UNISIMES, Unité de Simulation Européenne en Santé. Claire Bopp était accompagnée de Pierre Vidailhet, directeur universitaire et Gilles Mahoudeau, directeur médical d’UNISIMES .
Ce centre,  dont le bâtiment est situé au cœur de l’hôpital civil accueille plus de 5000 personnes par an. Le panel de ces stagiaires est représentatif aussi bien de médecins en activité, que d’infirmiers, de kinésithérapeutes, de dentistes, voire de personnel administratif d’hôpitaux.

UNISIMES a, d’une part, pour objectif l’apprentissage des gestes techniques et des actes médicaux sur des mannequins, au moyen d’outils sophistiqués de simulation. D’autre part l’accent est mis sur les modes de communication et de collaboration entre les différents acteurs de la santé. Enfin une part non négligeable des formations porte sur la relation humaine avec les patients et les collègues de tous les secteurs au chevet des malades.

Après avoir visité les différentes unités du centre, les participants ont eu l’occasion d’apprendre et de pratiquer les gestes de base indispensables pour apporter les premiers secours. Une attention toute particulière a été portée à l’utilisation adaptée d’un défibrillateur.






Les trois interlocuteurs se sont montrés d’excellents pédagogues, sachant déployer leurs connaissances et leurs recommandations dans des termes accessibles au public de néophytes particulièrement studieux.


Il est à noter que 2020 sera marquée par la mise en route au niveau d’UNISIMES d’une action d’envergure destinée à former tous les acteurs de la santé aux gestes qui sauvent. Cette formation a pour but d’organiser les actions de sensibilisation qu’effectueront ces acteurs en binôme avec les pompiers et à destination de toutes les écoles d’Alsace.
Un verre de l’amitié a clôturé cette séance et a permis un moment de dialogues et d’échanges.

                                                                                                                                  G & J Flurer

La muse au bout du doigt de Charles-Adolphe....


Près d’un siècle sépare les deux statues. L’une, austère, rend hommage à un illustre scientifique. L’autre, facétieuse, est perchée sur le doigt de ce dernier. 

Depuis quatre ans, place Saint-Pierre-le-Jeune, la petite muse de Louis Bazin et Charles-Adolphe Wurtz partagent le même destin immobile à Strasbourg.
Encore faut-il s’en apercevoir.


Il suffit parfois d’un rien, un brin de lumière qui tombe à pic, pour découvrir un objet insolite. Et l’on peut tout aussi bien passer devant des années durant sans jamais l’apercevoir. Sauf quand passe par là l’œil aiguisé de Sophie Weber, journaliste aux DNA. 

Place Saint-Pierre-le-Jeune, la statue de Charles Adolphe Wurtz domine les voitures stationnées à ses pieds, près de sa maison natale.

Né en 1817, il est le fils du pasteur de St Pierre le Jeune. Immatriculé au Gymnase le 11 juillet 1826, il y achève sa scolarité en 1834 pour se lancer dans des études scientifiques, après avoir été tenté par la théologie.

Il quitte l’Alsace à 27 ans en 1844 et devient chef de travaux de chimie à l’Ecole Centrale en 1846. 
Charles-Adolphe Wurtz marque la seconde partie du XIXe siècle à la fois comme chimiste, mais aussi comme réformateur des études supérieures de médecine et propagandiste de l’école atomiste dans une époque politiquement troublée et de grande évolution scientifique.
Ses découvertes et son enseignement lui assurent une notoriété internationale : doyen de la Faculté de médecine de Paris de 1866 à 1875, sénateur inamovible en 1881, membre de l'Académie de médecine (1856), membre de l'Académie des sciences (1867) et lauréat du Faraday Lectureship de la Royal Society of Chemistry en 1879….

Charles-Adolphe Wurtz, très ami avec Charles Gerhardt et Auguste Scheurer-Kestner, s’affirme toujours solidaire des chimistes alsaciens et en général de ses compatriotes frappés par l’annexion par l’Allemagne de l’Alsace en 1871. 

En 1872, il fait partie des fondateurs de l’Ecole Alsacienne de Paris qui ouvre ses portes en 1873.

Partisan et ardent défenseur de la théorie atomique, il s’oppose courageusement de nombreuses années à Marcellin Berthelot et Henri Sainte-Claire Deville, partisans des équivalents.
En 1867, il défend, contre l’avis des professeurs de faculté et du Conseil de l’instruction publique, l’accès des femmes à l’enseignement supérieur et à la profession de médecin.
Wurtz a laissé un traité de chimie biologique, un traité de chimie atomique et un dictionnaire de chimie, qui sont devenus des œuvres classiques.

Ch-A. Wurtz est le seul alsacien figurant parmi les 72 célébrités ayant honoré la France et dont le nom est gravé sur un emplacement spécial, au niveau de la périphérie du premier étage, de la balustrade de la Tour Eiffel.

Les enfants de Ch-A. Wurtz décident de lui consacrer un statue à Strasbourg en 1919 après le retour de l’Alsace-Lorraine à la France et qui porte à son socle, « la chimie est une science française». Ce qui suscita de vives polémiques de la part des chimistes allemands.
Mais c’est surtout l’orthographe du patronyme de Wurtz qui illustre la tragi-comédie de l’Alsace. Le nom original de Wurtz s’orthographie sans trémas sur le « u ». Or, en 1940, les nazis ont germanisé le nom en gravant les trémas sur le « u ».. Puis, en 1945, les trémas furent à nouveau supprimés, malheureusement en abîmant le grès …


A côté de la statue, quelques autres traces de sa mémoire :
·         En 1886, le graveur Alphée Dubois a réalisé une médaille à son effigie dont un exemplaire est conservé au musée Carnavalet (ND 0478).
·         Depuis 1893, une rue du 13e arrondissement de Paris porte son nom.
·         Une rue de Strasbourg porte son nom à la Krutenau.
·         Une rue de Wolfisheim porte son nom.
·         Une préparation culinaire (un gel foisonné) a été nommé "würtz"
·         Le mot wurtzite, tiré du patronyme de Charles Wurtz, désigne à la fois un minéral et une structure cristalline










Pour en savoir plus : un article fort bien renseigné de Louis-François Hollender et Jean Roethinger, publié par l’Académie Nationale de Médecine :

Autres sources :
Extraits, entre autres, de l’article de Sophie Weber – DNA 27/12/19

dimanche 22 décembre 2019

G.D. Arnold, 14 ans, quitte le Gymnase pour faire la révolution ….


Etudiant au Gymnase, le jeune Arnold adhère aux idées qui animent les rues et quitte définitivement son établissement scolaire, où il était scolarisé depuis ses 7 ans, pour rejoindre un groupuscule politique.

Il est vrai que cela se passe en 1794 et que la scolarité du Gymnase est perturbée par la révolution qui agite la France….

C'est le début d’une trajectoire hors du commun dont Strasbourg a gardé des traces : la place Arnold, avenue de la Forêt Noire, face à l’Observatoire,  mais aussi une effigie sur le piédestal du Meiselocker (l’oiseleur) de la place St Etienne, une statue au cimetière St Gall. 





Si Georges Daniel Arnold, doyen de la faculté de droit de Strasbourg, ami et conseiller juridique de Lezay-Marnézia, préfet du département de Rhin-et-Moselle a eu une influence non négligeable sur l’interprétation du nouveau Code Civil Napoléon, il a aussi fortement marqué la culture alsacienne.

Homme de culture parfaitement trilingue, G. D. Arnold publie des « Notices sur les poètes alsaciens », ainsi que des poèmes en allemand. Pendant de longues années, il a pris l’habitude, lors de réunions d’amis comme d’entretiens familiers, de sortir de son portefeuille des bouts de papier où il note expressions, dictons, jurons et tournures propres au parler strasbourgeois. À ceux qui lui demandent : « Que voulez-vous faire de cela ? », il répond : « Vous verrez bien un jour ! »

Son chef-d’œuvre théâtral Der Pfingstmontag (Le Lundi de Pentecôte) paraît en 1816. Il s’agit de la première pièce de théâtre en dialecte alsacien (traduite par Roger Siffer et Suzanne Mayer en 2016) : une histoire compliquée de mariage protestant, située à Strasbourg en 1789, pleine d'anecdotes quasi ethnographiques, qui permet de mettre en évidence les différences dialectales entre le Hochdeutsch d'un universitaire de Brème et les différentes variantes d'alsacien. 


 Ce que Goethe saluera d'ailleurs dans un article élogieux dans sa revue Über Kunst und Altertum. L'ouvrage sera réédité onze fois entre 1816 et 1841, en Alsace, comme en Allemagne.





Pour en savoir plus :


Un trophée pour Moi, moche et bon !


La remise des prix des Trophées d'or des entreprises alsaciennes, le 2 décembre 2019, a permis de distinguer « Moi, moche et bon », lauréat du trophée de la responsabilité environnementale de l'entreprise.

Thomas Garcia, Séverin Meuillet et Jérémy Flippes (au Gymnase de 2006 à 2010, entre les deux présidents des départements alsaciens sur la photo), partagent le goût du commerce, du handball et le sens d'une économie responsable. Mais pas que ….. !

Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, les créateurs de cette start-up ont décidé en 2015 de démarcher des producteurs pour leur racheter les pommes qu’ils ne peuvent pas vendre à la grande distribution, pour des raisons esthétiques et de calibrage. 

" MOI MOCHE ET BON AUJOURD'HUI "
Ce sont des fruits jugés trop moches pour être croqués, mais maintenant trop bons à boire. Des fruits cueillis à maturité dans les vergers alsaciens et pressés chez l’artisan du coin. Des fruits issus uniquement de variétés de qualité de pommes de table d’Alsace, de fraises et de carottes d’Alsace et d’agrumes de Corse.
C’est le pouvoir de reverser au minimum un euro* à nos producteurs et artisans par bouteille. C’est valoriser des fruits initialement destinés à être laissés sur les arbres ou jetés sans plus d’égard pour leurs valeurs nutritionnelles et leur goût savoureux. C’est agir favorablement contre le gaspillage alimentaire. C’est consommer des purs jus artisanaux et naturels 100 % d’origine française.


Présent en grande distribution dans une trentaine de magasins en Alsace, le jus de pomme de Moi moche et bon a débarqué dans tous les magasins Carrefour d’Ile-de-France et du Grand Est – soit 1 200 magasins - sous la marque « Tous antigaspi ».
L’an dernier l’entreprise achetait ses pommes auprès d’un producteur bas-rhinois qui comptabilisait 250 tonnes d’écarts de tri sur le millier de tonnes qu’il vend tous les ans à la grande distribution. « Avec ces 250 tonnes, nous produisons 200.000 litres de jus de pomme » dit Thomas.

Les pommes sont ensuite pressées par un artisan près de Saverne (Bas-Rhin) qui possède une capacité de production de 12.000 bouteilles par jour.
Leur stand au salon de l'Agriculture de Paris


Vous voulez en savoir plus sur ce projet dynamique : https://moimocheetbon.fr/





mardi 3 décembre 2019

Le Gymnase, 475 ans de pédagogie au cœur de Strasbourg


Inscrit dans l’histoire éducative de la ville de Strasbourg depuis le XVIème siècle, berceau de l’université, l’école devenue Gymnase avec Jean Sturm, poursuit sa mission éducative depuis plus de 475 ans, sous la tutelle du Chapitre de la Fondation Saint Thomas, administratrice de la Fondation Haute Ecole.

 Lucie Berger, développe depuis 143 ans l’expression éducative des Sœurs Diaconesses de Strasbourg.

Ces deux structures protestantes se sont efforcées, à travers les vicissitudes de l’histoire, de s’adapter à chaque époque et se sont unies pour répondre au mieux aux projets de leurs fondateurs : que transmettre, comment transmettre, comment participer à la construction humaine de la Cité ?

Voici le récit croisé de leur évolution,  le fil d’une histoire tendue entre deux révolutions technologiques majeures qui ont bouleversé, qui bouleversent le monde de l’éducation : du développement de l’imprimerie au XVIe siècle aux technologies de l’information et de la communication du XXIème siècle.

Le récit d’une aventure humaine dense, marquée par l’Histoire, grande et petite, celui des périodes dynamiques mais aussi des difficultés, un récit illustré par une importante iconographie souvent inédite, puisée tant dans les archives de la BNU que dans des collections privées et celles des deux écoles.

Une liste d’anciens élèves célèbres, des chronologies croisées complètent l’ouvrage dans lequel Marc Lienhard et Claude Keiflin ont relevé le défi de retracer une aussi longue histoire en quelques pages et aboutir à ce livre unique réalisé par les Editions du Signe.

Le livre est disponible (25€) à l’accueil du Gymnase Jean Sturm, 8 place des Etudiants à Strasbourg.



Jean Sturm


 Jean Sturm a donné son nom à notre établissement qu’il a fondé en 1538 dans les murs d’un ancien couvent de dominicains (à la place du Gymnase Jean Sturm actuel)

Jean Sturm est donc un homme du 16è siècle.

Mais entre ce siècle et le nôtre on peut observer de troublantes analogies : la découverte du nouveau monde entraîne une forme de mondialisation, à la fois exaltante et inquiétante ; les fanatismes religieux conduisent à des guerres au moins aussi cruelles qu’entre sunnites et chiites aujourd’hui; enfin les découvertes techniques comme l’imprimerie bouleversent comme internet le rapport au savoir

Un monde aussi incertain a besoin de repères. Un de ces repères fut l’humanisme. Jean Sturm fut un grand humaniste c’est-à-dire un homme qui cherche dans le passé , dans l’antiquité grecque et romaine plus particulièrement, des modèles de conduite et de sagesse pour construire un homme idéal, pour humaniser, si possible, l’homme au service de la cité.

A notre tour il est possible de nous tourner vers le passé pour construire l’avenir et considérer Jean Sturm comme un modèle, un exemple,  pour au moins trois raisons.
Ce fut d’abord un européen avant la lettre : né en Allemagne, formé à Louvain, professeur à Paris au Collège royal, appelé à Strasbourg à l’âge de 31 ans par le maire pour fonder une nouvelle école ; or ce cosmopolite fut aussi enraciné dans sa foi protestante contre les abus et les superstitions, dans sa culture, ses convictions, ses valeurs.
Ce fut ensuite un pacifiste comme Erasme : il chercha à réconcilier les deux partis catholiques et protestants ; mais quand ce ne fut plus possible il s’engagea aux côtés des protestants  en payant de sa personne : tout en exerçant son travail de directeur il accepta des missions diplomatiques périlleuses pour défendre la liberté de villes protestantes menacées par Charles Quint ; il paya aussi de sa bourse puisqu’il  donna de fortes sommes d’argent aux protestants français persécutés,  sommes qu’il ne récupéra jamais,  si bien qu’il mourut ruiné.
 Troisième raison : il sut concilier la parole et l’écriture. Il révolutionna l’enseignement , au point que le gymnase fut admiré et imité partout en Europe ; il eut la conviction que pour bien penser , pour bien maîtriser ses connaissances au service de la cité, il fallait bien parler ; l’enseignement était donc fondé sur l’art de l’éloquence et sur les langues (avant le droit et la médecine) et il imagina les vertus du théâtre scolaire.
Mais il sut aussi comprendre les vertus de l’imprimerie pour diffuser le savoir, devint éditeur (de textes comme Homère pour ses étudiants) et installa dans la chapelle du couvent une bibliothèque qui se développa au cours des siècles et devint la grande bibliothèque de Strasbourg avant de brûler en 1870 (remplacée par l’église du Temple Neuf).

Jean Sturm est donc un exemple mais peut-être surtout parce qu’il fut un homme juste, droit, bon et libre, ce que je nous souhaite d’être ou de toujours chercher à devenir.

                                    Marc Peter, professeur de Lettres - 2013

vendredi 29 novembre 2019

Des Gymnasiens qui ont laissé des traces …


De l’orgue et des Hittites ….

Un article récent des Dernières Nouvelles d’Alsace (10 novembre 2019) a attiré l’attention sur Robert Forrer (1866 – 1946), qui a consacré sa vie à l’archéologie.


Il a, entre autres, œuvré à l’enrichissement et la mise en valeur du Musée archéologique de Strasbourg, installé en 1986 au sous-sol du palais des Rohan, où il se trouve toujours. Une rue porte son nom.

Les archives du Gymnase ont gardé trace du passage de ses deux fils.
Robert Carl Eberhard est né le 5 juillet 1891. 
Docteur en physique, travaillera au laboratoire de magnétisme moléculaire de l’Institut de physique de l’Université de Strasbourg. Passionné par la musique et possédant un orgue à son domicile, il se lie avec Albert Schweitzer, avec lequel il lui arrive de jouer des pièces de Jean-Sébastien Bach à quatre mains.

Né le 19 février 1894, Émil Orcitorix Gustav, au prénom peu habituel, fera des études d’archéologie à Strasbourg, sur les traces de son père. 

Grand spécialiste de la Crète et de la Syrie, c’est un épigraphiste reconnu dans le déchiffrement de l’écriture hittite.

Jean Hermann et ses curiosités

La fermeture pour de longs travaux du musée zoologique de Strasbourg, en septembre 2019, a donné l’occasion de se pencher sur son fondateur, Johan Hermann (1738-1800). Nul visiteur n’oublie la superbe reconstitution de son cabinet, véritable « cabinet de curiosités » scientifiques.

Scolarisé au Gymnase dès 1745, il entre à l’Université à 15 ans. Avant d’entamer un brillant parcours dans le domaine de la médecine et de la botanique. Ses collections et sa bibliothèque, riche de 20 000 volumes, sont à l'origine du muséum d'histoire naturelle de Strasbourg et du jardin botanique. Une rue porte son nom. A noter aussi qu'il sauva à grande peine le jardin botanique pendant la révolution de 1789, de même qu'il contribua fortement à préserver les portails de la cathédrale et les statues de l'Eglise et de la Synagogue. 
Pour aller plus loin :

Rue des Contades ….

Lors de la consultation des « matricula scholae argentoratensis » (registres des élèves du Gymnase), le regard peut aussi être attiré par des noms d’élèves qui évoquent d’autres mondes que les universités.
Ainsi de l’élève Hans von Seeckt  (1866 -1936) scolarisé à partir du 22 avril 1881.
Après le Gymnase il fit une carrière militaire remarquée qui le conduisit, entre autres, à être le réorganisateur de l'armée allemande (Reichswehr) après la Première Guerre mondiale et le traité de Versailles. 
Et d’achever son parcours comme conseiller militaire de Tchang Kaï-chek
A Strasbourg,  aucune rue ne porte son nom.