vendredi 4 février 2022

Théodore et Gustave Stricker, anciens du Gymnase et initiateurs d'œuvres sociales qui traversent les siècles


Gustave Bernhard Stricker naît à Ste-Marie-aux-Mines, le 13 mai 1838, fils du pasteur Gustave Théodore Stricker (1807-1875), originaire de Strasbourg et ancien élève du Gymnase.

Lui-même entre au Gymnase Protestant le 18 décembre 1849, quand ses parents habite au 5, rue de l’Epine à Strasbourg, puis il les suit à Mulhouse. Il opte pour une carrière dans le commerce, et débute sous la direction de MM. Daniel Schoen et Mansbendel-Hartmann à Mulhouse. Aucune école de commerce n'existant à Mulhouse, selon l'habitude de l’époque, il va se perfectionner à Paris et à Liverpool.

C'est en Angleterre qu'il se trouve en contact avec les Quakers, ou Société des Amis. Les Unions Chrétiennes de Jeunes Gens (YMCA), entre autres, l’intéressent, comme il est aussi impressionné par l'œuvre de George Muller, qui a fondé à Bristol, d'immenses orphelinats.

Quand Gustave Stricker revient à Mulhouse en 1864 il reprend place auprès de M. Mansbendel-Hartmann puis fonde son propre comptoir, qui grandit rapidement et prend de l'extension grâce au sens des affaires de son animateur.

En 1875, son père Théodore décède à Hunspach (67), sa dernière paroisse. Il laisse en suspens des projets inspirés par l'œuvre de John Bost à La Force. 

Gustave Stricker reprend les choses en mains et fonda avec l’aide de son frère Jean-Henri-Edouard et de quelques amis, l'Asile pour enfants déficients mentaux de Bischwiller-Oberhofen, le «Sonnenhof», premier établissement de cette nature en Alsace.

 Cette institution, devenue la Fondation Protestante Sonnenhof, accompagne aujourd’hui le parcours de vie de 1100 personnes déficientes intellectuelles, autistes, ou polyhandicapées de la petite enfance jusqu’à la fin de vie, ainsi que des personnes âgées dépendantes aujourd'hui, dans de multiples structures et différents lieux d'accueil.

L'industrie mulhousienne étant en pleine expansion au XIXème siècle, la population ouvrière avait beaucoup augmenté.

 En 1879 il fonde un Asile Evangélique à Mulhouse, futur Asile St-Jean, A cette époque, la mortalité était forte ; il y avait beaucoup d'orphelins et d'enfants dont le sort était peu enviable.

   En 1891, Gustave Stricker acquiert le N°6 de la rue St-Jean et fait édifier sur ce terrain une grande

maison construite en vue d'abriter une soixantaine d'enfants, qui deviendra le Home Saint-Jean. Il y installe également le siège de la Fondation Saint-Jean, créée le 5 avril 1879.

  C'est en 1894 que Gustave Stricker participe à la fondation de l'Asile Saint Jacques à Illzach avec MM. Josué Wick et Gabriel Schlumberger, et l'appui financier de M. Alfred Engel. Cet asile recueille les garçons d'âge scolaire qui n’étaient pas admis à Saint-Jean, réservé aux filles. L'œuvre fut

complétée en 1907 par une crèche pour les tout-petits, installée rue du Collège à Mulhouse.

 Pendant les 25 dernières années de sa vie, jusqu’en 1875, Gustave Stricker reprend en mains la Mission Intérieure à Mulhouse.  La Librairie Evangélique est créée avec le concours du pasteur R. Wennagel en 1893, ainsi qu'une action de colportage, le tout pour la diffusion de littérature religieuse et de Bibles.

 La plus grande partie de tout ce qui fut créé par l'initiative de Gustave Stricker existe encore aujourd’hui. Une activité d’autant plus remarquable que, excepté pendant les 20 dernières années de son existence, il menait de front sa vie professionnelle et sa vie de laïc engagé, au service du prochain et de l'Eglise.

 Pour en savoir davantage :

·         L’ouvrage publié par Othon Prinz en 2003 sur Gustave Théodore Stricker, père de Gustave Bernhard



mercredi 2 février 2022

Salomé Mall (Bac 2005) et la voie pour relever les défis de la ville de demain

         J’ai passé de très belles années du CP à la terminale au Gymnase. A l’époque, tout le
cursus se 
passant au Gymnase et la grande étape était de passer de la petite à la grande cour entre le CM2 et la 6e ! J’ai passé mon bac S, option histoire de l’art en 2005. Je garde de cette période un très bon souvenir. Je retiens plein de bons moments, des voyages, beaucoup de choses apprises et des amitiés qui ont duré des années.
Avec du recul je pense qu’il aurait été intéressant d’avoir plus tôt dans le cursus et plus concrètement des informations sur les différents métiers. J’aurais apprécié faire un bilan de compétences qui m’aurait peut-être ouvert d’autres perspectives que les voies que je connaissais. Et aussi des échanges directs avec des anciens.

Au final, je suis un produit classique de l’éducation française. Depuis que je vis à l’étranger je m’en rends encore plus compte. Bonne élève, bac S option historie de l’art, prépa scientifique, grandes écoles. J’ai un peu l’impression que la trajectoire était toute tracée et avec du recul je n’ai pas vraiment l’impression que j’avais analysé toutes les possibilités.

 A la recherche d’une formation pour un métier qui inspire

À la suite de mes études au Gymnase, j’ai fait une classe prépa BCPST au Lycée du Parc à Lyon. J’avais, grâce à mes bons résultats scolaires au lycée, pu choisir la deuxième meilleure prépa de France (à l’époque, je ne sais pas si c’est toujours actuel) pour les écoles d’agronomie. Je n’avais volontairement pas mis Henri IV comme premier choix car à l’époque je ne voulais pas aller à Paris. Lyon me paraissait déjà bien assez grand !

Ici aussi, le parcours français est assez clair. Vous travaillez beaucoup pendant 2 ans, passez les concours, et si tout se passe bien, entrez dans une grande école d’ingénieurs. Pour moi tout s’est bien passé, je suis très satisfaite de l’école que j’ai faite. Mais un conseil : prenez le temps pendant cette période très intense des études en classes prépa, pour savoir quelle école mène environ à quel type de métier. Ce n’est pas évident quand vous êtes dedans, on est toujours à 200% mais je pense que cela est extrêmement important.

 A la suite de mes études en école d’ingénieur, j’ai réalisé lors de mon stage de fin d’études chez Thébaud Urbanisme et Paysage que je n’avais pas encore toutes les clés en main pour exercer dans la branche qui m’intéressait : faire de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, à la frontière entre stratégie et mise en œuvre.

J’ai donc préparé, en parallèle de mon stage de fin d’études dans un bureau d’études à Paris, le

concours pour Sciences Po Paris. J’ai été admise et ai pu suivre le très excitant et intéressant mastère d’urbanisme de Sciences Po Paris.

Et là, j’ai trouvé tout ce qu’il m’avait manqué en école d’ingénieurs. La promotion est constituée de max. 30 personnes. Sciences Po a pour volonté d’avoir la plus grande mixité possible : ingénieurs, architectes, économistes, juristes / avocats, sociologues etc. C’est lors de cette formation que j’ai vraiment su que je voulais travailler dans un domaine complexe, au sein d’un réseau d’acteurs large et varié, pour ensemble, chercher une solution possible répondant aux objectifs et défis de la ville de demain.

Ainsi ici mon conseil pour vous : allez au bout de vous études, poussez plus loin si vous en ressentez le besoin, reprenez aussi vos études si nécessaire afin d’avoir toutes les clés en main pour exercer le métier que vous souhaitez.

 Comment agir dans la réalité du monde

Aujourd’hui tout va plus vite. Je viens d’être nommée à la tête du développement des sites des CFF (terrains / bâtiments à proximité des gares des Chemins de Fer Fédéraux suisses). Mon équipe va être en charge du développement des projets immobiliers ainsi que des concepts pour les hubs de mobilités, c’est à dire faire des gares des centres de mobilité multimodales et des adresses / lieu de vie en ville.  J'emmène l'équipe et le projet Smart City dans ma nouvelle fonction.

Nous sommes en pleine période d’évolution : les dernières années, la mobilité a fortement évolué, que cela soit au niveau des relations nationales ou internationales mais aussi au sein des villes. Le changement climatique, les nouvelles technologies et les nouvelles formes de vie et de travail ont une énorme influence sur mon travail.


Et tout s’est accéléré avec l’arrivée du COVID : comment voulons-nous vivre demain ? Quelle mobilité sera possible et souhaitable post pandémie ? Comment voulons-nous vivre, où ? Au-delà des évolutions au niveau de la thématique, je ressens aussi un changement dans les compétences nécessaires. 

Mes équipes doivent certes avoir des compétences techniques mais encore plus important : faire preuve de résilience, d’intelligence, de force d’innovation et de courage. Le management doit être de plus en plus agile pour répondre aux défis posés à notre branche.

Ici je peux mettre en œuvre une de mes grandes forces : mon empathie et mon énergie. Je suis une leader qui travaille avec les autres, montre le chemin et le parcours avec mes équipes.

 Si les qualités personnelles à privilégier dépendent fortement du domaine d’activité, dans les domaines de l’immobilier, de l’urbanisme et du management importent à mes yeux flexibilité, ouverture d’esprit, rapidité dans la réflexion, résilience, empathie et aussi une bonne dose de ténacité. Il faut aussi se remettre en question, ne rien considérer comme acquis, prendre le temps de toujours apprendre et de chercher de nouveaux chemins.

Et pourquoi pas tenter de s’ouvrir à une nouvelle culture, de découvrir d’autres problématique et d’apprendre une nouvelle langue. Comme en Suisse, si proche et aussi si particulière...

                                      

Pour en savoir plus :

                ·         BAU & HAUS SMART CITY LAB (yumpu.com)

                ·         Smart City Lab Basel



Laura Sibony (bac 2011), ses années gymnasiennes et après ...

 

Après l’obtention de son baccalauréat en 2011 (en TS), elle réalise un double cursus à Sciences Po Paris et à la Sorbonne en philosophie puis enchaîne avec une année en Angleterre, un master en apprentissage : en communication à Sciences Po et en études qualitatives à Ipsos et finit avec master spécialisé management culturel à HEC tout en écrivant un roman ! 
Elle a ensuite travaillé à Google Arts & Culture, publié « l’École de la Parole » chez Hachette, a créé son entreprise et a rejoint aujourd’hui le BCG BrightHouse pour être conseillère en purpose consulting, accompagner les organisations dans leurs transformations pour réconcilier sens et performance. Elle nous raconte ce qu’elle retient de son passage au Gymnase et la manière dont elle perçoit le milieu dans lequel elle évolue.

 Qu’est-ce qui t’a marquée dans ton passage au Gymnase ?

J’ai toujours eu le sentiment d’y être en famille, comme dans un cocon chaleureux où l’humanisme prend tout son sens. Mais l’humanisme comme Erasme l’entend : un enseignement qui soit un mélange de connaissances, de compétences, mais aussi de valeurs et de manière d’être. J’ai découvert au Gymnase le goût de l’exigence, parfois de l’excellence sans que cela ne devienne de l’élitisme, mais aussi l’apprentissage de l’esprit critique : une éducation donc, bien plus qu’une simple formation (je faisais d’ailleurs partie du groupe d’élèves qui avaient peint aux côtés de Sauveur Pascual la citation de Comenius « L’éducation est la voie royale pour faire naître une humanité meilleure » dans le hall d’entrée). C’est cette exigence de pensée (ne jamais rien tenir pour acquis), cette possibilité de faire des choses en plus – sans que cela ne soit jamais pour une note ou pour des examens – qui m’a construite. Il ne s’agissait de ne surtout pas être spécialiste de quoi que ce soit, mais bien de garder un esprit ouvert et une vision globale (c’est aussi pour cela que mes études ont toujours été formées de deux parcours en parallèle). Ces valeurs m'ont soutenue et guidée, après le baccalauréat, dans le supérieur et dans la vie active

 Est-ce qu’il y a un événement, ou des personnes qui ont eu une influence sur ta trajectoire personnelle ?

En sixième, j’ai eu la chance d’être encouragée par Mme Léonardis : elle m’a donné le goût de l’écriture. Je me souviens de ma première rédaction pour laquelle j’avais passé des soirées à reprendre indéfiniment certains passages ! Par la suite, elle m’a donné des exercices pour travailler l’élaboration de l’énigme, du dénouement etc. C’est quelqu’un qui enseignait avec beaucoup de passion – je me souviens qu’elle nous avait fait étudier Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (Ndr. : d’Éric-Emmanuel Schmitt), avec le recul, je réalise le défi pédagogique que cela avait dû être !


Plus tard, j'ai découvert l'enseignement immensément généreux de M. Zillhardt, professeur de Lettres Classiques. Il disait souvent que les sciences humaines ne sont pas nécessaires, mais qu'elles sont essentielles. Qu'il avait raison !

 Je profite de cet entretien pour remercier l'ensemble des enseignants du Gymnase, pour leur engagement, leur persévérance et leur passion communicative !

 Comment est-ce tu perçois le milieu professionnel dans lequel tu évolues ?

En créant l’Ecole de la parole (https://www.ecoledelaparole.com/), j’ai eu envie d’accompagner la prise de parole sous toutes ses formes coacher des dirigeants, aider à prendre confiance en soi, proposer de l’analyse rhétorique, travailler sur la structuration d’un discours, la négociation etc. J’en avais assez de ne penser qu’avocats ou politiques lorsque l’on parle d’éloquence. Il y aussi une éloquence des professeur.e.s, des managers, des commerciaux… c’est un exercice beaucoup plus utile et quotidien qu’on ne le pense !

Il illustre aussi pour moi cet esprit critique que le Gymnase cherche à transmettre : c’est dans cette optique que je ne me ferme aucune porte ; j’explore le coaching en prise de parole pour hauts potentiels, pour les lycéens qui préparent le Grand Oral, pour les dirigeants qui veulent travailler sur leur posture professionnelle, que j’organise des concours d’éloquence etc. Je me lance aujourd’hui dans le purpose consulting ; il s’agit de bousculer le paradigme qui pousse les entreprises à faire seulement du profit et à poser la question du sens comme toute aussi importante. Pour moi, il s’agit de donner une boussole à l’entreprise.

Quelques conseils à donner aux jeunes lycéen.ne.s actuel.le.s ?

« Quiconque n'est pas révolutionnaire à seize ans, n'a plus à trente ans assez d'énergie pour faire un capitaine de pompiers » : la citation est d'André Maurois, que premièrement je vous encourage bien sûr à lire, et deuxièmement à écouter. Ne vous excusez jamais pour vos opinions ! Au contraire : approfondissez-les, cherchez ce qui vous motive, ce qui vous pousse à vous lever le matin - le goût de l'aventure ? La soif d'apprendre ? L'envie de retrouver vos amis ? D'en faire de nouveaux ? Cette raison-là, ce moteur, n'appartient qu'à vous. Faites-en votre boussole pour les études, et pour votre vie future, qui ne se résume heureusement pas à la case que vous cocherez sur Parcoursup !

Et si vous hésitez encore, retournez aux classiques : Rabelais, Molière, Voltaire, Rostand, Gary, Maurois en savent peut-être plus sur votre avenir que vous-même, pour l'instant ! 

Interview réalisée par Mathilde Bour-Edy (élève de 1ère au Gymnase)

mardi 28 décembre 2021

Christian Lutz-Sorg s’en est allé

 Passé par le collège du Gymnase de 1969 à 1973, puis le lycée Kléber, ancien élève du Centre universitaire d’enseignement du journalisme de Strasbourg, Christian Lutz-Sorg est entré aux DNA en décembre 1979. Il avait finalement fait le choix de la photographie plutôt que de la plume pour devenir chef du service photo. Et pourtant celle-ci se révélait excellente. Il en offrait régulièrement la démonstration dans les colonnes du journal, au hasard d’une critique d’un livre ou d’un événement culturel qui lui tenait à cœur - pour ce boulimique de littérature étrangère, de cinéma, de théâtre, les occasions ne manquaient pas.

Bien plus tard, entre 2013 et 2019, il eut tout loisir de réunir ses deux passions, l’écriture et la photographie, au fil d’une chronique qui chaque lundi offrait la relecture d’une image du service Photo des DNA. Le lecteur y découvrait le contexte d’une prise de vue, les coulisses du métier, et surtout comment une image fait sens dans son rapport à un article.

 Sa curiosité et son intérêt pour les gens

« Nous consommons à longueur de journée des images, mais personne ne nous apprend à les lire ! », se désolait-il. Jusqu’à son départ du journal, en mars 2019, date à laquelle il avait fait valoir ses droits à une retraite dont il a finalement si peu profité, Christian Lutz-Sorg a expliqué cette rigueur de l’acte photographique. Rien d’autre que la singularité d’un regard qui tient à la fois du travail, de l’expérience et de l’intelligence d’un métier. Autant de points qu’il réunissait en sa personne avec une autorité naturelle que personne ne pouvait lui contester.

À ce titre, partir en reportage avec lui, toujours vêtu de son éternelle veste en tweed, tout juste agrémentée d’une écharpe par grand froid, était un vrai plaisir. Une chance aussi. Car sa perception du sujet était source d’enrichissement pour le reporter. Les questions du point de vue, de l’angle du papier comme celui de l’image infusaient dans son esprit. Tout cela passé au tamis d’un pur bon sens, d’une véritable passion pour l’actualité qui n’était qu’une façon différente d’exprimer sa curiosité et son intérêt pour les gens.

 L’envie de dire le monde

De Sarajevo assiégée aux combattants du Polisario en Mauritanie, du Grand Nord canadien aux murs chargés d’histoire de Jérusalem, de la brigade anticriminalité de Papeete à la route des Droits civiques dans le sud profond des États-Unis, Christian a posé son objectif avec toujours la même envie de dire le monde. Et cette Alsace natale qu’il avait sillonnée en long et en large n’était pas en reste. « On est un quotidien régional », rappelait, sur le ton de l’évidence, celui qui apportait la même considération à la visite d’un président de la République à Strasbourg qu’à l’élection d’une Miss Alsace.

Il avait derrière lui quarante années d’une pratique photographique au service du journalisme qui imposait le respect par sa rigueur. Ancien chef du service photo des DNA, Christian Lutz-Sorg s’en est allé le mercredi 8 décembre 2021, dans sa 63e année.

 Extraits des DNA du 8/12/2021

 Les Dernières Nouvelles d’Alsace rendent hommage en images à un œil plein de curiosité et d'attention aux autres.

https://www.dna.fr/culture-loisirs/2021/12/12/diaporama-christian-lutz-sorg-un-regard-temoin-d-une-epoque

 


 

Les tommes d'Emilie sont à point !

 

Sur la suggestion d’Emilie Bondoerffer, ingénieur agronome et ancienne élève du Gymnase (2012) les Alumni avaient visité en 2018 l’unité de méthanisation « Méthachrist »de la ferme du Haut-Village qui existe depuis le XVIe siècle à Woellenheim, dans le Kochersberg. Elle appartient depuis 1865 à la famille Christ dont l’exploitation est tournée aujourd’hui vers la vache laitière. Après sa formation, en 2014, Florian Christ, fils de Bruno, est revenu à la ferme où, depuis 2016, il produit du biométhane avec Christian Richert et Gauthier Christ, son frère.

 Emilie, compagne de Florian, avait organisé cette découverte relatée dans un article du blog : 

https://gymnase-network.blogspot.com/2018/07/les-alumni-la-ferme.html

 Nous n’avons pas oublié la dernière phrase prononcée avant le départ de la ferme : dès que les premières tommes seront prêtes à être commercialisées, Emilie s'engage à nous prévenir. Promis !

Et Emilie a sauté le pas….

 Depuis 2019, elle est à plein temps sur la ferme. Elle s’occupe de la vente directe de viande des Jersiaises (des paquets de 3, 5 et 10 kg). « J’étais végétarienne à un moment », admet-elle. La même année, le projet de fromagerie germe. Elle a suivi un stage sur plusieurs semaines et une formation
courte chez Mons, fromager affineur et meilleur ouvrier de France, à Roanne. Un technicien l’a accompagnée lors de la mise en place de la fromagerie. 
Associée depuis 2021, elle propose pour l’instant trois fromages : « Il ne faut pas trop s’éparpiller ». Elle a déjà fait des essais d’autres fromages frais à tartiner. « À partir du même lait, on peut tout faire ». Environ 4 500 l par semaine sont transformés en fromage, en trois matinées. « Le principe du fromage, c’est enlever l’eau du lait ». L’affinage prend plusieurs semaines.

  Et quels sont ces trois fromages ?

 
On trouve la crème épaisse et les trois nouveaux fromages sur la boutique en ligne

https://shop.fermeduhautvillage.com/collections/la-fromagerie

dans le magasin du Gaveur du Kochersberg à Woellenheim, A la Cloche à fromage et chez Lorho à Strasbourg et Vendenheim.

Retrouvez tout l'article paru dans les DNA en: 

https://www.calameo.com/read/003379793f00f7cb5c7c7

 

lundi 29 novembre 2021

Ghislain Benhessa (Bac 2002): un livre qui interpelle sur le rôle de la Cour Européenne des Droits de l'Homme

Ghislain Benhessa (Promotion 2002, avocat à Strasbourg) pose dans son livre « Le totem de l’Etat de droit » une question qui interpelle: « Si la Constitution est au sommet de la hiérarchie des normes, comment un juge pourrait-il en être le gardien ? Pourquoi le peuple souverain consentirait- il à ce que la loi suprême, celle dont il est l’auteur, soit confiée à la surveillance pointilleuse de quelques professionnels du droit ? »

C’est ainsi que l’auteur perçoit ce qu’il estime être une lente dérive de l’abandon de souveraineté de pays européens (dont la France, dont l’exemple est particulièrement bien illustré), au profit d’un gouvernement des juges européens (Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH).

Selon un critique de l’ouvrage : « dans un style clair, compréhensible, et incisif, l’auteur nous propose un livre d’histoire politique, d’analyses, de réflexions, un vrai souffle pour notre compréhension du monde à venir. »

Ghislain Benhessa traite ici d’un sujet dont l’acuité pourrait bientôt croître dans le paysage européen : le rôle et les pouvoir de la CEDH de Strasbourg.

A retrouver aussi sur Alsace 20 :

https://www.alsace20.tv/VOD/Actu/grand-format/Lionel-Augier-rencontre-Ghislain-Benhessa-avocat-strasbourgeois-auteur-ouvrage-totem-etat-droit-qKeSixsi4D.html



Comité des Alumni du Gymnase: le retour !

 Le 15 novembre 2021, après un long sommeil bien involontaire depuis le 28 septembre 2020, le Comité des Alumni se réunit en « présentiel » dans les locaux du Gymnase.

Le Président, Jacques Flurer, peut souhaiter la bienvenue aux membres présents à cette occasion : Thibauld Alcange, Pascal Andreolli (trésorier), Cécile Clément, Géraldine Flurer (secrétaire), Anne Hutt,  Michel Jermann, Jean-Louis Pataillot, Jean-Pierre Perrin, Laurence Riester, Paul-Henri Ruhland, Bernard Steffner

Il a aussi le plaisir de saluer M. Philippe Buttani, nouveau Directeur du Gymnase, qui par sa présence témoigne de l’intérêt qu’il porte à l’association des Anciens et Amis. En guise de bienvenue, le Président lui offre un hoodie (chandail/sweat à capuche) dédié.

Il salue également un nouveau membre du Comité, Sauveur Pascual, bien connu en tant que professeur d’arts plastiques et par ses réalisations artistiques qui ont transformé visuellement le Gymnase.

Au tour de table succèdent des échanges sur la vie de l’association pendant cette période particulière de crise sanitaire. Si les réunions envisagées n’ont pu se tenir, le Comité n’est pas resté inactif, d’après cette liste non-exhaustive :

·         Dans les actions au profit des élèves : participation pour doter la compétition scolaire « Maths sans Frontières » où les élèves du Gymnase brillent régulièrement, contribution au Yearbook 2020 des élèves des classes Terminales, intervention dans le cadre de l’Union des A pour faciliter l’admission d’une élève méritante dans la Maison des Lycéennes à Paris



·         Poursuite des enquêtes pour le suivi des lycéens après le baccalauréat dont le devenir en 2021 des bacheliers de 2019 :

ü  A retrouver en :  https://www.calameo.com/read/00337979374eeaf4d35a3

 ·         Diffusions régulières d’informations sur d’anciens élèves et les activités du Gymnase via le blog :

 

ü  https://gymnase-network.blogspot.com/


Ces informations sont relayées vers les pages dédiées aux Alumni sur LinkedIn et Facebook (plus de 1 600 contacts) et diffusées, avec d’autres actualités, par la newsletter à vocation mensuelle qui compte 2 820 abonnés.

 

·         Fabrication d’un hoddie au logo de l’association par les soins de la jeune société AmbiCieux, créée par Thibaud Perrais, bachelier du Gymnase 2018, qui développe une ligne de vêtements éthiques et écoresponsables à Strasbourg (cf. article dans les DNA du 3/11/2021 :

https://www.calameo.com/read/00337979387e2ae2b7484)

Vous êtes intéressé ? N’hésitez pas à nous contacter pour plus de précisions : alumni@legymnase.eu

Et maintenant, quelles actions mener dans un contexte sanitaire qui se prolonge ?

Le Comité revient aux finalités de l’association qui est de créer un lien entre Gymnasiens scolarisés et ceux qui les ont précédés sur les bancs du Gymnase. Pourquoi ?

·         Le monde bouge vite : études supérieures de plus en plus diversifiées, trajectoires internationales fréquentes, passage de la notion de métier à celle de champ de métiers, évolution des entreprises, recherches de stages, d’opportunités d’emplois etc…

·         Que faire ?

Le Gymnase s’efforce de développer les savoirs, savoir-faire, savoir-être mais son rôle s’arrête au baccalauréat. Or il existe un potentiel immense de compétences et d’expériences cumulées: celles des anciens Gymnasiens.  Pourquoi ne pas le valoriser, notamment au profit des plus jeunes ?

·         Comment ?

Il existe bien des hubs et autres groupes liés au Gymnase sur le net, essentiellement générationnels. Le Comité a entrepris de constituer – via les réseaux sociaux, dont LinkedIn - une « communauté » intergénérationnelle où s’inscrivent les Gymnasiens de tous âges, en études supérieures, en situation professionnelle de toutes natures, sur les divers continents. Avec comme seule condition, d’accepter d’être sollicités, dans le domaine précisé, par d’autres membres de la communauté, dont les plus jeunes,  intéressés par leur parcours, études, activités…

L’adhésion de nombreux Alumni à ce projet est un vif encouragement à poursuivre, de même que l’intérêt manifesté par les lycéens pour les rencontres avec d’anciens élèves qui viennent témoigner de leur parcours en cours d’année.

 Deux points importants sont à développer :

·         Mieux faire connaître la diversité des parcours d’anciens élèves à travers des récits, des interviews à diffuser via le blog

·         Mieux faire connaître les possibilités offertes par ce vivier de compétences aux élèves du
Gymnase, le plus tôt possible dans leur cursus scolaire, dès la classe de Seconde et  avant des choix d’orientation conditionnés par le nouveau baccalauréat.

 Plusieurs pistes sont envisagées pour atteindre ces objectifs. Les membres du Comité vont de pencher sur leur mise en œuvre.

 Après un partage convivial pour clore la réunion, il est décidé de se retrouver le lundi 10 janvier 2022 à 19 h au Gymnase.

Action de Noël du Gymnase Lucie Berger - Jean Sturm

 Chers parents, chers élèves, chers collègues, chers anciens et amis du Gymnase,

Comme tous les ans, depuis de nombreuses années, le Gymnase organise une action de Noël en faveur d’enfants de Cronenbourg-Cité. A travers une collecte de jouets, il soutient l’action « Osons croire ensemble ! », menée depuis plus de 30 ans par le pasteur Gérard Haehnel et l’association « Les Disciples ». 
Au vu de la situation sanitaire actuelle, nous organiserons la collecte des jouets, comme l’an dernier, sous la forme d’un click and collect.

Organisation de la collecte de jouets 

En cliquant sur le lien suivant, vous pourrez sélectionner le prénom d’un enfant en fonction de la tranche d’âge et du jouet que vous souhaiterez lui remettre. Si vous voulez faire plusieurs cadeaux, il faudra simplement répéter l’opération. Vous recevrez ensuite un mail de confirmation concernant votre engagement et un numéro correspondant au choix que vous aurez fait. (Si vous ne recevez pas de mail dans votre boîte, pensez à vérifier vos spams …) 

Lien : https://www.legymnase.eu/form/2021-11-action-noel.php

·         Les cadeaux (jeux, poupées, peluches …) doivent être adaptés à la tranche d’âge et être en très bon état. Un livre peut venir en complément d’un cadeau, si vous le souhaitez, mais ne constitue pas un cadeau à lui seul. Si le jouet nécessite des piles, nous vous invitons à les fournir avec votre cadeau.

·         Nous vous demandons d’emballer joliment votre cadeau car nous ne pourrons pas effectuer cette opération avec les élèves comme les années précédentes.

Important : une fois le cadeau emballé, il faudra impérativement que vous notiez le numéro qui vous a été attribué de manière visible sur le paquet. Cela nous permettra de le transmettre au bon destinataire. 

·         Vous pourrez déposer vos cadeaux à l’entrée de Jean Sturm et de Lucie Berger dans les bacs prévus pour cette action jusqu’au 14 décembre 

·    Au nom de l’équipe de l’Action de Noël, nous vous remercions pour votre soutien et votre générosité.

Sophie Bachschmidt et Eloi Lobstein 

dimanche 28 novembre 2021

Philippe-Frédéric de Dietrich, le Gymnasien qui fit naître de la Marseillaise

 Philippe-Frédéric Dietrich, fils du baron Jean III, naît le 14 novembre 1748 à Strasbourg. Il fait ses études au Gymnase protestant de Strasbourg – où il est inscrit le 22 mai 1755 - puis aux facultés de philosophie et de droit. C’est un protestant libéral, très tôt passionné de sciences.

Il est l’auteur d'un recensement des mines et hauts-fourneaux de France de l'époque, géologue et chimiste distingué, membre de l'Académie des sciences ; grand partisan des idées nouvelles de l'époque, il organise des cercles de réflexion en Alsace du Nord et, en qualité de premier maire élu de Strasbourg (1790-1792), il accélère les réformes issues de la Révolution. Strasbourg compte alors près de 50 000 habitants.

En 1792, l
e baron Philippe-Frédéric de Dietrich reçoit, cinq jours après la déclaration de guerre de l’Assemblée législative à l’archiduc d’Autriche François II de Habsbourg, des militaires dans sa maison de la place du Marché aux Chevaux – Roosmarkt -  (actuel bâtiment de la Banque de France, place Broglie où figure le médaillon ci-contre). Il y regrette l’absence d’hymne de guerre pour galvaniser les soldats français. Parmi les convives, Claude Joseph Rouget de Lisle, monarchiste constitutionnel, capitaine de génie, originaire de Lons-le-Saunier, stationné à Strasbourg. À l’occasion, il pratique la poésie et compose de la musique. Philippe lui demande de composer des chants patriotiques.
Rouget de Lisle compose d’abord l’Hymne à la Liberté pour la fête de la constitution du 25 septembre 1791. Il compose ensuite un chant de guerre pour l’armée du Rhin. 
Et le 26 avril 1792, Philippe-Frédéric chante lui-même, accompagné au piano par Sybille, sa femme, ce Chant de l'armée du Rhin, future Marseillaise

La scène peinte par Isidore Pils dans son tableau de 1849 représente par contre Rouget de Lisle chantant l’hymne devant Philippe de Dietrich assis et Louise de Dietrich, sa nièce, l’accompagnant au piano.
Ce qui est aussi méconnu, c'est que c'est Sybille de Dietrich qui a réalisé les arrangements musicaux pour clavecin de notre hymne national.

 Pour en savoir plus sur une famille qui a marqué l’Alsace:

 Exposition « La Marseillaise »

Coproduite par le Musée d’histoire de Marseille, le Musée de la Révolution française à Vizille et le
Musée Historique de la Ville de Strasbourg, cette exposition interroge les multiples rôles de ce chant qui résonne lorsque la patrie ou les droits de l’homme sont en danger. Le parcours de l’exposition s’organise autour de trois axes majeurs : l’année de la composition de La Marseillaise (1792), sa diffusion comme chant de guerre, refrain révolutionnaire et hymne national, ainsi que son rôle patrimonial en France et à l’étranger.

Au MAMCS du 5 novembre 2021 au 20 février 2022

https://www.musees.strasbourg.eu/la-marseillaise