dimanche 4 juillet 2021

Du Gymnase à une carrière européenne en RH, Charlotte Boujassy (2004) partage son regard sur les orientations professionnelles

 

 Charlotte Boujassy (Gymnase, 2004) partage ses souvenirs du Gymnase et de son orientation professionnelle, de ses hésitations et tâtonnements jusqu’à sa carrière européenne en Ressources Humaines. A partir de ses acquis scolaires, de sa trajectoire et de son expérience en RH, elle nous livre d’intéressantes réflexions sur le monde de l’emploi, les lignes de force d’une société en pleine évolution : nouvelles approches face à l’emploi, nécessité de conjuguer savoir-faire et savoir être etc…

 Mes années Gymnase

 Je suis entrée au Gymnase en 6ème et y ai passé sept ans jusqu'à mon bac (ES) en 2004. Avant moi, ma maman (Brigitte Muller) y avait également fait sa scolarité (bac 1978) 

Mes soeurs (Maïa et Lara) y ont aussi fait une partie de leur scolarité - aussi, je crois que l'on peut dire que le Gymnase est une affaire de famille et que si j'habitais à Strasbourg, mes filles seraient la quatrième génération à passer par la Place des Etudiants tous les matins.

 Ce dont je me suis rendu compte en discutant et comparant les années collège / lycées avec d'autres personnes néanmoins, c'est que bien d'au-delà de la qualité des cours, c'est la variété des expériences que l'on nous proposait en dehors des heures de classe déjà à l'époque - et qui n'a cessé de croître depuis, qui était véritablement à part comparée aux autres établissements.

En sixième nous sommes partis au ski en Autriche, en 5ème nous avons fait du kayak en Ardèche, en 4ème nous avons effectué un stage de voile, en 3ème nous sommes allés faire du ski de fond, en seconde nous avons eu la chance de faire un échange avec un lycée de Karlsruhe, en en première nous sommes partis à Cracovie.

 Et rien de tout cela n'aurait été possible sans l'engagement des professeurs qui organisaient tout et acceptaient d'encadrer des adolescents "énergiques" sur plusieurs jours. Cet article est ainsi pour moi l'occasion de remercier tous ceux qui nous accompagnés pendant ces années si fondamentales dans la formation des adultes que nous sommes devenus.

  Dernier point et non des moindres sur mes meilleurs souvenirs du Gymnase : c'est là que j'y ai rencontré mes amis d'enfance et d'adolescence qui le sont restés depuis, malgré nos nombreux déménagements.  

 De Sciences Po Strasbourg jusqu'à mon entrée dans le monde du travail - et la découverte (par hasard) de ma vocation professionnelle

A chaque génération, la question de l'orientation post-bac se pose rapidement pour les lycéens. Etant 
intéressée par un peu tout sans être passionnée par une chose en particulier, je me suis inscrite aux concours de plusieurs Sciences Po. Après une prépa d'été juste après le bac, j'ai eu la chance d'être admise à Sciences Po Strasbourg avec mes deux grandes amies du Gymnase et nous y avons passé quatre années formidables dont une d'année d'Erasmus - à Dublin pour moi, à Séville pour Caroline et Ornella.

Au fur et à mesure que l'orientation professionnelle se précisait pour la plupart de mes camarades, je restais pour ma part incapable de choisir une voie plutôt qu'une autre et commençais vraiment à me demander ce que j'allais bien pouvoir faire dans un futur de moins en moins lointain.

Après notre diplôme obtenu en juin 2008, je suis alors partie en Allemagne en tant que jeune fille au pair l'été, puis une année à Madrid où j'ai enseigné le français et perfectionné mon espagnol. C'est pendant cette année que je me suis dit que les ressources humaines seraient peut-être un bon domaine pour moi, puisque c'était une fonction qui permettait de rester en contact avec toutes les autres.


Suite à mes candidatures, j'ai alors été prise dans un des meilleurs Master II de RH de France (CIFFOP / Paris II Assas). Il était en apprentissage, et j'ai réussi à obtenir un poste au siège d'Airbus Group à Paris (EADS à l'époque) en RH Marketing (où l'on cherche à développer l'attractivité de la marque employeur, notamment auprès des jeunes diplômés). 

J'ai ensuite eu envie de partir en Allemagne pour rajouter une expérience internationale à mon CV et

 acquérir un allemand professionnel. Recommandée par ma manager, j'ai ainsi pu partir en VIE (volontariat internationale en entreprise) à Munich en 2010, toujours en RH, dans le département "Talent and Executive Management", dont l'objectif était d'identifier et de développer les futurs dirigeants du groupe.

J'ai eu un coup de cœur pour la capitale bavaroise, et après un bref passage à Paris à nouveau chez Airbus Group en "Leadership Development" (où l'on élaborait les formations pour les managers de l'entreprise), je me suis installée définitivement à Munich en février 2014. 

 Depuis, j'ai travaillé quatre ans chez Texas Instruments en tant que coordinatrice des opérations de formation pour l'Europe, et depuis avril 2019, je suis responsable du développement des talents en Europe chez Daiichi Sankyo, une entreprise pharmaceutique japonaise. 

 Finalement, cela fait plus de dix ans maintenant que je travaille en "learning & development", qui est une spécialité au sein de la fonction RH. Ce n'est pas un parcours "idéal" ou "classique" dans le sens où est censés passer par un peu toutes les métiers RH, mais cela s'est fait ainsi suite à un mélange de choix et d'opportunités personnelles et professionnelles - et au final, sans avoir eu de plan de carrière défini ni de source d'inspiration proche (personne dans ma famille ne travaille dans de grandes entreprises et encore moins en RH), je me suis rendu compte récemment que j'étais là où je devais être, tant mon métier me passionne et reste source d'apprentissage au quotidien. 

Quelques réflexions sur l'orientation professionnelle, après plus de 10 ans en développement RH (formation, gestion des talents, développement des dirigeants) 

Qu'est-ce qu'une "carrière réussie" en 2021? 

Je n'écris rien de nouveau en soulignant qu'aujourd'hui, les parcours sont de moins en moins linéaires et que beaucoup de personnes sont amenées à exercer des métiers qui n'ont à peu près rien à voir avec leurs études d'origine - ou se réorientent totalement après avoir réalisé que la voie qu'elles avaient initialement choisie ne leur convient pas du tout : les articles fleurissent sur les ingénieurs devenus bergers, les diplômés d'écoles de commerce passant un CAP pâtisserie etc. 

En entreprise, on voit aussi de plus en plus de jeunes collaborateurs prometteurs, pour lesquels "passer managers" ne fait plus rêver. Il y a également les congés sabbatiques et parentaux qui régulièrement s'accompagnent de questionnement sur l'orientation, les couples à double carrière ("dual career couple" dans le jargon anglophone) qui amènent parfois l'un, parfois l'autre à se mettre entre parenthèses pendant un temps.

  Pour ceux qui gravissent les échelons de manière plus classique, on remarque que ce ne sont pas nécessairement les "premiers de la classe“ qui sont promus, mais ceux qui savent le mieux développer leur réseau et s'en servir au moment opportun - et ceux qui de façon générale, ont appris à "se vendre" mais sont aussi capables de rebondir en cas d'échec et d'apprendre de leurs erreurs (en résumé, de se montrer résilients).

Alors certes, sortir des meilleures écoles d'ingénieurs, de commerce, de médecine, Sciences Po ouautres "formations prestigieuses" aide - surtout en tant que jeune diplômé français, dans un système où beaucoup de grandes entreprises font dépendre les premiers salaires des écoles de sortie. Mais au final, réussir sa carrière - et sa vie, car il est difficile voire impossible de décorréler les deux, dépend de beaucoup d'autres compétences que l'on développe tout au long de l'enfance et de l'adolescence, qui vont bien au-delà des résultats scolaires sur lesquels on a tendance à se focaliser pour les 15-18 ans.

S'il faut donner quelques pistes pour les adolescents d'aujourd'hui et leurs parents, voici une petite liste non exhaustive mais pratique, de ce que l'on peut faire en attendant de "trouver sa voie" et qui s'applique aussi bien aux personnalités plus artistiques qu'à ceux qui sauront s'épanouir en classe prépa: 

  • Cultiver sa curiosité : avoir plusieurs centres d'intérêt ou une passion en particulier même très jeune, et qui n'a rien à voir avec l'école, contribue à développer ce sens du fameux "équilibre vie perso / vie professionnelle" - tout en permettant de rencontrer des personnes d'autres horizons qui contribueront directement ou indirectement à donner des idées sur ce à quoi pourrait ressembler (ou pas) l'avenir professionnel de nos lycéens.
  • Savoir établir et entretenir des relations durables : on parle souvent des "soft skills" en entreprise, que je traduis en général par compétences interpersonnelles telles que la communication ou la gestion des conflits. Autant de savoir-être que l'on acquiert lors des temps et activités extra-scolaires qu'il faut (absolument) valoriser et faire perdurer, même lorsque les examens approchent et que l'on serait tenté de s'enfermer dans sa chambre pour réviser non-stop. 
  • La prise de parole : combien de personnes brillantes se retrouvent tétanisées lorsqu'il faut prendre la parole ? Pourtant, que l'on soit entrepreneur, artiste, médecin ou jeune cadre, savoir exprimer ses idées de manière claire et assurée permet d'avancer mieux et plus vite. Aussi, ne manquez pas une occasion de pratiquer : que ce soit à l'école lors des exposés et des activités extra-scolaires (encore elles !), ou lors d'événements familiaux (une poésie à Noël pour les plus jeunes, un petit discours pour l'anniversaire du papi etc): soyez volontaires et ne manquez pas une occasion de vous exercer. On ne devient un bon orateur qu'en pratiquant, et il n'y pas de raison d'attendre d'avoir atteint l'âge adulte !
  • L'apprentissage et la pratique des langues : c'est une lapalissade, mais maîtriser l'anglais est devenu une base et beaucoup d'offres d'emploi précisent "d'autres langues européennes seraient appréciées" - de façon générale, être polyglotte ouvre des portes souvent inattendues. Pour cela, au-delà des plus ou moins bonnes notes que l'on peut obtenir, prendre plaisir à pratiquer une langue et la considérer comme un outil de communication davantage qu'une matière scolaire est encore plus fondamental : peu importe que la grammaire ou la prononciation soient correctes. Ici, stages de sport en Angleterre, échanges scolaires, année au pair après le bac etc., toute occasion
    est bonne à saisir. En tant qu'Alsacienne vivant à présent en Allemagne je ne peux que bien sûr qu'encourager un apprentissage de la langue de Goethe qui malheureusement se perd. Pourtant, Dieu sait que j'ai maudit ma maman de me forcer à prendre l'allemand en LV 1 … mais que je l'ai bénie quand je me suis retrouvée à devoir faire l'école à la maison pour mon aînée en pleine pandémie (photo à l'appui ci-contre)!

Voilà un résumé de ce qui après plus de 10 ans passés à travailler autour des problématiques de la gestion de carrière, permet selon moi de réussir à s'épanouir professionnellement dans la durée, au fur et à mesure de nos orientations et réorientations professionnelles.

 Oui un bon bac est un bon début, mais surtout, faisons confiance à nos jeunes futurs adultes, tout en leur donnant quelques clés qui les aideront à progresser et à faire face aux aléas qui feront partie de leur parcours, quelle que soit l'école ou la fac dans laquelle ils sont inscrits pour la rentrée – et même s‘ils n’ont pu se décider alors qu’ils ont à peine 18 ans, et qu’ils ont besoin d’un peu plus de temps que d’autres pour trouver leur voie. 

Charlotte Boujassy

 Les Alumni sont très reconnaissants à Charlotte de ce partage aux multiples et pertinentes déclinaisons, susceptibles d'intéresser bien des lycéens et des parents, fort sensibles aux questions de l'orientation post-bac dans un monde complexe.

samedi 3 juillet 2021

Anne Coste (Lucie Berger 2002), regards croisés d'Afrique du Sud et du Gabon

 
Anne Coste (promotion 2002, Lucie Berger) a accepté de partager son expérience, rare, de parcours professionnel en Afrique. Les Alumni la remercient de sa contribution à ouvrir notre regard, sous forme d'une interview. 

Après un cursus à Sciences Po Strasbourg puis à Sciences Po Bordeaux, Anne a commencé sa carrière en stage à Paris au sein de Renault. C’est ainsi qu’elle obtient un VIE – Volontariat International en Entreprise au sein de Renault Afrique du Sud. Alliant un savoir-faire de grande qualité avec un savoir-être qui lui permet de s’intégrer remarquablement dans un univers très différent, elle obtient des résultats qui lui valent le « Grand Prix Afrique des VIE/VIA ». Un rapport et un regard lucide et ouvert  sur le monde de l’entreprise et l’Afrique du Sud à retrouver en ligne sur :

https://www.calameo.com/read/003379793cf499d8ac983

Elle travaille ensuite pour le groupe Bolloré couvrant depuis l’Afrique du Sud le contrôle financier des pays limitrophes : Botsana, Namibie et Zimbabwe. Puis elle rejoint les équipes de Leroy Merlin venues conquérir le

marché sudafricain du bricolage et participe au lancement de leurs magasins dans le pays.

Après 10 ans passés en Afrique du Sud, elle part en 2019 commencer une nouvelle aventure, toujours sur le continent africain, au Gabon. Elle est en poste à la SETRAG, entreprise concessionnaire du chemin de fer gabonais et filiale du groupe français Eramet.

  •   Vous vivez depuis de nombreuses années en Afrique, continent souvent "oublié" des Européens. Comment percevez-vous l'évolution des pays que vous avez connus leurs atouts, leurs difficultés?

Bien que deux pays sur le même continent, le Gabon et l’Afrique du Sud ont deux profils différents.

L’Afrique du Sud, malgré une croissance faible, est une des économies les plus « avancées » d’Afrique. Elle fait d’ailleurs partie des BRICS[1]. L’Afrique du Sud reste un des pays les plus inégalitaire au monde et son plus gros défit reste à sortir de la pauvreté une grande partie de sa population. L’exercice est d’autant plus difficile que l’apartheid politique a laissé en place un apartheid économique où la grande majorité des ressources et des pouvoirs économiques du pays sont entre les mains d’une minorité « blanche ». L’éducation, vecteur de promotion sociale dans d’autres pays, souffre, elle aussi, d’un héritage compliqué – le système de l’apartheid ayant instauré une éducation à 2 vitesses avec un focus sur des formations pratiques (menuisier…) pour les populations « non blanches ».

Le profil du Gabon est différent. C’est une ancienne colonie française qui a obtenu son indépendance en 1960. Il reste toutefois des liens très forts avec la France tant au niveau économique que culturel. Le Gabon a bénéficié de la manne pétrolière jusqu’à récemment, où la chute des cours du baril de pétrole est venue changer la donne. Aujourd’hui, l’économie repose sur l’exportation du
minerai de manganèse et l’exploitation du bois de la forêt équatoriale. Le pays a mis en place des politiques encourageant la création de valeur ajoutée sur le territoire avec l’installation d’usines de transformation du bois.

  •        Les Européens peuvent-ils y avoir leur place ? Comment sont-ils perçus dans ce monde qui bouge à toute allure?

Là aussi, les situations sont contrastées. En Afrique du Sud, étant certes « blanche » mais décomplexée de l’historique de colonisation du pays (principalement les anglais et les néerlandais) – j’ai travaillé à la passation de connaissance et la formation des équipes. Au Gabon, le contexte est différent, mais ayant passé une dizaine d’années en Afrique, je me sentais moins « pièce rapportée » que si j’étais arrivée directement d’Europe.

  •        Dans quel champ de métier pensez-vous que de jeunes Européens pourraient se former pour ensuite s'impliquer en Afrique ? Quelles compétences développer?


Plus qu’un champ de compétences, je recommande le programme des Volontariats 
Internationaux en Entreprise. C’est un programme qui s’adresse aux jeunes diplômés (moins de 28 ans) et qui permet de partir en expatriation, ce qui est généralement réservé à des profils plus seniors. Tout le monde y gagne :  l’entreprise car il y a des allégements fiscaux et le VIE ne fait pas partie de ses effectifs, le VIE car il part en expatriation, généralement sur un poste et avec des responsabilités qu’il n’aurait pas eu en restant en Europe. Sur le plan personnel, le VIE est une aventure extrêmement enrichissante : sortir de sa zone de confort, découvrir d’autres cultures, pratiquer une langue étrangère quotidiennement…

  •  Que vous a appris votre propre trajectoire en Afrique après Sc. Po ? L'utilité de ces études pour votre métier actuel ?

Je crois que Sciences Po m’a avant tout donné une certaine ouverture d’esprit mais également de nombreuses clefs afin de comprendre mon environnement quel qu’il soit. Je me suis spécialisée en finance d’entreprise et je travaille dans la finance. Cependant, à différents niveaux, il est important pour moi de comprendre les enjeux politiques, sociaux et légaux qui m’entourent. C’est ce que m’a apporté la formation pluridisciplinaire de Sciences Po.

  •   Comment perçoit-on autour de vous la crise sanitaire actuelle ? Quel est son impact économique ? Les évolutions possibles ?

La crise du Covid est très dure pour les populations du continent africain tant au Gabon qu’enAfrique du Sud. Les garde-fous que nous avons en Europe tels que l’assurance maladie, l’assurance chômage et la retraite, n’existent pas ou très peu en Afrique. Par ailleurs, l’économie informelle des petits boulots payés de la main à la main, au mois le mois est chose courante. Ainsi, lors de chocs économiques tels que celui concomitant à la Covid, ces populations sont les premières à absorber le coup et à se retrouver sans aucun moyen de subsistance. C’est d’autant plus grave que leur niveau de revenu extrêmement faible ne leurs permets pas de faire des économies.

Si le sujet de l’impact de crise Covid en Afrique vous intéresse, je vous invite à lire le dernier livre de Sophie Bouillon, journaliste que j’ai connue à Johannesburg et qui réside depuis 2016 à Lagos au Nigeria : « Manuwa Street »[2].

  •        Est-ce que les perturbations du climat sont un "sujet"? Est-ce que cela se manifeste dans le vécu des pays où vous vivez ou avez vécu ? Si oui, sous quelles formes ? 

Malheureusement, le sujet reste très souvent un « first world issue », une problématique des pays développés pour le citoyen « lambda ». En effet, l’attrait des plaisirs matériels difficilement accessibles ou auxquels ils ne peuvent accéder que depuis peu (véhicule…) prime sur les considérations environnementales.

Par ailleurs, dans l’arbitrage du développement d’infrastructures (routes…) de la part des gouvernements, on ne trouve que rarement des propositions « vertes » telles que des usines de recyclage ou autre…

A noter cependant, que nombres d’entreprises installées en Afrique développent depuis peu des niveaux d’exigences proche des niveaux européens en matière de gestion environnemental. Malgré tout, à quoi sert le tri sélectif s’il n’existe pas d’usine de traitements appropriés ?

Les Alumni remercient vivement Anne pour la richesse et l'ouverture de son témoignage, sa contribution très utile aux "regards croisés" des anciens élèves sur le monde tel qu'il est. Nous lui souhaitons très belle continuation dans sa trajectoire personnelle. 


[1] Groupe désignant les 5 économies émergentes les plus importantes au monde : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud (South Africa en anglais)

vendredi 2 juillet 2021

L’esprit du Gymnase au fil des siècles parcourt ses murs

 L’aspect visuel des locaux du Gymnase a fortement évolué au fil de ces dernières années. Mais pourquoi avoir choisi cette apparence, cette charte graphique ? Quelle cohérence artistique a guidé les choix du sous-sol au couloir des arts en passant par le siècle de Jean Sturm ?

 Un fil d’Ariane invisible relie les étages du bâtiment principal. Pour le comprendre il faut commencer par descendre au sous-sol dans les salles du restaurant scolaire. A gauche, dans le couloir, vous trouvez une petite pièce bordée par un mur en pierres apparentes, ouverte sur la grande salle. Ce mur se trouve être la dernière trace du couvent des Dominicains dont les locaux, propriété de la ville de Strasbourg, ont accueilli le Gymnasium de Jean Sturm. Ne cherchez pas à creuser pour aller plus loin : vous vous heurteriez au mur du camp romain de la fin du IIIème siècle de notre ère, qui se trouve quelques mètres plus loin sous terre. 

Après ce mur préservé, vous montez au rez-de-chaussée où le hall d'entrée est imprégné visuellement de l’histoire de l’installation en ces lieux du Gymnasium en 1538 et de son époque.

Cette composante du parcours est la partie la plus connue, puisqu’elle accueille tous les visiteurs qui franchissent le seuil du 8 place des Etudiants.

S’y retrouvent l’évocation de ceux qui ont contribué à la réalisation de ce projet pédagogique  (les colonnes au sens propre et figuré), des représentations de Strasbourg au XVIème siècle, des extraits de livres de pédagogie (dont un rare cours de géométrie) etc… A ne pas oublier : la mise en valeur du passage de Jean Calvin, ami de Jean Sturm, à travers une chaire qui évoque son enseignement.

Ce même esprit anime l’entrée du Gymnase vers la place du Temple Neuf, transformé il y a peu de passage sombre en lieu lumineux. A retrouver en :

 https://gymnase-network.blogspot.com/2020/10/chantier-dete-pour-une-entree-qui.html

 Grimpons au 1er étage : le couloir des arts vous y attend. De quoi s’agit-il ? Après la mise en valeur
des réalisations des siècles passés, voici le lieu où vit la création contemporaine. Ou plus précisément le lieu où s’exposent dans de grandes vitrines ouvertes les réalisations des élèves pendant les cours d’arts plastiques. Ces expositions tournent au fil de l’année et permettent leur présentation dans ce couloir de grand passage, entre salles des professeurs, secrétariats, bureaux de direction, salles de classes etc..

C’est aussi le lieu où vous trouverez Sauveur Pascual, artiste plasticien et professeur d’arts plastiques, dont l’esprit imaginatif ( !) a conçu une cohérence artistique qui traverse les époques et relie les Gymnasiens d’aujourd’hui à ceux qui sont passés dans les murs au fil des siècles.

A propos d’imagination, voyez plutôt cette vidéo réalisée pendant l’une des installations dans le couloir des arts :

 https://www.youtube.com/watch?v=9uZ_MnO2pW0&t=88s

 



Un seul reproche pourra être formulé à l’encontre de Sauveur Pascual, mais il est de taille : il range définitivement son tablier, ses pinceaux, crayons et gomme de professeur cet été ! Sans doute pour s’investir encore davantage dans tous les projets qui lui tiennent à cœur....

Les Alumni saluent et remercient l’artiste et le professeur.


 

jeudi 3 juin 2021

Que sont-ils devenus ? Enquêtes auprès des promotions 2019 (un an après) et 2017 (3 ans après)

 

Dans la continuité de ses enquêtes antérieures sur les promotions 2015 à 2018, le Comité des Alumni s’est interrogé sur le parcours des lycéens qui ont quitté le Gymnase en juillet 2019 : que sont-ils devenus un an après ?  

En cohérence avec ces collectes d'informations destinées à mieux cerner les besoins des élèves et contribuer à l'évolution du projet éducatif du Gymnase, le Comité a cherché à approfondir son analyse en sollicitant les élèves de la promotion 2017, 3 ans après leur réussite au baccalauréat. 

Voici des extraits de ces enquêtes, pilotées par Jean-Louis Pataillot. Vous en trouverez le détail en:

·         Bacheliers 2017, 3 ans après: https://www.calameo.com/read/0033797938d011cf6ec00

·         Bacheliers 2019, un an après: https://www.calameo.com/read/0033797938da7d2eea621

Bacheliers 2017, 3 ans après (extraits)






Bacheliers 2019, un an après (extraits)


Points forts et points faibles: les réponses spontanées ont été très diversifiées; seuls les pourcentages significatifs ont été retenus, même si leur montant n'est parfois pas très élevé.



En Suède, François Haller ignore toujours le couvre-feu et le confinement strict

Installé à Stockholm en Suède,  François Haller (bac 2005) travaille pour la Scandinavian Airlines comme Material Management Manager. Il attend la quatrième phase du plan de vaccination pour recevoir une première dose de Pfizer ou Moderna. Pour le moment, un petit tiers du pays a reçu une première injection. Pour le reste, il n’y a toujours ni confinement, ni couvre-feu, mais quelques restrictions

François Haller,  attend un heureux événement. S’il n’a pas de symptômes, il pourra assister, masqué, à l’accouchement de son deuxième enfant prévu samedi 8 mai. Du fait de la grossesse de son épouse Karin, le couple a été particulièrement prudent ces derniers mois, limitant ses déplacements notamment en Alsace où François n’est plus retourné depuis novembre dernier. Les grands-parents alsaciens ont décidé d’attendre leur deuxième dose de vaccin pour programmer un voyage en Suède afin de découvrir le nouveau venu de la famille. « Ce sera pour le début de l’été. Et moi j’espère aller présenter notre bébé à la famille après l’été ».

Le jeune homme attend la quatrième phase du plan de vaccination suédois pour recevoir sa première dose. Ce plan est ici géré par les régions, en fonction des situations locales, explique-t-il. Il prévoit quatre étapes : les Ehpad et leurs personnels ; les plus de 65 ans et personnes atteintes de maladies chroniques ; les plus de 60 ans et personnes avec facteurs de comorbidité ; et bientôt les plus de 18 ans. « Dans la semaine du 19 avril, le pays en était à 28,3 % de gens ayant reçu une première dose et à 9 % pour les deux doses. L’objectif est que tous les adultes aient reçu une dose le 5 septembre prochain ».

L’AstraZeneca, même si les voisins y ont renoncé

Pour les moins de 65 ans, la Suède injecte du Pfizer et du Moderna. « Pour les plus de 65 ans, c’est principalement l’Astra Zeneca, même si le pays connaît également un débat sur ce produit, d’autant plus que ses voisins directs, la Norvège et le Danemark, ont totalement arrêté  », explique François. Si dans son entourage, tout le monde veut se faire vacciner, il y a également des « antivax » en Suède. Ceux-ci ont manifesté contre les mesures anti-covid le 1er mai.

Concernant la vie au quotidien, la Suède est toujours sur la même ligne que celle définie en novembre 2020 : ni couvre-feu, ni confinement stricts. « Il y a des limites aux rassemblements. Les magasins et parcs d’attractions par exemple doivent dédier 10 m² par visiteur avec un maximum de 500 personnes. Les clubs de sport, théâtres, cinémas sont fermés. Les restaurants ferment à 20 h et n’ont pour seule contrainte un maximum de quatre personnes par table, séparée d’un mètre. « Je suis assez dubitatif sur ce point, ça ne change guère de la situation habituelle ».

La famille Haller fête désormais les anniversaires à l’extérieur (ici celui du neveu de Karin à Täby, dans l’agglomération de Stockholm), même sous la pluie avec 2 degrés !

Extrait des DNA du 9 mai 2021, article rédigé par Annick WOEHL

 

Sur leur 31 pour le Père Cent

 Pour ceux qui n’ont plus qu’une idée lointaine de leurs années lycéennes, le « Père Cent » (aussi appelé percent) est une tradition lycéenne qui se déroule cent jours avant le baccalauréat.

En cette période de confinement, la déambulation urbaine des élèves des classes de Terminales s’est limitée à une manifestation joyeuse et masquée dans la cour de Jean Sturm.


Pour être digne de ce moment festif, organisé par le Conseil de la Vie Lycéenne du Gymnase, il importe de se mettre sur « son 31 » quitte à mettre à contribution la garde-robe parentale, comme en atteste un certain nombre de pièces significatives, habituellement peu présentes dans les tenues lycéennes …



L’occasion aussi de réaliser quelques photos qui marqueront l’Histoire, avant de s’envoler vers d’autres horizons

 L’occasion aussi de témoigner du plaisir de vivre ensemble un moment important de leur parcours, même masqués

Venez participer à ce moment de vie et écoutez-les :

https://www.youtube.com/watch?v=a_qL7R3NynM


mardi 1 juin 2021

Pandémie et vie politique en Allemagne : le regard de Laetitia Keller

 Issue de la promotion 2006, Laetitia une formation en droit puis en communication. (Université de Strasbourg, Freie Universität (Erasmus), Université Paris II Assas, Sciences com Groupe Audencia). Elle travaille actuellement pour une banque française à Francfort.

Comment perçoit-elle son univers ?

 De nombreux alsaciens connaissent l’aéroport de Francfort mais peu la ville. Arrivant de Hambourg où les gens sont chaleureux, je pensais me retrouver dans une ville très froide mais j’ai été

très positivement surprise. Les habitants sont très accueillants et bienveillants. Comme Strasbourg, cette ville à taille humaine me permet de me déplacer très facilement à pied, en vélo ou en trottinette électrique. 

Entre les tours futuristes, les immeubles modernes et les vieilles maisons s’étendent différents parcs. Francfort sur le Main offre une belle diversité architecturale et culturelle internationale. 

On y trouve de nombreuses banques dont la banque centrale européenne, la maison de Goethe, des musées à renommée internationale mais également une cuisine locale gouteuse comme sa grüne Soße (une sauce verte qui se mange avec pommes de terre et cordon bleu) ou son Apfelwein à déguster en temps « normal » dans les restaurants/ Biergarten du quartier de Sachsenhausen.

Malheureusement comme en France ou dans d’autres pays dans le monde, la vie ne suit pas son cours habituel et la pandémie a affectée principalement les contacts sociaux. 

En ce printemps 2021, les actualités rapportées aux informations sont diverses en Allemagne mais se concentrent sur 2 sujets : la gestion du coronavirus et les prochaines élections.

I L’évolution de la situation du virus

Tous les citoyens restent appelés à éviter tout déplacement professionnel et privé non essentiel. Il existe des règles différentes selon les länder.

Ainsi depuis le 24 avril un couvre –feu a été instauré à Frankfurt (en Hesse) à partir de 22h jusqu’à 5h sauf pour le jogging qui peut être pratiqué jusqu'à minuit. Avis aux amateurs de sport nocturne ! Les magasins non essentiels sont ouverts sur rendez-vous avec les clients. Des règles d’isolement et de quarantaine sont imposées aux travailleurs qui voyagent. 

Je vous transmets ci-dessous le site web du le Robert Koch Institut RKI. https://www.rki.de/DE/Content/InfAZ/N/Neuartiges_Coronavirus/Risikogebiete_neu.html

Jusqu'à présent, environ 80 000 personnes sont décédées en Allemagne à la suite ou à cause d'une infection confirmée par le virus Sars-CoV-2, selon l'Institut Robert Koch.

II La succession d’Angela Merkel

Avec le départ en retraite d'Angela Merkel après 16 ans au pouvoir, la question des candidats à la
succession est très actuelle et débattue. La chancelière n’a encore jamais été égalée au niveau de la longévité de ses mandats. (voir quelques comparaisons internationales)

Dès fin octobre 2018, Angela Merkel a annoncé qu'elle ne se présenterait pas comme tête de liste de la CDU aux élections de 2021.

Le centriste Armin Laschet sera le candidat de l'Union conservatrice. « Armin Laschet, âgé de 60 ans, président depuis janvier de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière, a obtenu le soutien d'une large majorité du comité exécutif du parti au terme d'une réunion nocturne de plus de six heures, lundi soir. Il portera les espoirs des

conservateurs au scrutin national du 26 septembre, avec, au vu des sondages - bien qu'en baisse - encore de bonnes chances d'emporter la chancellerie puisqu'ils restent la principale formation politique du pays ». 

Il reste les élections des candidats principaux au sein des 5 autres partis politiques.




Bon courage à eux car succéder à Angela Merkel, ce ne sera pas une mission évidente.

En attendant, j’espère que la situation va s’améliorer et qu´il sera à nouveau possible de rentrer facilement en France, en Alsace.


Nous partageons son voeu de tout cœur, surtout s'il nous permet de repartir à la découverte des Länder allemands et de leurs spécialités, même culinaires …