jeudi 13 juillet 2023

Sara Balzer (bac 2013) encore reine d’Europe

 Un an après avoir été sacrées à Antalya, les sabreuses de l’équipe de France, toujours emmenées par la
Strasbourgeoise Sara Balzer, ont conservé leur couronne continentale en dominant l’Italie 45-38 en finale, ce vendredi à Cracovie.

Elles sont vraiment phénoménales ! La Strasbourgeoise Sara Balzer, Manon Apithy-Brunet et Margaux Rifkiss ont remporté ce vendredi à Cracovie le titre de championnes d’Europe du sabre dames en surclassant toutes leurs adversaires.

 Un vivier impressionnant

La pression était pourtant maximale pour les championnes d’Europe en titre et n°1 mondiales, qui se présentaient avec une équipe renouvelée par rapport à celle qui s’était imposée à Antalya il y a un an.

En Turquie, les Tricolores avaient été sacrées grâce à Sara Balzer mais aussi Caroline Queroli et une autre Strasbourgeoise, Sarah Noutcha. Cette dernière revient à peine à la compétition après avoir été opérée du genou, tandis que Caroline Queroli s’est blessée en mai à Batumi, en Géorgie, lors d’une Coupe du monde où elle avait atteint la finale contre… Sara Balzer.

 Qu’à cela ne tienne, les Bleues ont pu puiser dans un vivier impressionnant pour repartir à l’assaut du trône continental à Cracovie, en Pologne. Margaux Rifkiss, décisive en finale, et Manon Apithy-Brunet, championne d’Europe en individuel il y a une semaine à Plovdiv, en Bulgarie, étaient des recours de luxe. Preuve de la profondeur de banc française, la remplaçante du jour, Cécilia Berder, a tout de même été vice-championne olympique par équipes il y a deux ans à Tokyo.

 Mais dans cette arme explosive, les palmarès n’apportent aucune sécurité. Les Bleues, qui avaient volontairement fait l’impasse sur les épreuves individuelles de ces Jeux Européens, se présentaient avec beaucoup de fraîcheur sur la piste pour leur premier match contre l’Allemagne.


Sara Balzer enfonçait les touches comme les clous dans la veste de l’Allemande Gette. La n°2 mondiale était le baromètre de l’équipe dans ce quart de finale remporté 45-29. L’Alsacienne était dans les mêmes dispositions contre la Bulgare Hramova, pour le premier relais de la demi-finale. Margaux Rifkiss et Manon Apithy-Brunet étaient au diapason pour envoyer la France en finale et un peu plus près des JO de Paris-2024, véritable enjeu de l’épreuve.

 En finale, les Françaises prenaient encore le meilleur départ. Mais les Italiennes étaient accrocheuses à souhait, notamment Eloisa Passaro qui gagnait ses deux premiers relais contre Apithy-Brunet et Balzer.

Margaux Rifkiss intervenait à point nommé pour calmer la Transalpine d’un 5-0 cinglant dans le septième relais. L’écart de dix points à l’issue de sa démonstration (35-25) laissait de la marge à ses expérimentées coéquipières, qui finissaient le travail.

« C’était une superbe journée, on a produit du super jeu, on a été très fortes sur chaque match, très soudées et à l’écoute l’une de l’autre », se félicitait la sabreuse du Strasbourg Université Club après avoir célébré ce « magnifique deuxième titre d’affilée ».

Sara Balzer et ses coéquipières se présenteront à nouveau aux championnats du monde, dans un mois à Milan, dans la peau des favorites. Avec un appétit féroce, elles qui n’avaient été « que » vice-championnes du monde, il y a un an au Caire.

DNA - Jean DEUTSCH - 30 juin 2023 à 22:05 | 


La Strasbourgeoise Sara Balzer élue escrimeuse française de l’année

 

La sabreuse du Strasbourg UC, n°1 mondiale, a été élue escrimeuse française de l’année à l’issue d’un vote en ligne organisé par la Fédération française. Le fleurettiste Enzo Lefort a été distingué chez les messieurs.

Jean Deutsch – DNA 21 novembre 2023 - Temps de lecture : 2 min

  |  Au sortir de la meilleure saison de sa carrière, Sara Balzer a logiquement été désignée escrimeuse française de l’année par un vote en ligne organisé par la Fédération française d’Escrime.

La sabreuse du Strasbourg UC a été mise à l’honneur en même temps que son compatriote fleurettiste Enzo Lefort, lauréat chez les hommes, lors d’une soirée de prestige de la FFE ce jeudi à Paris.

« C’est une belle initiative de la Fédération d’organiser ce vote, qui permet de mettre les athlètes en avant et de faire parler de l’escrime », a réagi la Bas-Rhinoise de 28 ans.

 Vice-championne d’Europe 2023 en individuel, vice-championne du monde et d’Europe par équipes cette même année, Sara Balzer a été de loin l’escrimeuse française la plus régulière sur le circuit international, remportant les Coupes du monde de Sint-Niklaas, en Belgique, et de Batumi, en Géorgie, pour finir la saison à la place de n°1 mondiale.

Un rang qu’elle a confirmé la semaine dernière en remportant la première Coupe du monde individuelle de la saison 2023/2024 à Alger, avant de prendre la médaille d’argent par équipes dans la foulée.

 Distinguée par la FIE au Caire la semaine prochaine

« Je suis très contente de ce début de saison, de voir que ce que je fais à l’entraînement paye déjà », analyse l’Alsacienne, qui se rapproche à grands pas d’une qualification pour les JO-2024 de Paris. « Mais je pense que j’ai encore une grosse marge de progression, parce que de toute façon, c’est sans fin à l’escrime ! »

Comme tous les n°1 mondiaux, la Tricolore sera également mise à l’honneur en fin de semaine prochaine lors d’une cérémonie organisée par la Fédération internationale d’escrime (FIE) au Caire, en Égypte.

Cela lui vaudra de faire l’impasse sur le circuit national de Pau, qui se déroulera au même moment et sera qualificatif pour le Grand Prix d’Orléans (7-9 décembre) notamment pour ses coéquipières du SUC Charlotte Lembach et Sarah Noutcha.

Sara Balzer, elle, est qualifiée d’office pour ce deuxième grand rendez-vous de la saison.

Chez les messieurs, le fleurettiste Enzo Lefort a été distingué après avoir notamment pris la médaille de bronze aux Mondiaux de Turin, cet été, et celle d’argent à l’Euro de Plovdiv (Bul).

Championne du monde en 2024 !





 


Les élèves du Gymnase dans les concours mathématiques en 2022-2023

Kangourou des mathématiques, concours ludique comportant 24 questions à choix multiple de difficulté croissante :

·         Aurélie Flieller (1ère) : 50ème sur 4248

·         Rouben Strasser (2nde) :585ème sur 11459

·         Yanlin Yang (4ème) :50ème sur 22632

 


Olympiades de mathématiques, concours favorisant l’émergence d’une nouvelle culture scientifique en stimulant le goût de la recherche chez les élèves de première :

Sont primés au rectorat avec la mention « Prestation remarquable que le jury retient pour le palmarès académique » :

·         Menglin Yang

·         Aurélie Flieller

·         Charlotte Samama

Sont primé au rectorat avec la mention « Très bonne prestation qui a retenu l’attention du jury académique »

·         Louis Matter

·         Adrien Pommereuil

 Rallye des mathématiques, concours en binôme sur des problèmes ouverts :

En première :

·         Aurélie Flieller et Menglin Yang

·         Charles de Lalande et Charlotte Samama

·         Sarah Wendling et Esteban Sabatier

En terminale :

·         Gaspard Causse et Charles Dai

·         Edgar Ruault et Nicolas Meyer

·         William Wu et Alex Zhang

 

FFJM (Fédération Française des jeux mathématiques), concours ludique autour d’énigmes :

Sont arrivés en finale :

·         Yanlin Yang (4ème), 3ème et sélectionnée pour la finale internationale à Wroclaw en Pologne.

·         Madis Roosma (2de), 18ème

 

TFJM² (Tournoi Français des Jeunes Mathématiciens et Mathématiciennes), concours de
recherche :

6 élèves de première et terminale (Aurélie Flieller, Menglin Yang, Michel Datskevitch, Alex Zhang, Gaspard Causse, Charles Dai). Participation au tournoi régional à l’université de Strasbourg. L’équipe finit 3ème sur 9.

Gaspard Causse a rejoint l’équipe qui a terminé 1ère au niveau national, il participera à la finale internationale en Géorgie en novembre prochain.

 



Concours Mathématiques Sans Frontières, toute la classe travaille ensemble sur des problèmes

1er prix du secteur Strasbourg Europe : 6ème 5 et 2de 9

 


Les Trophées NSI récompensent des projets informatiques réalisés par les élèves durant l’année scolaire, dans le cadre de l’enseignement de spécialité « numérique et sciences informatiques » (NSI) : Prix du meilleur projet Grand Est :  

Noelline KNAPP--DUBOIS, Charlotte SAMAMA, Aliénor LIBBRECHT, Esteban SABATIER





Concours Algoréa :

Esteban SABATIER (NSI) participe actuellement à la demi-finale.

 


Concours Général des Lycées

Gaspard Causse a cumulé le 2e accessit en physique-chimie et la mention en mathématiques et Charles Dai le 5e accessit en mathématiques.

 

A noter deux parcours d’exception :

 Charles Dai (terminale)

·         Sélection dans l’équipe de France à l’EMC (European Mathematical Cup). Il termine 59e sur 199 participants.

·         Sélection dans l’équipe de France aux RMM (Romanian Masters of Mathematics). Il termine 55e sur 90 participants du monde entier.

·         Membre de l’équipe de France des Olympiades Internationales de Mathématiques et dans l’équipe de France des Olympiades Internationales d’Informatique à Chiba (Japon) : médaille de bronze

·         Sélection aux BMO (Balkan Mathematical Olympiad) : médaille de bronze.

·         Médaille d’argent aux Olympiades Internationales d’informatique en Indonésie au mois d’Aout dernier

 Madis Roosma (seconde)

·         8ème aux olympiades nationales de mathématiques d’Estonie

·         Présélection dans l’équipe d’Estonie des Olympiades Internationales de Mathématiques




 

vendredi 7 juillet 2023

La cuvée du bac 2023 au Gymnase

 252 élèves du Gymnase se présentaient aux épreuves du baccalauréat : ce fut 100% de réussite dès le premier tour des épreuves.

 Ce résultat quantitatif est encore plus valorisé par la qualité des notes obtenues, puisque plus de 97% des élèves obtiennent une mention dont :

- 37.7% Bien (de 14/20 à 16/20)

- 37.3% Très Bien (de 16/20 à 18/20)

- 10.3% Félicitations du Jury (au-delà de 18/20).

Soit 47,6% titulaires du baccalauréat avec une mention Très Bien et au-delà.

La Direction du Gymnase s’est particulièrement réjouie de la réussite d’élèves qui ont rencontré des difficultés en Terminale. Un accompagnement très suivi de l’équipe pédagogique et administrative du lycée a permis à ces lycéens de surmonter bien des obstacles et d’atteindre leur objectif.

 Les Alumni félicitent vivement les lauréats ainsi que tous ceux qui ont concouru à cette belle réussite : professeurs, parents, les équipes de la vie scolaire et de la Croisée des Chemins ainsi que tout l’environnement constitué par les équipes administratives et de service du Gymnase.

 Il faut cependant relever que l’échéance essentielle de l’année de terminale est devenue Parcoursup : quelles vont être les suites d’études possibles une fois le diplôme de fin d’études secondaires obtenu ?

 L’opacité des critères de sélection de la plateforme nationale, avec ses adaptations locales, engendre une certaine perplexité. Qu'en est-il des élèves du Gymnase ?

Les élèves ont non seulement obtenu les formations souhaitées, mais ils ont également été sélectionnés dans de nombreuses écoles.

La qualité de leurs dossiers, les nombreuses manifestations proposées au Gymnase et l’accompagnement à l’orientation des professeurs principaux, de l’équipe de direction, ont   porté leurs fruits.  Ils permettent aux Gymnasiens d’avoir une orientation très positive et choisie, gage de réussite dans le post-bac.


Le bilan final pourra être dressé en septembre.

 

mercredi 14 juin 2023

20 ans ont passé mais rien n’a changé… ou presque !

 La génération des bacheliers 2003 a fêté de joyeuses retrouvailles dans des murs qu’elle a fréquentés il y a 20 ans. 

Parfois accompagnés de leur famille, intéressée de connaître les lieux de leurs exploits, ces anciens élèves ont parcouru les lieux avec des guides expliquant l’évolution des locaux. 

Avec aussi d’anciens professeurs ravis de les revoir.

Le foyer des lycéens a permis un grand partage de convivialité, de souvenirs voire de projets. La nuit s’est ensuite poursuivie dans une brasserie bien connue de Strasbourg, avant une prolongation pour certains dans un lieu de nuit de la Petite France.

Avant - après: saurez vous les retrouver ?

Photo de classe de 2003


   27 mai 2023

Ils étaient là:

Voici le retour de Myly Nguyen, à l’initiative de ce projet et grande organisatrice :

20 ans ont passé mais rien n’a changé… ou presque. Les murs du Gymnase sont certes les mêmes mais leurs habits et leurs couleurs ont été modifiés…un peu comme nous. 

Ce ne sont pas de simples retrouvailles mais une véritable parenthèse dans le temps que nous avons pu vivre dans l’enceinte de notre ancien lycée, comme si nous nous étions quittés la veille mais que nous avions toujours mille et une choses à se raconter. 

Merci aux Alumni d’avoir permis cette rencontre et pour leur précieuse aide dans l’organisation. Merci à tous ceux qui ont pu être présents. 

Le rdv est déjà pris. 20 ans encore à attendre, c’est bien trop long! Et si on se retrouvait dans 10 ou même 5 ans ? Les photos en témoignent, la soirée était belle et réussie, de quoi donner envie aux absents de se joindre à nous la prochaine fois!  

 « Que cette soirée a fait du bien… vivement la prochaine »

« C’était top! Au plaisir de revoir une prochaine fois les absents »

« J’ai mis 2 jours à me remettre de la soirée ! Un vrai saut hors du temps »

lundi 12 juin 2023

Ostinati, 10 ans d'une expérience inédite, suspendue hors du temps, espace ouvert à l'émotion

 Ostinati est l’ensemble vocal féminin du Gymnase Jean Sturm, composé d’élèves de la Quatrième à la
Terminale. Il est créé en 2013 dans le cadre d’un projet éducatif qui vise à transmettre des savoirs et des savoir-faire mais aussi des savoir-être prenant racine dans les références protestantes et humanistes des fondateurs.

 À l’occasion des 10 ans du chœur, sous la houlette de Mathilde Bour-Edy et de Jana Curcenco, contact fut pris avec les anciennes choristes dans l’optique d’un concert unique, qui rassemblerait le chœur à travers les années.


Une fois la date fixée, le programme validé, il ne restait qu’à répéter… !

En petit groupe, toutes promotions confondues (parfois même en visioconférence), le programme a pris forme dès février et à partir d’avril les répétitions se sont enchainées : en semaine en soirée, durant les weekends, les jours fériés…

Ces heures de travail, en plus des moments musicaux partagés, furent des lieux privilégiés pour partager les anecdotes, les souvenirs de concerts ou de projets, échanger sur ce qui fait « Ostinati », en bref :  retracer une histoire commune.

 


Le 13 mai 2023, à 19h30, le chœur presque au complet (26 choristes au total) se tient sous le jubé de Saint Pierre le Jeune collégial, en tenue de concert, pour la mise en voix qui signe le début de cette aventure. L’émotion, déjà, se lit sur tous les visages.

 

Le noir se fait, et la magie opère : 10 années de voix, de travail, de souvenirs reprennent vie pour ce concert, tel un jardin suspendu qui nous élève sans qu’on le veuille. Le public (venu en nombre) fait preuve d’une attention remarquable, le merle chante dans le cloître de Saint-Pierre-le-Jeune et son chant vient discrètement embellir le Nunc dimitis et les notes de JS. Bach.

 

L’émotion fut aussi palpable lorsque les différentes promotions ont témoigné de ce que fut et est aujourd’hui encore Ostinati : un espace hors du temps scolaire, un refuge dans les semaines chargées, un groupe d’amies, un lieu de confiance et de partage… une expérience à part entière, qui a forgé les personnes que sont les choristes.

 

Apogée de l’histoire du chœur, qui chante depuis 10 ans sous la direction de Vincent Affholder, ce concert fut un moment particulièrement marquant pour l’ensemble des promotions, ainsi que pour le chef de chœur et le public. Une belle preuve que les expériences humaines sont encore au c[h]oeur de la vie de l’établissement.


Emile Jung fut au rang des soutiens indéfectibles:

 


Depuis la sortie du disque Transmission en 2017, les choristes se sont produite dans des lieux d’exceptions (église historique Saint Pierre-le-Jeune protestant (Strasbourg)), Festival des Sacrées Journées (Pagode et Grande Mosquée de Strasbourg – objet d’un sujet du France 3 Alsace), Saint-Chapelle, Saint-Joseph des-Carmes et Saint-Etienne-du-Mont (Paris / Concerts caritatifs Locus Iste Institut Catholique de Paris, Institut Supérieur d’Éducation), Festival Interreligieux de Stuttgart/Tübingen (deux concerts, dont à la StiftKirche)


 On a pu également les entendre dans le documentaire Rue Du Ciel (une coproduction kto/ vie des hauts production 2017 - Réalisé par Rivo-Andriamaholimanana). Les jeunes chanteuses se sont également produites aux côtés d’Amalya Domoniguez. Enfin elles ont fait l’objet d’un sujet sur la télévision nationale bulgare.

 

Le concert du 13 mai 2023 a été capté et enregistré, il fera l’objet d’une publication.

Un grand merci à Brigitte Jehlen (mère d’Eva Jehlen, choriste de la première promotion) pour les remarquables photographies.

 Sur Facebook : https://www.facebook.com/ensembleostinati/?locale=fr_FR

Sur YouTube : https://youtube.com/@ostinati_

Ailleurs… https://ostinati.bandcamp.com

Pour tout contact:  Vincent.affholder@legymnase.eu

dimanche 11 juin 2023

Ils font revivre la mémoire des élèves qui les ont précédés sur les bancs du Gymnase au Concours de la Résistance et de la Déportation

 Un récent début d’inventaire de caisses d’archives conservées dans les locaux du Gymnase Jean Sturm a permis de retrouver l’histoire vécue des élèves scolarisés au Jakob Sturm Gymnasium de 1941à 1945 (*). Les élèves qui se sont présentés au Concours National de la Résistance et de la Déportation ont ainsi pu utiliser des documents d’époque, traces de la vie de leurs prédécesseurs sur les bancs du Gymnase. 

Ils ont été accompagnés dans leurs recherches et leurs travaux par un groupe de professeurs. Mesdames Malhamé et Birckel, ainsi que Messieurs Gévaudan et Guélen ont créé un club, dédié à cette période historique, où 18 élèves de la 2de à la Terminale se sont engagés.

La remise des prix le 8 juin 2023 au Cercle militaire s'est faite en présence des autorités militaires, civiles et associatives engagées dans la transmission de la mémoire combattante, résistante et déportée de la Seconde guerre mondiale.


Deux groupes ont obtenu le premier prix départemental ex-aequo : Adèle Zoghlami et Chiara Maisetti-Imbs, élèves de seconde, pour une pièce de théâtre ainsi qu’Anna Biasini et Benjamin Cuissot, élèves de terminale, pour un journal intime. Ils concourent désormais au niveau national.

Par ailleurs, Sarah Weindling, Clara Burkhard, Aude Wantz et Lydéric Heitz ont obtenu le quatrième prix pour la réalisation d’un cartable de lycéen.

Les travaux ont été salués pour leur grande qualité historique et littéraire. Les DNA rapportent que ce fut « sous les applaudissements d’enseignants, de membres de la gendarmerie et de membres de l’Office national des combattants et des victimes de guerre »

Adèle et Chiara ont imaginé une pièce de théâtre faisant dialoguer un adolescent avec ses grands-parents scolarisés pendant la guerre, Anna et Benjamin ont fait le journal intime d'un élève fictif scolarisé au Gymnase, rempli d'anecdotes réelles et donnant à réfléchir sur les difficultés de la vie adolescente dans l'Alsace annexée. Le quatuor a fait un cartable avec des copies d'époque réécrites par leurs soins, annotées de petits mots d'élèves ,avec des tracts cachés, des manuels et matériels scolaires d'époque.

Madame Malhamé nous raconte la suite : le lendemain, les activités du club se sont clôturées par un pique-nique joyeux place de la République. Le thème de l'année prochaine sera "Résister à la déportation". C'est un grand bonheur de voir nos élèves engagés dans ce travail de mémoire avec beaucoup d'implication de sérieux et de bonne humeur.

 (*) Jean Sturm n’étant pas réputé assez germanophile, c’est le nom d’un dirigeant de la ville au XVIème siècle qui a été affecté au « Gymnase Jean Sturm » par l’occupant

jeudi 25 mai 2023

10 ans plus tard !

 Sur une proposition de Line Weber, remarquable et intrépide (!!) organisatrice, plus de 80 bacheliers de 2013 sont venus célébrer des retrouvailles dans les locaux du Gymnase Jean Sturm, avec l'accompagnement de membres du Comité des Alumni.

Saurez-vous les reconnaître ? 

La densité des échanges a fait paraître la soirée très courte. Comme l’a noté Line : « passer du temps dans cette cafétéria ou rien n'a changé quasiment… Retrouver ses marques assez vite finalement, c'était une expérience très marrante 10 ans après ! ».


Quelques moments ont pu être mis à profit pour découvrir ou redécouvrir des locaux : « La visite de l’auditorium nous a marqué et ainsi que le fait de se retrouver sur les bancs de Sturm 10 ans après dans cette superbe bâtisse » . D’autres ont tenté quelques reconstitutions historiques de moments vécus devant un tableau blanc …

Une quarantaine de ces Alumni ont prolongé largement au-delà de minuit leurs retrouvailles dans un lieu de nuit bien connu à Strasbourg...

De denses moments vécus ensemble, des trajectoires très diverses, que reflète le témoignage observateur d’un professeur invité à ces retrouvailles :

«  J'ai été agréablement surpris par la manière dont les jeunes sont rapidement et facilement allés les uns vers les autres, alors que parfois, ils ne s'étaient plus vus depuis 10 années. Plusieurs jeunes m'ont eux-mêmes affirmé qu'ils avaient eu une certaine appréhension, mais que finalement ils étaient surpris de la simplicité des liens, comme s'ils s'étaient quittés la veille.

J'ai été aussi agréablement surpris par la diversité des parcours, des uns et des autres, et j'ai constaté que l'écrasante majorité sont heureux de leur métier actuel. »

What else ?

dimanche 7 mai 2023

Roland Carbiener, l'ancien du Gymnase devenu fondateur de la première fédération de protection de la nature en Alsace


 Professeur de botanique, naturaliste et amoureux du Rhin, Roland Carbiener a contribué à l’émergence du mouvement écologiste en Alsace, il y a un demi-siècle. Personnalité sensible, nostalgique des paradis perdus de son enfance, il a porté ses combats entre rigueur scientifique et militantisme.

 Roland Carbiener est venu à la nature par l’eau. Précisément par les méandres et les épis du Rhin où son papa l’emmenait pêcher à l’aube, à l’heure où le fleuve se pare parfois de « rouge comme de l’acier en fusion ». Le gamin est « émerveillé » par les ablettes et « les perchettes à la nageoire carminée ». Le soir, c’est « le drame » quand il faut tuer la pêche pour « la délicieuse friture » de sa maman. Debout dans la barque paternelle de sept mètres, il ne peut que se prendre pour « un Indien ».

Le naturaliste de 92 ans, corps fatigué esprit inépuisable, tire de ces paradis perdus une grande sensibilité et une nostalgie assumée qui ont sous-tendu tout son engagement écologiste pour l’Alsace. « Il a conservé la candeur d’un enfant devant la beauté de la nature tout en gardant sa rigueur scientifique », remarque Hubert Ott, député MoDem du Haut-Rhin et professeur de SVT, qui le considère comme « une énorme bibliothèque de savoirs qui donne accès à la compréhension sensible de la nature et de ce que nous sommes nous-mêmes ».

 « Souvent en surmenage, proche du burn-out »

À plusieurs reprises, l’entretien restera suspendu à des larmes et à des silences. L’homme, calé dans son fauteuil face à un bureau encombré de papiers et d’un bouquet de monnaie-du-pape séchée, n’est pas du genre à cacher ses émotions. Il ne le peut pas. Il est un hypersensible, une force comme une faiblesse qui peut conduire à « des tensions émotionnelles explosives », selon un naturaliste qui a bien connu la famille.

« Souvent en surmenage, proche du burn-out », Roland Carbiener confesse avoir été sauvé par « la pêche » et par sa « merveilleuse épouse », Sylvie, disparue en 2020, avec laquelle il a partagé la vie pendant 65 ans et a eu trois enfants. La cadette Carine est devenue podologue. Géographe et militant chez les Verts, l’aîné Philippe a été conseiller régional et adjoint au maire d’Illkirch-Graffenstaden jusqu’à son décès en 2009. Didier, ingénieur agronome, a publié en 1995 Les arbres qui cachent la forêt : La gestion forestière à l‘épreuve de l’écologie.

 La défense de milieux, dont la destruction est perçue comme une blessure, est humainement respectable. - Roland Carbiener

 « Révolté » par ce que les Trente Glorieuses font subir à la biodiversité

« Mes deux garçons ont été des combattants très déterminés. Ils ont vécu la même chose que moi », soupire le père qui se dépeint comme la « bête noire de l’ONF et de l’industrie chimique ». Un différend entre Philippe Carbiener et Alsace Nature, dont il était salarié pendant que son père en était président, marquera durablement les esprits. L’épisode poussera l’association à « dépersonnaliser les choses » et à procéder à des présidences tournantes.

 Né le 4 août 1930 à Strasbourg, Roland Carbiener a lui aussi suivi les pas de son père, pharmacien à Fegersheim et fin botaniste, et de sa mère, professeure à l’école des arts ménagers qui aurait préféré faire les Beaux-Arts si son propre père ne l’en avait pas empêché. « Elle faisait des aquarelles magnifiques », raconte le fils qui a hérité de ses parents l’art de la contemplation, le goût pour le beau et l’esprit cartésien.

 

 Élève brillant, il passe son bac au gymnase protestant Jean Sturm puis entre à la faculté de pharmacie de Strasbourg où il peut assouvir sa passion pour la chimie minérale et organique. Il excelle en physique et en botanique. Lors des excursions sur le terrain, il est toujours aux avant-postes, en train de tout noter. « Gros bosseur et « meilleur du classement », il est repéré par son professeur de botanique Paul Jaeger, « un Alsacien pur jus devenu africaniste » qui lui propose de devenir son assistant.

 Pour gravir les échelons au sein de l’Université, Roland Carbiener va cumuler les disciplines et les diplômes jusqu’à obtenir son doctorat à Paris Orsay, en 1966, sous la double direction des professeurs Paul Jaeger et Georges Lemée. Consacrée à « la végétation des Hautes Vosges dans ses rapports avec les climats locaux, les sols et la géomorphologie », sa thèse fait référence. « Pour comprendre la vie des plantes, il faut connaître le sol et l’environnement », remarque l’intéressé dont « les digressions » sont appréciées par ses élèves.

 D’assistant à chef de travaux, de maître de conférences à professeur, l’enseignant en botanique va s’ouvrir à l’écologie végétale et à l’écologie des pollutions. Il crée un cours novateur d’écotoxicologie qui lui permet de faire le lien avec son militantisme, d’asseoir sa réputation et d’être recruté comme expert auprès du gouvernement pour les grandes pollutions.

 « Il a beaucoup apporté à la protection de la nature à travers une démarche scientifique rigoureuse mais aussi engagée », relève Maurice Wintz, président d’Alsace Nature de 2009 à 2015. Hubert Ott voit Roland Carbiener comme « un pionnier de la défense de l’environnement qui ne peut s’ancrer que si elle est portée et reprise par des personnes qui savent de quoi elles parlent ». Pour le député de Rouffach, il est « la synthèse même de l’écologie » qu’il définit comme « le rapport du vivant à son environnement ».

 Le professeur Carbiener est « révolté » par ce que les Trente Glorieuses font subir à la biodiversité. « Les milieux que j’ai appris à aimer étaient détruits les uns après les autres. Il fallait faire quelque chose. » En 1956, un « Comité de protection de la nature » voit le jour au sein de l’association philomathique d’Alsace et de Lorraine autour du Dr Henri Ulrich, des professeurs Paul Jaeger et Henri Jean Maresquelle, et du pasteur Gonthier Ochsenbein.

 « Les rives étaient jonchées de cadavres de brochets »

 À l’époque, Roland Carbiener est « un scientifique en rupture avec le modèle social dominant », observe Maurice Wintz. Il est un peu plus contestataire qu’un certain nombre de ses collègues universitaires. Face aux « problèmes croissants », le comité se transforme en 1965 en Association fédérative régionale pour la protection de la nature (AFRPN) qui deviendra Alsace Nature en 1991. Le botaniste assurera la présidence de l’AFRPN puis d’Alsace Nature de 1976 à 1996. « C’est un grand bonhomme de l’histoire de la structuration de l’écologie politique associative en Alsace », note le sénateur Jacques Fernique (EELV).

 Ses fonctions l’amènent à mener de « très rudes batailles » au cours desquelles il dit s’être « fait craindre et apprécié ». Il cite trois victoires : l’abandon des projets d’extension du port autonome de Strasbourg dans la forêt d’Offendorf (1976), d’implantation d’une usine de stéarate de plomb à Marckolsheim (1975) et de canalisation de l’Ill. L’Alsace découvre les manifestations écologistes. Le 9 octobre 1976, 2 000 personnes défilent à Strasbourg pour la protection des forêts rhénanes. Rue de la Mésange, un slogan jaillit : « La tronçonneuse ne passera pas ».

 L’écologie doit aussi être au service des humbles, avec un fonds social. - Roland Carbiener

 « La forêt du Rhin est une cathédrale à ménager »

 Les années 1970 seront marquées par la contestation. Au micro, devant des milliers de personnes, Roland Carbiener développe des arguments scientifiques et prêche pour élever la bande rhénane, « un milieu à haute valeur végétale et florale », au rang de patrimoine. « La forêt du Rhin est une cathédrale qu’il faut ménager », dit-il toujours. À côté de la préservation de l’existant émerge la question de la contamination des milieux et de l’eau qui devient un problème de santé publique.

 Le naturaliste évoque spontanément la contamination du Rhin au mercure du début des années 1970 qui s’est traduite par une surmortalité des brochets au printemps, entre Marckolsheim et Plobsheim. « Les rives étaient jonchées de cadavres et les œufs des oiseaux piscicoles mouraient », se souvient le scientifique. « Une première expertise a attribué la mortalité des brochets au méthylmercure. Si les Alsaciens avaient mangé autant de poisson qu’au Japon, nous aurions eu la maladie de Minamata », estime-t-il.

 Dans ces années de lutte, l’AFRPN est traversée par deux courants. Roland Carbiener partage avec Antoine Waechter et Michel Fernex une ligne intransigeante et déterminée face à une tendance plus modérée représentée par Ernest Heil et Henri Ulrich. L’assemblée générale extraordinaire de l’AFRPN du 1972 voit ses deux méthodes s’affronter, ce qui donnera lieu à une rénovation de l’association.

Le naturaliste en convient : si les « arguments techniques sont importants, il faut aussi tenir compte de la sensibilité du public ». « La défense de milieux considérés pour leur beauté, et dont la destruction est perçue comme une blessure, est humainement respectable. On n’a pas le droit de mépriser la préservation », argumente le vieil homme, qui ne compte pas « les bouleversements » qu’il a vécus depuis qu’il est « sur terre ».

« Protestant pratiquant », qui a un jour rendu hommage à Spinoza au cours d’une de ses innombrables conférences, Roland Carbiener n’en reste pas moins « un biologiste très influencé par le darwinisme ». Ses recherches scientifiques sur l’évolution du vivant lui ont confirmé que « les systèmes naturels fonctionnent sur la base de la coopération et d’interactions positives, et sur le principe de l’harmonie ».

 
Fort de constat, rien ne l’agace plus que de voir « le darwinisme caricaturé ». Quand il entend le mot compétitivité, il « voit rouge ». « La thèse du’ ’Struggle for life’’ ou du darwinisme social est utilisée à des fins économiques », dénonce l’ancien professeur pour qui « l’écologie doit aussi être au service des humbles, avec un fonds social ». « Il faut vivre une vie humaine et digne », reprend-il en pointant « le grave problème de la surpopulation mondiale ».

 Quand Roland Carbiener pense à l’avenir, il aime se replonger dans la vie de « paysan » du Kochersberg qu’il a menée à 14 ans, dans une ferme de Reitwiller où la famille a passé l’année 1944 après avoir perdu son appartement dans un bombardement. Il y découvre un modèle autosuffisant centré sur la polyculture, qu’il juge idéal et durable, et dont il s’inspirera pour « un de ses premiers cours »

 « On a sélectionné un type de paysannat non tenable à terme. Il faudrait revenir à un système fermé ; on y arrivera une fois qu’on aura trop faim », avance-t-il, heureux que « la prise de conscience avance grâce une minorité active ».  

 Roland Carbiener s’évade peu de sa maison alsacienne de Daubensand dont il essaie de « soigner les abords » faits d’arbustes et de parterres de fleurs. À quelques centaines de mètres de là s’écoule le grand fleuve de sa vie qui charrie des alluvions de souvenirs. « Nager dans le Rhin était d’une magnifique sensualité ; son état gazeux produit par les vortex en faisait un jacuzzi naturel. » Il a arrêté de s’y baigner en 1960, à son retour de service militaire. La fin des illusions.

 Article de Franck Buchy paru dans les DNA du 10 avril 2023

 A lire : Rhin vivant (La Nuée Bleue), par Roland Carbiener et Laurent Schmitt.