vendredi 1 juillet 2022

Louise Morel (Bac 2013), plus jeune députée d’Alsace

 Louise, qui a passé un bac TES au Gymnase en 2013, vient d'être élue député lors des récentes élections législatives. 
Les DNA la présentent dans un article rédigé par Guillaume Muller (Extraits de l'édition du 20 juin 2022)

Louise Morel, 26 ans, a été élue députée de la 6e circonscription du Bas-Rhin à l’occasion des élections législatives de juin 2022, dans un duel avec le RN. Retour sur le parcours de cette membre du bureau national des Jeunes démocrates (Modem), qui a grandi.

Femme. Jeune. Rurale. Hautement diplômée. Avec Louise Morel, la majorité présidentielle a trouvé une perle rare. Et elle n’a pas eu à regretter de l’investir dans la circonscription de Molsheim-Obernai, loin d’être gagnée d’avance avec un député sortant LR qui se représentait (Philippe Meyer).

Au prix d’une impressionnante campagne de terrain, où elle a brillé par son aisance et sa capacité à fédérer de nombreux militants, elle a prouvé qu’on peut gagner sans être un homme mûr bien installé et soutenu par les élus locaux.

Il faut dire que Louise Morel ne sort pas non plus de nulle part, même si elle a grandi (et vit toujours) à Bellefosse, village de 160 habitants qui occupe une partie du Champ du Feu, sommet du Bas-Rhin situé à une petite heure de Strasbourg. Et qu’elle a eu les loisirs de jeunesse qui vont avec : ski club et clarinette au sein de la fanfare du village voisin de Fouday.


Louise Morel est aussi la plus jeune des trois filles d’un couple très connu du haut de la vallée de la Bruche. Son père, Henri Morel, est l’exploitant des remontées mécaniques du Champ du Feu, mais aussi - c’est moins notoire - le gérant d’un groupe industriel de 3 800 collaborateurs, coté en Bourse (SFPI). Sa mère, Alice Morel, a été la plus jeune maire de France en 1977 et en est à son huitième mandat.

« Mes parents m'ont toujours poussé à croire en mes rêves. J’ai baigné dans la politique depuis toute petite », raconte Louise Morel, qui note que sa grand-mère a aussi été conseillère municipale, à une époque où les femmes élues étaient une incongruité.

Louise Morel situe la bascule vers son engagement public en 2017, séduite par « la volonté de faire de la politique autrement et le discours fort sur l’Europe d’Emmanuel Macron ». Elle fait la campagne des législatives en tant que suppléante de Guy Salomon (Modem), entre au parti puis au bureau national des Jeunes démocrates. Responsable du pôle « Idées », elle planche sur de grands sujets (lutte contre l’abstention des jeunes, harcèlement scolaire, protection des mineurs, santé environnementale des jeunes). « On remettait ces travaux à nos parlementaires ».

Stages au Kenya, à Singapour et au cabinet de Valérie Pécresse

Elle a aussi bien l’aisance orale que le bagage intellectuel pour percer. Après son collège à La Broque et une seconde au lycée Henri-Meck à Molsheim, elle part au Gymnase Jean Sturm (Bac TES en 2013) à Strasbourg et enchaîne avec Sciences Po.

Elle se spécialise dans les questions de sécurité européenne et de défense, effectue un stage de plusieurs mois à l’ambassade de France au Kenya, axé sur la lutte contre le terrorisme dans la Corne de l’Afrique, puis entre à l’Essec, une grande école de commerce, avec un stage à Singapour stoppé par le Covid.

Un parcours au cours duquel elle tâte la politique, de son stage chez le député alsacien de la majorité Thierry Michels à celui de six mois au cabinet de la LR Valérie Pécresse, alors présidente de la Région Île-de-France. Un travail axé sur les aides aux entreprises durant la crise.

« J’adore les sports de montagne »

Mais la jeune femme, qui a voulu se réorienter vers la « diplomatie économique » rentre à Bellefosse. Son job de conseil aux grandes entreprises dans l’agroalimentaire peut se faire en partie en télétravail. Et elle est attachée à sa vallée.

Ses loisirs ? Si elle dit aimer « voyager en France, aller dans les musées, les expos, les concerts et lire », elle annonce surtout en premier qu’elle « adore les sports de montagne ». Du ski au snowboard en passant par la randonnée et la course. Un écho à une fibre verte qu’elle met en avant dans sa campagne. Et qui ne semble pas répondre à un effet de mode.

L’avenir dira comment la jeune femme, qui va démissionner de son job dans le privé pour se consacrer à temps plein à son mandat de député, fera entendre sa voix au sein de la majorité, dans un hémicycle où la pression de la gauche écologiste sera forte.

Louise Morel est dorénavant membre de la commission des affaires économiques.

Pour mieux la connaître retrouvez la:

  • dans son clip de campagne :

                                      https://www.youtube.com/watch?v=l1823t4vihw 

  • Et en route vers l’Assemblée Nationale

https://www.facebook.com/F3Alsace/videos/louise-morel-plus-jeune-d%C3%A9put%C3%A9e-dalsace/563985515353114/

 

Les Alumni du Gymnase félicitent Louise pour son brillant parcours et lui souhaitent de pouvoir porter le plus loin possible les convictions qui l’animent.

Valentin Kieffer (bac 2010) : les langues ouvrent les portes du monde

 Valentin revient sur ses années de formation, avec l’expérience de son parcours : s’il souligne combien il importe d’acquérir un solide bagage en langues dès le lycée, grâce aussi aux échanges, il pointe aussi les différentes facettes du métier d’ingénieur selon le type d’entreprise. Il insiste par ailleurs sur l’intérêt de diversifier sa formation pour bénéficier d’un choix professionnel supérieur à côté d’un enrichissement de son bagage personnel.

 Quelle a été votre formation initiale ?

 J’ai absolument adoré ma scolarité au Gymnase : elle a été, avec ma dernière année de master, la période la plus heureuse de ma scolarité. La composition de ma classe est restée peu ou prou la même de la seconde à la terminale, probablement du fait que mes camarades et moi suivions tous les mêmes options (anglais & allemand renforcés, espagnol, latin etc.). Cela a créé un solide groupe d’amis qui ont tout vécu en commun pendant trois ans : non seulement le quotidien des cours au Gymnase, mais aussi les nombreux voyages scolaires, les soirées organisées par l’un ou l’autre qui ressemblaient à des repas de classe… quel bonheur !

 Pour moi qui me considérais plutôt comme scientifique et qui n’avais jamais éprouvé de réel intérêt pour les autres disciplines plus littéraires, la rencontre de professeurs de français et d’histoire exceptionnels au Gymnase a été très importante pour mon parcours personnel. Je pense à Monsieur Peter (français, en 1ère) et Madame Sadowski (histoire, en terminale), avec qui j’ai par exemple découvert la pensée des Lumières ou encore les mécanismes conduisant à des guerres et mille autres choses essentielles à la compréhension de notre société. Je suis très reconnaissant pour ces apports, grâce auxquels j’ai développé un vif intérêt pour les sciences sociales. Au point que, malgré mes études post-bac scientifiques et mon métier essentiellement technique, je m’intéresse actuellement bien plus à l’histoire, à la politique et aux questions sociales qu’à la science et à la technologie.

 Le Gymnase donne à ses élèves les moyens de s’ouvrir au monde et d’atteindre un très bon niveau en langues étrangères, ce qui m’a grandement servi dans ma trajectoire professionnelle. Les 5 heures d’allemand et 5 heures d’anglais hebdomadaires m’ont permis de faire des langues un atout qui m’a avantagé lors des concours des grandes écoles d’ingénieurs, puis dans ma candidature à un master dans une université anglaise, et enfin dans ma recherche de travail puisque je travaille en Suisse allemande et que mon métier nécessite également une bonne maîtrise de la langue anglaise. Les échanges organisés avec des lycéens étrangers (à Chicago en 2nde puis à Londres en 1ère et en Terminale) permettant une immersion totale chez des locuteurs anglais ont été extrêmement bénéfiques ; je dirais qu’une journée sur place vaut une semaine de cours de langue !

 
La seule chose que j’aurais aimé trouver plus au Gymnase, c’est encore plus d’opportunités d’échanges avec des jeunes à l’étranger. Bien-sûr, l’organisation d’échanges et de voyages est lourde pour les professeurs et il serait déraisonnable d’attendre d’eux qu’ils en organisent plusieurs par an. On pourrait toutefois imaginer que le Gymnase donne un coup de pouce aux élèves souhaitant encore plus d’échanges en facilitant la mise en relation avec des jeunes à l’étranger. Par exemple, des élèves prêts à partir en échange et à accueillir en retour un jeune étranger pourraient en informer le Gymnase, qui relaierait l’offre dans un lycée étranger avec lequel il entretient des contacts. Ceci permettrait à des jeunes désireux d’échanger d’être mis en relation, charge à eux ensuite de financer et d’organiser eux-mêmes leur voyage sur leurs vacances scolaires.

 Et après le Gymnase ?

 Mon parcours dans les grandes lignes :- 2 années de classe préparatoire scientifique au lycée Kléber de Strasbourg ;


- 2 années à l’École Centrale de Marseille (formation d’ingénieur généraliste) ;

- 1 an en double diplôme à l’Imperial College de Londres (spécialisation en sciences des matériaux et
biomatériaux).

J’ai obtenu à l’issue de ces 5 ans d’études simultanément le diplôme d’ingénieur de l’École Centrale et un Master of Sceince (MSc) de l’Imperial College London.

 Au début de mes études, mon objectif était de devenir ingénieur, sans savoir précisément dans quel domaine. J’imaginais que le métier d’ingénieur mêlait réflexion théorique et tâches pratiques (essais en laboratoire, dans l’usine ou sur le terrain) et cela m’attirait beaucoup. Au cours de mes études et des stages que j’ai effectués en entreprise, j’ai découvert qu’en réalité, ces deux aspects (théorie/pratique) étaient souvent divisés en deux métiers bien distincts : aux ingénieurs la réflexion théorique pour innover, développer des protocoles expérimentaux et interpréter les résultats et aux techniciens l’exécution de toutes les tâches pratiques selon les consignes des ingénieurs. Cette dichotomie (réfléchir sans faire ou faire sans réfléchir) m’a déçu et m’a poussé à chercher une alternative au métier classique d’ingénieur.

J’ai trouvé cette alternative par hasard, lors d’un forum des carrières dans mon université anglaise : le domaine des brevets, qui mêle les aspects technique et juridique. Je travaille actuellement en tant que


conseil en brevets en profession libérale dans un cabinet de conseil en propriété intellectuelle. Concrètement, les entreprises qui innovent font appel à nos services pour rédiger, déposer et défendre leurs brevets. J’apprécie mêler les aspects technique et juridique ainsi que la variété des inventions sur lesquelles je travaille, nos clients étant actifs dans des domaines techniques très différents.

 Je souhaite préciser qu’au cours de mes études, j’ai effectué tous mes stages dans de grandes entreprises du secteur aéronautique et naval car j’étais attiré par leur prestige. Je pense que la stricte division des tâches que j’y ai constatée est le résultat de l’extrême rationalisation du travail et de l’optimisation poussée de la main d’œuvre qui caractérise toutes les grandes structures : à chacun ses compétences et donc sa tâche bien définie. J’ai découvert entre temps que la situation est très différente dans les PME, où les ingénieurs sont moins nombreux, plus précieux et multi-tâches, mêlant effectivement la réflexion théorique et les tâches pratiques. Le métier d’ingénieur me paraît donc plus épanouissant lorsqu’il est exercé au sein d’une PME.

 Quels conseils pourriez-vous donner ?

 a) Pour ceux qui souhaitent s’engager dans des voies compétitives, misez sur les langues! La bonne maîtrise d’une ou plusieurs langues étrangères est une compétence qui est évaluée très fréquemment, aussi bien au cours des études que dans le monde professionnel. Avoir un bon niveau de langue procure un avantage comparatif et augmente les chances de réussite au concours, d’intégrer des formations sélectives et ouvre des opportunités professionnelles. Par exemple, les concours des écoles d’ingénieurs et des écoles de commerce comportent tous des épreuves dans une ou deux langues étrangères qui sont l’occasion de grappiller des points. L’obtention du diplôme d’ingénieur est soumise au passage d’une certification de niveau d’anglais et à un séjour d’au moins 6 mois à l’étranger. Intégrer une université étrangère pour y suivre une formation nécessite souvent le passage d’une certification de niveau dans la langue concernée. Lors de la rédaction du mémoire de master ou d’une thèse de doctorat, il est nécessaire de lire un grand nombre d’articles universitaires souvent écrits en anglais. Enfin, l’Alsace est une zone frontalière avec deux pays germanophones très dynamiques économiquement et gros pourvoyeurs d’emplois pour les alsaciens, il serait dommage de se priver des opportunités professionnelles qu’ils offrent à cause d’un mauvais niveau d’allemand !

 b) Misez sur les langues au lycée ! Les études post-bac sont très centrées sur le domaine que l’on choisit d’étudier et n’accordent que très peu d’importance à tout le reste. C’est particulièrement le cas des langues, qui sont négligées dans le parcours de formation des ingénieurs. Ce n’est évidemment pas en classe préparatoire que l’on progressera en langues, tout l’effort étant focalisé sur les matières scientifiques, et en école d’ingénieurs, le volume horaire dévolu aux langues n’est que symbolique. Pourtant, la maîtrise des langues vivantes reste un critère de sélection important. Concrètement, le niveau des cours d’anglais et d’allemand que j’ai suivis en Terminale au Gymnase dépasse de loin le niveau de tous les cours de langue auxquels j’ai assisté au cours de mes études post-bac et j’ai été très avantagé par mes acquis du lycée.

 
c) Diversifiez votre formation ! Choisissez les études qui vous plaisent (droit, médecine, commerce, sciences, sport, lettres…) puis saisissez toutes les opportunités qui se présentent pour obtenir une formation complémentaire dans un autre domaine. Votre profil sera alors très recherché dans les milieux se situant à l’interface entre les deux domaines que vous avez choisis. Ce sont souvent de petits milieux de niche offrant un travail intéressant et bien rémunéré. Par exemple, une amie du lycée a suivi ses études de pharmacie avec une formation complémentaire en droit, et travaille maintenant dans le milieu du droit pharmaceutique. Moi-même, j’ai une formation d’ingénieur avec une formation complémentaire en droit et je travaille dans le domaine des brevets. Une autre voie plus connue est de compléter une formation d’ingénieur par une formation en management et finance (par exemple MBA) pour prétendre à des postes de direction dans des grandes entreprises.


 Et pour des poursuites de parcours dans un pays autre que la France ?

 À l’issue de mes études, je souhaitais trouver mon premier travail et habiter à l’étranger, car j’aime beaucoup évoluer dans une langue et dans un environnement différents de ce que je connais. Comme je ne souhaitais tout-de-même pas trop m’éloigner de ma famille en Alsace, j’ai cherché un emploi en Allemagne et en Suisse. Je travaille depuis en Suisse et j’en suis très content, entre autres pour la rémunération qui est nettement plus élevée que celle que je pourrais toucher en France. Travailler en Suisse est une excellente opportunité que je recommande à tous ceux qui sont tentés par l’expérience. Attention toutefois au revers de la médaille, si l’on habite en France et que l’on se rend en Suisse quotidiennement : les trajets peuvent être longs et si l’on souhaite les écourter en se relocalisant près de la frontière, les prix de l’immobilier y sont extrêmement élevés du fait de la forte proportion de frontaliers.

 

jeudi 2 juin 2022

Paroles croisées d'anciens élèves et amis à Ralph Boetzlé …


Bonjour,

J'ai appris avec beaucoup de tristesse le départ de Ralph Boetzlé, le professeur qui a le plus marqué mon parcours de lycéenne au Gymnase Jean Sturm.

R. Boetzlé était bien plus qu'un professeur d'allemand. Il a eu cœur de nous faire découvrir certains des plus beaux textes et poèmes de la littérature germanophone, mais nous aussi beaucoup fait réfléchir et développer notre esprit critique. Je lui suis profondément reconnaissante pour son enthousiasme et la passion des auteurs germanophones qu'il nous a fait découvrir et partager.

J'ai eu le plaisir, il y a quelques années, de "retrouver" Ralph Boetzlé sur LinkedIn et pouvoir lui témoigner (un peu, sûrement insuffisamment) mon  meilleur souvenir et ma profonde reconnaissance.

Ilona S. - Promotion  Bac 1985


Vielen Dank M. Boetzlé

En allemand, M. Boetzlé ne nous a finalement guère appris qu’un mot : denken.

Eric S. - Promotion Bac 1977


M Ralph Boetzle, professeur extraordinaire

 Quelle triste nouvelle ! J'ai eu la chance d'être son élève de 1978 à 1985, de la 6e à la Terminale. Il avait accepté de conserver peu ou prou le même groupe, sous sa férule exigeante mais toujours bienveillante et certaines amitiés nouées durant ces années sont intactes,  toujours aussi fortes 40 ans plus tard. 

Il nous a enseigné l'allemand, bien sûr, avec rigueur et passion mais bien plus encore: l'histoire, la géographie, la culture des pays de langue allemande, leur littérature et leur philosophie. Faust, qu'il nous a fait découvrir, reste l'œuvre qui m'a marqué le plus profondément. Il transmettait le meilleur des traditions et valeurs humanistes qui font partie du socle d'excellence de notre Gymnase. Dans sa classe, on pouvait parler de tout.

M Boetzle connaissait nos forces et aussi toutes nos faiblesses. Il prenait le temps de s'intéresser à nos personnalités, nos centres d'intérêt et savait trouver des ressorts de motivation que nous ne devinions pas nous-mêmes pour nous faire progresser. J'étais paresseux, dilettante, dissipé et souvent mal dans ma peau. Il comprenait tout cela car comme il aimait à nous le répéter: <<j'ai été élève avant vous>> . Aucune de nos ruses ou astuces ne lui était inconnue. En étudiant avec lui, la motivation et le désir de bien faire étaient naturels. Je ne les ai jamais ressentis comme des pensums.

Pour ma part, je lui dois énormément puisque ma bonne maîtrise de l'allemand a été un facteur important pour décrocher mes premiers emplois.

J'ai eu le plaisir de le revoir lors de quelques carrefours-carrières et d'échanger par e-mail avec lui il y a quelques années. Laborieusement, j'ai écrit le message en allemand (que je n'ai plus l'occasion de pratiquer) en commettant sûrement plusieurs fautes. Avec sa gentillesse et sa subtilité coutumières. il ne les a pas relevées. Au contraire, il m'a invité à une visite du nouveau Gymnase lors d'un prochain passage à Strasbourg. On sentait dans ses lignes la fierté du travail accompli et l'enthousiasme suscité par les progrès et transformations de l'institution à laquelle il a consacré énormément de temps et d'énergie. Je regrette beaucoup que ce joli projet de visite ne puisse se réaliser. L'expatriation a aussi ses coûts et ses revers.

Je n'ai pas eu la chance de connaitre sa famille; qu'il me soit permis d'exprimer ici mes très sincères condoléances et ma vive sympathie a sa femme et ses fils.

Reposez en paix, cher Professeur (c'est plus sympa que Herr Professor, un peu trop rigide à mon oreille). La gratitude et le respect de vos élèves ne sont pas près de s'éteindre.

David B. - Promotion Bac 1985

J’ai eu la chance d’avoir M. Boetzlé comme professeur d’allemand, en classe dialectophone. Pour moi, c’est le meilleur professeur que j’aie jamais eu, toutes disciplines confondues.

Je me souviens encore avec précision des outils mnémotechniques qu’il avait inventés, pour nous rendre plus aisée la tâche d’apprendre la grammaire allemande qui est réputée si difficile: le « RESE, NESE, MRMNN….. ».

Je me souviens aussi de la « Clé » qu’il avait dessinée, pour nous expliquer la fin de certains mots en « n » ou « en ».

M. Boetzlé était un formidable pédagogue, il y mettait toute son énergie, toute sa passion, et je lui suis infiniment reconnaissante pour tout le savoir qu’il a transmis à ses élèves. Il avait aussi contribué à la rédaction de notre manuel d’allemand « Rolf und Gisela ».

Je me souviens aussi d’un poème de Hans Magnus Enzensberger, intitulé « Freizeit » qu’il nous avait enseigné, et qui m’est resté en mémoire :

« Rasenmäher, sonntag
der die sekunden köpft
und das gras.

Gras wächst
über das tote gras
das über die toten gewachsen ist.

Wer das hören könnt!

Der mäher dröhnt,
überdröhnt
das schreiende gras.

Die freizeit mästet sich.
wir beißen geduldig
ins frische gras”.

M. Boetzlé nous avait expliqué le sens caché derrière ces paroles, le poids de l’histoire, du sens de la culpabilité du peuple allemand après la 2è guerre mondiale. Ses cours étaient très intéressants.

Je vous serais reconnaissante de bien vouloir transmettre mes condoléances les plus sincères à son épouse et à ses deux fils. Je me souviens encore lorsqu’ils sont nés, nous l’avions félicité en classe, il était si heureux…

Avec mon souvenir ému,

Stefania A.-K. - Promotion Bac 1992


Bonjour 

Beaucoup de souvenirs et d'émotions avec le départ de Ralph. Si j'avais des nouvelles régulières, au début par Maman puis par Martine Altschuh j'ai partagé beaucoup de moments forts de ma vie avec lui, que ce soit au Gymnase ou à Bachat Bouloud dans les colonies de vacances qu'il dirigeait et où j'étais monitrice.

Mais le moment marquant que je souhaite partager c'est celui de l'échange qu'il a organisé entre le Gymnase et le lycée d'Heikendorf/ Schleswig Holstein en 1978.

44 ans plus tard j’y vais toujours régulièrement, Svea est devenue ma meilleure amie, elle est professeure de français dans un lycée et à son tour organise des échanges linguistiques, consciente de la richesse qu'ils apportent. Une très grande amitié ......grâce à Ralph qui avait composé les "binômes".

Résidant à l'étranger, et ne pouvant venir ce jour,  je vais écrire à Frédérique et ses enfants, mais cette partie de vie de Ralph est une de ses petites graines qu'il a plantée comme professeur d'allemand au gymnase et qui grandit toujours que je voulais partager.

En pensée avec vous ce jour, 

Avec mes meilleures pensées.

Anne-Catherine R. - Promotion Bac 1982

  Nous sommes les parents de Aurore B., une « ancienne de Sturm »…c’est avec une grand émotion que nous apprenons le départ de Monsieur BOETZLE qui avait si bien su nous accompagner lors de l’inscription de notre fille dans cet établissement prestigieux…. Toujours présent, toujours disponible… c’est grâce à lui aussi  que notre fille est devenue une belle personne, et médecin apprécié de ses supérieurs et de ses patients…..merci pour tout

 Très sincères condoléances à sa famille….

Parents d’Aurore B. - Promotion Bac 2007


Ralph, mon ami Ralph,

Toi aussi, tu t'en es allé danser avec les étoiles. Tu t'es réveillé du rêve de la vie pour entrer dans le domaine des certitudes absolues, comme le dit si bien le poète.

Nous sommes arrivés ensemble au Gymnase en 1974. Un an plus tard, c'est Frédérique qui est venue , que tu allais épouser, avant d'avoir avec elle deux beaux enfants, Pierre et Thomas. 

Tout en rappelant l'infinie tristesse de ton départ, je veux leur souhaiter beaucoup de force et de patience comme de trouver le réconfort dans le souvenir inépuisable de l'homme de bien que tu es, que tu as été. 

Pour moi, cela a été une grande chance de faire la connaissance d'une personne avec laquelle il a été possible d'avoir de grandes et belles discussion portant sur la vie, l'enseignement, l'histoire, la culture, la politique, la pédagogie , le sport . Ensemble, nous avons organisé et mené de nombreux voyages scolaires à Florence, à Venise, à Grenade, Séville et Cordoue. A chaque fois, c'était l'occasion de voir que derrière l'homme de bien, de culture, il y avait aussi et surtout l'humain, qui appréciait ses semblables et diffusait la chaleur de l'amitié. J'ai aussi découvert très rapidement le remarquable pédagogue dans sa discipline, l'allemand, à la fois passionnant pour ses élèves par son dynamisme et incroyablement efficace . 

Moi qui étais rétif à la langue allemande, à cause de l'histoire du nazisme (comment une immense culture n'a-t-elle pu empêcher une aussi sombre et tragique barbarie ?), j'ai découvert grâce à toi et surtout grâce à ta merveilleuse diction de l'allemand, la musicalité et la poésie mélodique de cette langue, qui pour moi, spectateur de films, avait fini par devenir une langue qui s'aboie dans la bouche de la soldatesque nazie ("Streng verboten !"). Une langue dont la riche culture avait été confisquée par la monstruosité nazie, redevenait, en t'écoutant parler allemand, la langue de la finesse et de tous les possibles, langue bienveillante pour l'humanité. Le simple souvenir de toutes les larges fenêtres que tu as su ouvrir à tes élèves et à tes amis ne pourra assurément pas s'effacer ni avec ton départ, ni avec le temps.

Repose en paix, l'ami. Nous avons eu la chance de croiser ton chemin, ta présence, ton humanité, et cela rien ni personne ne pourra nous l'enlever bien que nous pleurions une étoile qui a filé. 

Faruk G. - Promotion Bac 1967


Témoignage partagé de Jean-Claude Graeff et Jean Pierre Perrin

Temple Neuf – 23 mai 2022

[JPP]

Mon cher Ralph,

Oui, je sais, à nous voir arriver tous les deux, Jean-Claude et moi, et nous adresser ainsi à toi, j’imagine ton sourire un peu ironique et la malice qui se glisse dans tes yeux : « qu’est-ce qu’il vont encore me demander ? »

Il est vrai que tu as été beaucoup sollicité, en bien des domaines, et que ta réponse a été généreuse, après les protestations d’usage auxquelles nous étions habitués. 

[JCG]

Tu as commencé par être ce germaniste reconnu dans l'équipe de l'Inspecteur Georges HOLDERITH qui dans les années 70 a révolutionné l'enseignement de l’allemand pour les enfants dialectophones d'abord ... puis les autres. Il se dit même que ton prénom a servi, un peu modifié, à un des personnages emblématiques (Rolf) de la méthode

     Pédagogue dynamique, tu as animé des sessions de formation pendant des années. C'est d'ailleurs dans ce contexte que je t'ai connu avant de travailler ensemble sous la houlette de l'Inspectrice pédagogique régionale Marlène DESBORDES. Et c'est toi qui m'a sollicité pour venir au Gymnase et c'est grâce à notre proximité que j'ai répondu positivement

[JPP]

Je ne t’ai pas connu comme enseignant. Mais, au risque de brusquer ta modestie, j’ai été frappé par ce qui se passait lors des journées portes ouvertes. Nous savions que lorsque tu étais présent sur le stand des anciens élèves, la fréquentation était assurée. Non pour l’affichage de nos informations, mais tes anciens élèves, ravis de te revoir, affluaient auprès de toi.

[JCG]

Tu as été le magicien des "zetteler"-comme tu disais, ces petits cartons de toutes les couleurs qui te servaient pour la confection des emplois du temps dans ton bureau de Proviseur-adjoint qui deviendra le mien lorsque tu as migré dans celui de Proviseur.

     Durant cette année de service, tu t’es attaché à écouter tous les personnels dans le but de pacifier l'ambiance et de ramener la sérénité... Et je crois sincèrement que tu y a réussi !

[JPP]

Effectivement, lorsque le Gymnase a traversé une période plus délicate, au début de ce XXIème siècle, tu es celui qui a su maintenir le cap, agit sans relâche pour préserver la cohérence de la communauté éducative. Par ton intelligence de la situation et ton souci de l’intérêt collectif tu as fortement contribué à la création du nouvel ensemble scolaire, acceptant d’assumer la direction du Gymnase Jean Sturm en 2002-2003.

[JCG]

Puis tu as partagé avec nous toutes les étapes de la création du Pôle Jan Amos Comenius( futur Gymnase - Lucie Berger & Jean Sturm). En compagnon de route, tu as participé après ton départ à la retraite et pendant plusieurs années aux réunions de l'équipe de direction du lundi après-midi et tu y as même rempli la fonction de secrétaire

[JPP]

Par ailleurs tu as aussi accepté de présider le Foyer Socio-Educatif de l’ensemble scolaire jusqu’en novembre 2010.

Ton dévouement t’a conduit à accepter, dans l’urgence, de remplacer le directeur défaillant du Collège Cévenol au Chambon sur Lignon en 2008. Il fallait un courage certain.

Nous ne saurons dire assez combien tes conseils, ton regard distancié et lucide, ton expérience et ton humour nous ont été précieux. En toute discrétion, comme d’habitude.

 Et après cette 2eme retraite, tu as accepté de continuer notre compagnonnage au sein de l’association des anciens et amis du Gymnase, fidèle jusqu’à une date récente aux réunions dans des locaux que tu connaissais si bien. Tu en as été la mémoire vivante par ta connaissance de tant d’élèves.

 Merci à toi, Ralph, pour tout ce que tu as donné, avec une exigence constante et une modestie peu fréquente. Nous associons ton épouse Frédérique à nos remerciements : nous l’avons souvent privée de ta présence.

[JCG]

Tu fus notre ami .... même si nous nous étions un peu perdus de vue (la vie des retraités n'est pas un long fleuve tranquille !!!),  nous nous savons liés par une communauté de valeurs et de vie .

 Mais même si tu n'es plus parmi nous aujourd'hui, ce lien n'est pas coupé !

[JPP]

Au revoir Ralph, tu resteras présent dans nos mémoires tant par ton esprit que ton regard sur notre monde.

mercredi 1 juin 2022

Bertrand Perret (bac 1987), coach globe-trotter

 

Après une scolarité presque complète au Gymnase (11ème à la Terminale de 1973 à 1987) et une formation au CREPS, Bertrand Perret forge son métier au TC Lingolsheim, de 1991 à 2011. Il y lance Paul-Henri Mathieu. Après un tour par l’ISP Tennis Academy, de Sophia Antipolis, dans le sud de la France, il rejoint Moscou pour coacher un jeune espoir russe, Gregory Mamourin.

C’est le top départ de son tour du monde.

Depuis plus de dix ans, Bertrand Perret (54 ans), né à Strasbourg et citoyen de Bischheim, vit ce nomadisme de la petite balle jaune, rythmé par les

contrats qui se concluent et qui se rompent au gré des humeurs et des résultats du champion ou de la championne qu’il entraîne.

Sur le circuit WTA qui quadrille la planète, beaucoup de joueuses ne voyagent pas seules. Maman, papa, sœur, frère, époux, petit ami, agent, animal de compagnie sont dans les parages. Et il y a l’entraîneur pour celles qui ont les moyens de s’en payer un.

Il a travaillé aux côtés de joueuses pas, peu ou très connues. Il y a eu la Mexicaine Renata Zarazua mais aussi et surtout la Chinoise Shuai Peng – dont la carrière professionnelle a pris fin suite à ses accusations contre des officiels chinois et leur écho mondial - et la Tunisienne Ons Jabeur, l’une des grandes joueuses du moment sur le circuit WTA.

 « On a la même vision du jeu »

Fin janvier 2020, Jabeur met fin à leur collaboration. Deux mois plus tard, la planète se confine et Bertrand Perret est à l’arrêt. Quand le tennis redémarre, l’Alsacien doit éviter le pire : rester dans l’ombre. « Les gens peuvent t’oublier facilement, il faut faire savoir que tu es disponible. »

En attendant, il fait des piges à gauche, à droite. Assiste une Chinoise dont le coach est bloqué au pays, rejoint le Marocain Elliot Benchetrit puis remet l’Allemande Tatjana Maria en selle après la naissance de sa deuxième fille dont il est le parrain. Ces lignes s’ajoutent à son CV déjà bien garni et ce sont sans doute elles qui lui ouvrent les portes d’une nouvelle expérience.

« En septembre (2021), Louis-Paul (le père et ex-coach de Caroline Garcia) m’a téléphoné », raconte-t-il. « On discute, on se connaissait, on a la même vision du jeu de “Caro’’ ». Quelques semaines plus tard, Perret devient le nouvel entraîneur de la Lyonnaise. Un joli coup du destin.

 « Je pense que j’ai été choisi parce qu’on était sur la même longueur d’ondes », avance le Bischheimois. « Caroline est une attaquante, l’idée est de la remettre dans ce chemin. On est synchro là-dessus. Là, elle revient de blessure, alors il faut s’adapter. Quand sa direction de jeu sera retrouvée, les résultats suivront. »

Son expérience lui permet d’être clairvoyant. Avoir parcouru la planète tennis lui a donné une fine connaissance des mentalités et des cultures. Il sait que les Chinoises sont des travailleuses forcenées, que les Russes sont des combattantes dures au mal, que les Latines sont davantage dans les sensations et dans l’affirmation de leur personnalité.

« Caroline a encore besoin de quelques jours », explique-t-il à propos du retrait de sa protégée des IS. « C’est vrai qu’on arrive à Roland-Garros sans repères. On verra bien… » On parie qu’avec Perret à son chevet, Garcia ne tardera pas à refaire des étincelles.

 Extraits de l’article de Christophe SCHNEPP pour les DNA du 16 mai 2022