jeudi 2 juin 2022

Paroles croisées d'anciens élèves et amis à Ralph Boetzlé …


Bonjour,

J'ai appris avec beaucoup de tristesse le départ de Ralph Boetzlé, le professeur qui a le plus marqué mon parcours de lycéenne au Gymnase Jean Sturm.

R. Boetzlé était bien plus qu'un professeur d'allemand. Il a eu cœur de nous faire découvrir certains des plus beaux textes et poèmes de la littérature germanophone, mais nous aussi beaucoup fait réfléchir et développer notre esprit critique. Je lui suis profondément reconnaissante pour son enthousiasme et la passion des auteurs germanophones qu'il nous a fait découvrir et partager.

J'ai eu le plaisir, il y a quelques années, de "retrouver" Ralph Boetzlé sur LinkedIn et pouvoir lui témoigner (un peu, sûrement insuffisamment) mon  meilleur souvenir et ma profonde reconnaissance.

Ilona S. - Promotion  Bac 1985


Vielen Dank M. Boetzlé

En allemand, M. Boetzlé ne nous a finalement guère appris qu’un mot : denken.

Eric S. - Promotion Bac 1977


M Ralph Boetzle, professeur extraordinaire

 Quelle triste nouvelle ! J'ai eu la chance d'être son élève de 1978 à 1985, de la 6e à la Terminale. Il avait accepté de conserver peu ou prou le même groupe, sous sa férule exigeante mais toujours bienveillante et certaines amitiés nouées durant ces années sont intactes,  toujours aussi fortes 40 ans plus tard. 

Il nous a enseigné l'allemand, bien sûr, avec rigueur et passion mais bien plus encore: l'histoire, la géographie, la culture des pays de langue allemande, leur littérature et leur philosophie. Faust, qu'il nous a fait découvrir, reste l'œuvre qui m'a marqué le plus profondément. Il transmettait le meilleur des traditions et valeurs humanistes qui font partie du socle d'excellence de notre Gymnase. Dans sa classe, on pouvait parler de tout.

M Boetzle connaissait nos forces et aussi toutes nos faiblesses. Il prenait le temps de s'intéresser à nos personnalités, nos centres d'intérêt et savait trouver des ressorts de motivation que nous ne devinions pas nous-mêmes pour nous faire progresser. J'étais paresseux, dilettante, dissipé et souvent mal dans ma peau. Il comprenait tout cela car comme il aimait à nous le répéter: <<j'ai été élève avant vous>> . Aucune de nos ruses ou astuces ne lui était inconnue. En étudiant avec lui, la motivation et le désir de bien faire étaient naturels. Je ne les ai jamais ressentis comme des pensums.

Pour ma part, je lui dois énormément puisque ma bonne maîtrise de l'allemand a été un facteur important pour décrocher mes premiers emplois.

J'ai eu le plaisir de le revoir lors de quelques carrefours-carrières et d'échanger par e-mail avec lui il y a quelques années. Laborieusement, j'ai écrit le message en allemand (que je n'ai plus l'occasion de pratiquer) en commettant sûrement plusieurs fautes. Avec sa gentillesse et sa subtilité coutumières. il ne les a pas relevées. Au contraire, il m'a invité à une visite du nouveau Gymnase lors d'un prochain passage à Strasbourg. On sentait dans ses lignes la fierté du travail accompli et l'enthousiasme suscité par les progrès et transformations de l'institution à laquelle il a consacré énormément de temps et d'énergie. Je regrette beaucoup que ce joli projet de visite ne puisse se réaliser. L'expatriation a aussi ses coûts et ses revers.

Je n'ai pas eu la chance de connaitre sa famille; qu'il me soit permis d'exprimer ici mes très sincères condoléances et ma vive sympathie a sa femme et ses fils.

Reposez en paix, cher Professeur (c'est plus sympa que Herr Professor, un peu trop rigide à mon oreille). La gratitude et le respect de vos élèves ne sont pas près de s'éteindre.

David B. - Promotion Bac 1985

J’ai eu la chance d’avoir M. Boetzlé comme professeur d’allemand, en classe dialectophone. Pour moi, c’est le meilleur professeur que j’aie jamais eu, toutes disciplines confondues.

Je me souviens encore avec précision des outils mnémotechniques qu’il avait inventés, pour nous rendre plus aisée la tâche d’apprendre la grammaire allemande qui est réputée si difficile: le « RESE, NESE, MRMNN….. ».

Je me souviens aussi de la « Clé » qu’il avait dessinée, pour nous expliquer la fin de certains mots en « n » ou « en ».

M. Boetzlé était un formidable pédagogue, il y mettait toute son énergie, toute sa passion, et je lui suis infiniment reconnaissante pour tout le savoir qu’il a transmis à ses élèves. Il avait aussi contribué à la rédaction de notre manuel d’allemand « Rolf und Gisela ».

Je me souviens aussi d’un poème de Hans Magnus Enzensberger, intitulé « Freizeit » qu’il nous avait enseigné, et qui m’est resté en mémoire :

« Rasenmäher, sonntag
der die sekunden köpft
und das gras.

Gras wächst
über das tote gras
das über die toten gewachsen ist.

Wer das hören könnt!

Der mäher dröhnt,
überdröhnt
das schreiende gras.

Die freizeit mästet sich.
wir beißen geduldig
ins frische gras”.

M. Boetzlé nous avait expliqué le sens caché derrière ces paroles, le poids de l’histoire, du sens de la culpabilité du peuple allemand après la 2è guerre mondiale. Ses cours étaient très intéressants.

Je vous serais reconnaissante de bien vouloir transmettre mes condoléances les plus sincères à son épouse et à ses deux fils. Je me souviens encore lorsqu’ils sont nés, nous l’avions félicité en classe, il était si heureux…

Avec mon souvenir ému,

Stefania A.-K. - Promotion Bac 1992


Bonjour 

Beaucoup de souvenirs et d'émotions avec le départ de Ralph. Si j'avais des nouvelles régulières, au début par Maman puis par Martine Altschuh j'ai partagé beaucoup de moments forts de ma vie avec lui, que ce soit au Gymnase ou à Bachat Bouloud dans les colonies de vacances qu'il dirigeait et où j'étais monitrice.

Mais le moment marquant que je souhaite partager c'est celui de l'échange qu'il a organisé entre le Gymnase et le lycée d'Heikendorf/ Schleswig Holstein en 1978.

44 ans plus tard j’y vais toujours régulièrement, Svea est devenue ma meilleure amie, elle est professeure de français dans un lycée et à son tour organise des échanges linguistiques, consciente de la richesse qu'ils apportent. Une très grande amitié ......grâce à Ralph qui avait composé les "binômes".

Résidant à l'étranger, et ne pouvant venir ce jour,  je vais écrire à Frédérique et ses enfants, mais cette partie de vie de Ralph est une de ses petites graines qu'il a plantée comme professeur d'allemand au gymnase et qui grandit toujours que je voulais partager.

En pensée avec vous ce jour, 

Avec mes meilleures pensées.

Anne-Catherine R. - Promotion Bac 1982

  Nous sommes les parents de Aurore B., une « ancienne de Sturm »…c’est avec une grand émotion que nous apprenons le départ de Monsieur BOETZLE qui avait si bien su nous accompagner lors de l’inscription de notre fille dans cet établissement prestigieux…. Toujours présent, toujours disponible… c’est grâce à lui aussi  que notre fille est devenue une belle personne, et médecin apprécié de ses supérieurs et de ses patients…..merci pour tout

 Très sincères condoléances à sa famille….

Parents d’Aurore B. - Promotion Bac 2007


Ralph, mon ami Ralph,

Toi aussi, tu t'en es allé danser avec les étoiles. Tu t'es réveillé du rêve de la vie pour entrer dans le domaine des certitudes absolues, comme le dit si bien le poète.

Nous sommes arrivés ensemble au Gymnase en 1974. Un an plus tard, c'est Frédérique qui est venue , que tu allais épouser, avant d'avoir avec elle deux beaux enfants, Pierre et Thomas. 

Tout en rappelant l'infinie tristesse de ton départ, je veux leur souhaiter beaucoup de force et de patience comme de trouver le réconfort dans le souvenir inépuisable de l'homme de bien que tu es, que tu as été. 

Pour moi, cela a été une grande chance de faire la connaissance d'une personne avec laquelle il a été possible d'avoir de grandes et belles discussion portant sur la vie, l'enseignement, l'histoire, la culture, la politique, la pédagogie , le sport . Ensemble, nous avons organisé et mené de nombreux voyages scolaires à Florence, à Venise, à Grenade, Séville et Cordoue. A chaque fois, c'était l'occasion de voir que derrière l'homme de bien, de culture, il y avait aussi et surtout l'humain, qui appréciait ses semblables et diffusait la chaleur de l'amitié. J'ai aussi découvert très rapidement le remarquable pédagogue dans sa discipline, l'allemand, à la fois passionnant pour ses élèves par son dynamisme et incroyablement efficace . 

Moi qui étais rétif à la langue allemande, à cause de l'histoire du nazisme (comment une immense culture n'a-t-elle pu empêcher une aussi sombre et tragique barbarie ?), j'ai découvert grâce à toi et surtout grâce à ta merveilleuse diction de l'allemand, la musicalité et la poésie mélodique de cette langue, qui pour moi, spectateur de films, avait fini par devenir une langue qui s'aboie dans la bouche de la soldatesque nazie ("Streng verboten !"). Une langue dont la riche culture avait été confisquée par la monstruosité nazie, redevenait, en t'écoutant parler allemand, la langue de la finesse et de tous les possibles, langue bienveillante pour l'humanité. Le simple souvenir de toutes les larges fenêtres que tu as su ouvrir à tes élèves et à tes amis ne pourra assurément pas s'effacer ni avec ton départ, ni avec le temps.

Repose en paix, l'ami. Nous avons eu la chance de croiser ton chemin, ta présence, ton humanité, et cela rien ni personne ne pourra nous l'enlever bien que nous pleurions une étoile qui a filé. 

Faruk G. - Promotion Bac 1967


Témoignage partagé de Jean-Claude Graeff et Jean Pierre Perrin

Temple Neuf – 23 mai 2022

[JPP]

Mon cher Ralph,

Oui, je sais, à nous voir arriver tous les deux, Jean-Claude et moi, et nous adresser ainsi à toi, j’imagine ton sourire un peu ironique et la malice qui se glisse dans tes yeux : « qu’est-ce qu’il vont encore me demander ? »

Il est vrai que tu as été beaucoup sollicité, en bien des domaines, et que ta réponse a été généreuse, après les protestations d’usage auxquelles nous étions habitués. 

[JCG]

Tu as commencé par être ce germaniste reconnu dans l'équipe de l'Inspecteur Georges HOLDERITH qui dans les années 70 a révolutionné l'enseignement de l’allemand pour les enfants dialectophones d'abord ... puis les autres. Il se dit même que ton prénom a servi, un peu modifié, à un des personnages emblématiques (Rolf) de la méthode

     Pédagogue dynamique, tu as animé des sessions de formation pendant des années. C'est d'ailleurs dans ce contexte que je t'ai connu avant de travailler ensemble sous la houlette de l'Inspectrice pédagogique régionale Marlène DESBORDES. Et c'est toi qui m'a sollicité pour venir au Gymnase et c'est grâce à notre proximité que j'ai répondu positivement

[JPP]

Je ne t’ai pas connu comme enseignant. Mais, au risque de brusquer ta modestie, j’ai été frappé par ce qui se passait lors des journées portes ouvertes. Nous savions que lorsque tu étais présent sur le stand des anciens élèves, la fréquentation était assurée. Non pour l’affichage de nos informations, mais tes anciens élèves, ravis de te revoir, affluaient auprès de toi.

[JCG]

Tu as été le magicien des "zetteler"-comme tu disais, ces petits cartons de toutes les couleurs qui te servaient pour la confection des emplois du temps dans ton bureau de Proviseur-adjoint qui deviendra le mien lorsque tu as migré dans celui de Proviseur.

     Durant cette année de service, tu t’es attaché à écouter tous les personnels dans le but de pacifier l'ambiance et de ramener la sérénité... Et je crois sincèrement que tu y a réussi !

[JPP]

Effectivement, lorsque le Gymnase a traversé une période plus délicate, au début de ce XXIème siècle, tu es celui qui a su maintenir le cap, agit sans relâche pour préserver la cohérence de la communauté éducative. Par ton intelligence de la situation et ton souci de l’intérêt collectif tu as fortement contribué à la création du nouvel ensemble scolaire, acceptant d’assumer la direction du Gymnase Jean Sturm en 2002-2003.

[JCG]

Puis tu as partagé avec nous toutes les étapes de la création du Pôle Jan Amos Comenius( futur Gymnase - Lucie Berger & Jean Sturm). En compagnon de route, tu as participé après ton départ à la retraite et pendant plusieurs années aux réunions de l'équipe de direction du lundi après-midi et tu y as même rempli la fonction de secrétaire

[JPP]

Par ailleurs tu as aussi accepté de présider le Foyer Socio-Educatif de l’ensemble scolaire jusqu’en novembre 2010.

Ton dévouement t’a conduit à accepter, dans l’urgence, de remplacer le directeur défaillant du Collège Cévenol au Chambon sur Lignon en 2008. Il fallait un courage certain.

Nous ne saurons dire assez combien tes conseils, ton regard distancié et lucide, ton expérience et ton humour nous ont été précieux. En toute discrétion, comme d’habitude.

 Et après cette 2eme retraite, tu as accepté de continuer notre compagnonnage au sein de l’association des anciens et amis du Gymnase, fidèle jusqu’à une date récente aux réunions dans des locaux que tu connaissais si bien. Tu en as été la mémoire vivante par ta connaissance de tant d’élèves.

 Merci à toi, Ralph, pour tout ce que tu as donné, avec une exigence constante et une modestie peu fréquente. Nous associons ton épouse Frédérique à nos remerciements : nous l’avons souvent privée de ta présence.

[JCG]

Tu fus notre ami .... même si nous nous étions un peu perdus de vue (la vie des retraités n'est pas un long fleuve tranquille !!!),  nous nous savons liés par une communauté de valeurs et de vie .

 Mais même si tu n'es plus parmi nous aujourd'hui, ce lien n'est pas coupé !

[JPP]

Au revoir Ralph, tu resteras présent dans nos mémoires tant par ton esprit que ton regard sur notre monde.

mercredi 1 juin 2022

Bertrand Perret (bac 1987), coach globe-trotter

 

Après une scolarité presque complète au Gymnase (11ème à la Terminale de 1973 à 1987) et une formation au CREPS, Bertrand Perret forge son métier au TC Lingolsheim, de 1991 à 2011. Il y lance Paul-Henri Mathieu. Après un tour par l’ISP Tennis Academy, de Sophia Antipolis, dans le sud de la France, il rejoint Moscou pour coacher un jeune espoir russe, Gregory Mamourin.

C’est le top départ de son tour du monde.

Depuis plus de dix ans, Bertrand Perret (54 ans), né à Strasbourg et citoyen de Bischheim, vit ce nomadisme de la petite balle jaune, rythmé par les

contrats qui se concluent et qui se rompent au gré des humeurs et des résultats du champion ou de la championne qu’il entraîne.

Sur le circuit WTA qui quadrille la planète, beaucoup de joueuses ne voyagent pas seules. Maman, papa, sœur, frère, époux, petit ami, agent, animal de compagnie sont dans les parages. Et il y a l’entraîneur pour celles qui ont les moyens de s’en payer un.

Il a travaillé aux côtés de joueuses pas, peu ou très connues. Il y a eu la Mexicaine Renata Zarazua mais aussi et surtout la Chinoise Shuai Peng – dont la carrière professionnelle a pris fin suite à ses accusations contre des officiels chinois et leur écho mondial - et la Tunisienne Ons Jabeur, l’une des grandes joueuses du moment sur le circuit WTA.

 « On a la même vision du jeu »

Fin janvier 2020, Jabeur met fin à leur collaboration. Deux mois plus tard, la planète se confine et Bertrand Perret est à l’arrêt. Quand le tennis redémarre, l’Alsacien doit éviter le pire : rester dans l’ombre. « Les gens peuvent t’oublier facilement, il faut faire savoir que tu es disponible. »

En attendant, il fait des piges à gauche, à droite. Assiste une Chinoise dont le coach est bloqué au pays, rejoint le Marocain Elliot Benchetrit puis remet l’Allemande Tatjana Maria en selle après la naissance de sa deuxième fille dont il est le parrain. Ces lignes s’ajoutent à son CV déjà bien garni et ce sont sans doute elles qui lui ouvrent les portes d’une nouvelle expérience.

« En septembre (2021), Louis-Paul (le père et ex-coach de Caroline Garcia) m’a téléphoné », raconte-t-il. « On discute, on se connaissait, on a la même vision du jeu de “Caro’’ ». Quelques semaines plus tard, Perret devient le nouvel entraîneur de la Lyonnaise. Un joli coup du destin.

 « Je pense que j’ai été choisi parce qu’on était sur la même longueur d’ondes », avance le Bischheimois. « Caroline est une attaquante, l’idée est de la remettre dans ce chemin. On est synchro là-dessus. Là, elle revient de blessure, alors il faut s’adapter. Quand sa direction de jeu sera retrouvée, les résultats suivront. »

Son expérience lui permet d’être clairvoyant. Avoir parcouru la planète tennis lui a donné une fine connaissance des mentalités et des cultures. Il sait que les Chinoises sont des travailleuses forcenées, que les Russes sont des combattantes dures au mal, que les Latines sont davantage dans les sensations et dans l’affirmation de leur personnalité.

« Caroline a encore besoin de quelques jours », explique-t-il à propos du retrait de sa protégée des IS. « C’est vrai qu’on arrive à Roland-Garros sans repères. On verra bien… » On parie qu’avec Perret à son chevet, Garcia ne tardera pas à refaire des étincelles.

 Extraits de l’article de Christophe SCHNEPP pour les DNA du 16 mai 2022

mardi 31 mai 2022

Benjamin Malatrait (bac 2010) : une startup pour créer les produits et les matériaux de l'économie circulaire

  Forbes, magazine économique de réputation mondiale, a publié sa liste annuelle « Forbes 30 Under 30 Europe », qui illustre le pouvoir dont disposent les jeunes entrepreneurs et dirigeants pour transformer les entreprises et la société.

https://www.forbes.com/profile/ictyos/?list=30under30-europe-manufacturing-industry&sh=4e6cecf35462

 Parmi les entrepreneurs distingués figurent Benjamin Malatrait cofondateur & président d’ICTYOS avec ses associés, Gauthier Lefébure et Emmanuel Fourault.


Ingénieur chimiste de formation et passé par le conseil en innovation, Benjamin Malatrait a décidé en 2018 de créer une jeune pousse française,ICTYOS. La première tannerie en création depuis plus de 40 ans en France.

 A mi-chemin entre écologie, à travers l’utilisation de peaux de poissons destinées à la destruction et un procédé de tannage végétal, et innovation, en apportant de nouvelles matières à des secteurs du luxe remettant en question l’impact de leurs matériaux, ICTYOS souhaite sensibiliser à l’utilisation des ressources et à l’impact d’une consommation excessive.

 Rien qu'en France, 50 000 tonnes de peaux de poisson sont jetées chaque année, selon Benjamin Malatrait. Lui et ses cofondateurs, tous ingénieurs, ont développé un processus de haute technologie pour transformer les déchets écailleux en cuir marin de luxe pour des sacs à main, des chaussures haut de gamme et plus encore. ICTYOS a transformé plus de 15 tonnes de peaux de poisson par an depuis son lancement.

Quelle a été sa trajectoire  ? Benjamin s’est volontiers prêté à l’interview

 Qu’avez-vous retenu de votre formation initiale ?

Je ne réfléchissais pas encore sérieusement à mon parcours professionnel à ce moment -là.  Nous nous orientons assez naïvement vers les domaines dans lesquels nous avons des facilités de travail et des résultats, dans mon cas la chimie. Mon passage au Gymnase m'a surtout permis de savoir ce que je ne voulais pas faire (philo, français...).

 Qu’auriez-vous aimé y trouver d’autre ?

A mon sens, des talks / rencontres avec des professionnels nous racontant leurs quotidiens ! Les études, surtout scientifiques restent très théoriques et ne permettent pas pleinement de se projeter dans un poste, une entreprise ou même un secteur. Je crois sincèrement que ce sont les personnalités qui nous inspirent plus qu'un domaine particulier.

 Les éléments, les personnes qui ont orienté votre trajectoire ?

Ma trajectoire n'était et n'est toujours pas prévue. Même si j'ai toujours eu dans un coin de ma tête l'envie de créer quelque chose d'unique.

Je me souviens de l'une des interventions du proviseur durant un cours de mathématiques, un discours motivant, responsabilisant et nous mettant entre les mains les enjeux de la société de demain.

M. Séguinaud, qui était mon professeur principal et mon professeur de chimie m'a donné une chance d'intégrer la voie scientifique après un refus initial. 

 Ce qui a été important dans les formations après le bac ?

DUT Chimie (IUT Robert Schuman): le travail! Prendre de l'avance sur les autres et s'imprégner profondément de bases solides.

École d'ingénieur chimiste (Ecole Supérieure de Chimie organique et minérale) : le réseau avant tout! 

 Les évolutions que l’on peut percevoir : Une transition vers une chimie concentrée sur l'économie circulaire.

 Que privilégier pour l’avenir ?

Je pense très sincèrement qu'il n'existe pas de profil type. Je suggèrerais tout de même une capacité d'écoute, d'apprentissage, la curiosité mais avant tout l'audace !

J'ai passé une année au Pays-Bas durant mon cursus et je recommande très fortement de tout faire pour changer son environnement, découvrir de nouveaux modes de vie et de culture.

 A quels risques faut-il être attentif ?

Les mauvaises influences. Je reste persuadé que le plus grand danger vient très souvent des autres.

 Pour mieux connaître ce monde qui innove:

  • Son intervention sur Europe 1 dans « La France qui bouge”, où Raphaëlle Duchemin et la rédaction
    d’Europe 1 font le tour de France des initiatives positives et novatrices: 

https://www.dailymotion.com/video/x7rofvi

  •  Une interview de Benjamin pour le cabinet de conseil Cadénac, qui accompagne et assiste les dirigeants de PME/PMI dans le financement de leur développement. (voir le texte plus bas)

Où trouver de l’argent pour sa startup ?

Le cabinet de conseil Cadénac accompagne et assiste les dirigeants de PME/PMI dans le financement de leur développement. Il a aidé la startup à lever des fonds pour son développement.

https://cadenac.com/blog/ictyos-x-cadenac-interview-avec-benjamin-malatrait/

6 juillet 2021

Dirigée par Benjamin Malatrait et co-fondée avec Gauthier Lefébure et Emmanuel Fourault, Cuir Marin De France est une Start-up Lyonnaise qui propose un nouveau style de cuir ; celui du cuir marin. Le trio se place en précurseur d’une nouvelle génération de tanneur, en proposant une solution éthique, durable et innovante. Rencontre avec Benjamin MALTRAIT, dirigeant de cette jeune entreprise éco-responsable.

  Les 3 co-fondateurs de la marque : Gauthier LEFEBURE, Emmanuel FOURAULT, Benjamin MALATRAIT

 ICTYOS est une entreprise innovante sur le marché, comment pouvez-vous nous décrire la marque ?

Effectivement, ICTYOS est une entreprise innovante puisque nous voulons valoriser des peaux en cuir. Nous utilisons des matériaux français avec le plus faible impact écologique possible et de qualité que sont les cuirs marins. Le projet est de transformer les peaux de poissons issues de l’industrie agroalimentaire et de la restauration en cuir, à partir d’un procédé végétal respectueux de l’environnement.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans la production de cuirs marins éthiques ?

A la base, nous ne sommes pas tanneur, nous ne sommes pas experts en cuir avant de démarrer l’aventure. Nous sommes 3 ingénieurs chimistes donc nous avons des bases techniques solides. Et l’idée c’était de partir sur une matière qui ne coûtait rien et qui par son utilisation, a un impact positif sur l’environnement. Les peaux de poissons qui sont jetées à la poubelle constituent justement une ressource qui a un impact écologique. On les laisse se dégrader, on les incinère ou on les enfouit, ce qui amène à un coût environnemental. Nous voulions donc trouver une ressource qui puisse avoir une transformation noble qui dure dans le temps et écologique.

Sac à main et portefeuille en cuir de poissons

 Quel est votre parcours à tous les 3 et comment vous êtes-vous engagés dans la même direction ?

D’abord, le projet a eu une grande phase de préparation. Entre l’idée que l’on a eue en 2016 et la création de l’entreprise en 2018. Il y a eu toute une première phase d’étude de faisabilité qui était technique et très orientée sur les différents aspects de la création de ce projet. C’est cela qui nous a permis de nous s’aligner sur nos rôles et responsabilités mais aussi sur le ICTYOS que l’on avait envie de créer.

Comment vous partagez vous les tâches entre vous 3 ?

 Alors je dirige la société, après on a des pôles de responsabilités. Gauthier dirige toute la partie technique et il va avoir la responsabilité de toutes ces dimensions techniques. Emmanuel, s’occupe de toute la partie commerciale et moi je m’occupe de toute la partie stratégique et du développement global du projet. Ce partage des tâches se fait surtout par des points très réguliers et l’avantage d’être amis, c’est que nous n’avons pas peur de nous dire les choses. C’est très accélérateur de se dire les choses, ce qu’il y a de bien et ce qui ne l’est pas ce qui nous permet de pas avoir de filtre.

Pourquoi ICTYOS, pourquoi ce nom pour votre projet ?

On avait envie de changer un peu les codes de l’industrie pure, de fabricant de matière première et nous voulions avoir une communication, un discours, une transparence et une inspiration d’une marque. Du coup nous avons beaucoup travaillé pour savoir quel nom pouvait porter des valeurs que notre projet porte. C’est tombé un peu comme une évidence, une fois que l’on a trouvé le mot « ictus » qui veut dire poisson en grec ancien, nous lui avons rajouté une forme d’eau à l’intérieur et c’est comme cela qu’est né ICTYOS.

Vous avez fait une collaboration avec Louvreuse à l’occasion de la fête des mères, comment choisissez-vous vos collaborations et les marques avec lesquelles vous travaillez ?

Nous choisissions nos collaborateurs en fonction des expertises et des profils rencontrés, c’est donc une alliance entre besoin de l’entreprise et recrutement. Pour les marques, nous recherchons plutôt celles qui portent des valeurs qui nous ressemblent et qui adressent des produits similaires. Le but n’est pas de concurrencer nos clients mais vraiment d’inspirer, de montrer ce qu’il est faisable de réaliser à partir de nos matières.

Quelles sont les marques dont vous rêveriez de vous rapprocher ?

 Des marques comme Veja, Tiago et des marques comme Jacquemus qui nous inspirent énormément. C’est sûr que nous rêverions de collaborer avec.

Quelle direction vous voudriez donner à ICTYOS dans 10 ans, 20 ans ?

Ictyos c’est une nouvelle génération de cuir, ce n’est donc pas un nouveau produit, nous ne faisons pas que du cuir de saumon, par exemple. Nous développons un nouveau cuir, une nouvelle gamme chaque année de cuir qui était inexploité à ce jour. L’idée c’est de développer un nouveau cuir chaque année, et donc dans 10 ans, nous aurons une dizaine de nouveaux cuirs. Nous aurons une tannerie à plus grande capacité et nous serons dans la même logique que les tanneurs classiques en termes de choix de matière.

Pour quelle mission avez-vous fait appel à Cadénac ?

 Nous avons fait appel au cabinet pour une levée de fonds pour le développement d’Ictyos. Nous avions besoin de nous faire accompagner pour bien comprendre l’univers des investisseurs et surtout leurs attentes. Nous avons eu besoin de connaitre les leviers complémentaires qui étaient intéressants d’optimiser. Cette levée de fonds, nous l’avons vécue comme une belle remise en question puisque l’on se questionne sur l’ensemble du projet, sur sa gouvernance, sur son futur donc c’est l’occasion de continuer à challenger le fonctionnement d’une jeune boîte.

Quels avantages avez-vous pu retirer de cette levée de fonds ?

 C’est difficile à dire puisque je n’ai pas de point de comparaison sans avoir été accompagné par un cabinet de conseil financier, mais je pense que ça m’a permis de trouver les bons investisseurs, de gagner du temps. Le temps c’est d’ailleurs très important dans le lancement d’une Start-up puisque chaque jour, chaque semaine et chaque mois est très largement compté. En plus, de cela, c’est un grand confort de savoir où on va.

Quels conseils donneriez-vous à des Start-upeurs qui souhaite se lancer dans une levée de fonds ?

Je dirais que ce n’est pas une obligation de lever des fonds. Cela fait partie d’un choix, d’une stratégie et d’une volonté de développement. Il peut très bien exister une entreprise qui se développe et ne lève pas de fonds. Je conseille de se faire accompagner lorsque qu’une levée de fonds parait nécessaire pour son entreprise.



 

 

lundi 2 mai 2022

Lou, Claire, Emma: comment conjuguer études supérieures et sport aux USA

 Lou Baudouin avait attiré l’attention par un talent précoce dans le domaine du tennis, dont vous trouverez un écho dans l’article https://gymnase-network.blogspot.com/2018/02/a-pas-de-lou.html

Elle va passer son baccalauréat dans les semaines à venir. Mais Lou a déjà appris que sa candidature a été retenue par l’Université de Sacramento, en Californie, pour y mener un cursus en journalisme et en sciences politiques. Ces études vont être financées par une bourse complète (scolarité, logement etc…) attribuée pour ses mérites sportifs de jeune tenniswoman. Un double rêve se réalise pour elle et les Alumni l’en félicitent vivement.


Voici comment le site de l’Université de Sacramento annonce son arrivée :

https://theliveupdate.com/breault-inks-frances-lou-baudouin-as-first-ever-signee/

SACRAMENTO  L'entraîneure de tennis féminine en chef de l'État de Sacramento, Sophie Breault, a annoncé vendredi que la Française Lou Baudouin avait signé une lettre d'intention nationale pour poursuivre sa carrière académique et sportive avec les Hornets à partir de la saison 2022-23.

"Nous sommes très heureux d'ajouter Lou à notre programme", a déclaré Breault. "C'est une personne intelligente, énergique et très motivée avec de grandes compétences en double. Son excellent jeu de service et de volée aura un impact immédiat sur notre niveau en double. Elle a beaucoup de variété dans son jeu, ce qui sera un excellent ajout à notre liste.

Baudouin est le premier signataire de la lettre d'intention nationale pour Breault, un ancien étudiant-athlète hors pair de l'État de Sacramento qui a pris les rênes en tant qu'entraîneur-chef du programme en janvier 2022.

Originaire de Strasbourg, en France, Baudouin, qui a fréquenté Le Gymnase Jean Sturm, a atteint les quarts de finale aux Championnats ITF Juniors à Manama, Bahreïn, qui comprenait une victoire sur la tête de série au deuxième tour, et s'est qualifié pour la finale du 1er SHINE. Bahreïn Super Series ITF Junior Championship en 2018.

Elle s'est également qualifiée pour les demi-finales d'une paire d'événements ITF J5 à Damour et Alger en 2019 et 2020, respectivement, et s'est qualifiée hors du tableau des qualifications pour atteindre le troisième tour du tableau principal du Jug Open 2018 en Macédoine du Nord.

Lors de sa dernière apparition internationale, Baudouin a remporté une paire de matchs en trois sets lors des tours de qualification avant de tomber au premier tour du tableau principal lors d'un événement ITF J3 en décembre 2021 à Saint Grégoire, en France.

Baudouin est classé parmi les 15 meilleurs juniors de France depuis 2014 et est double champion de France en double dans les catégories U14 et U16. Elle détient actuellement un 3.843 GPA et a l'intention de se spécialiser en journalisme et en sciences politiques à l'État de Sacramento.

Lou suit les pas d’autres anciens élèves du Gymnase. En voici deux illustrations, parmi bien d’autres :

 Claire Ramet était aussi convaincue qu’aux USA le sport ouvre plein de portes.

Passionnée de football, après huit années au Gymnase (2003-2012) Claire a rejoint l'équipe de l'Olympique Lyonnais. 4 années plus tard, elle a eu plusieurs offres d'universités américaines où elle a décidé de continuer son parcours scolaire et sportif.

 « C'est grâce à ça donc que j'ai fait mes études à Nashville dans le Tennessee (Middle Tennessee State University). J’ai fini mes études en Décembre 2020 et ai obtenu un BBA avec une concentration en finance.  Aujourd'hui c'est à West Palm Beach que j'exerce ma profession de 'Athlete Consultant' ou 'Sports Recruitment Specialist' en poursuivant parallèlement un MBA. »


Emma Wachtel (bac 2015),  joueuse de golf, a fait ses études à l'Université de Cincinnati où elle a obtenu un Bachelor of Business Administration (Major in International Business and Minor in Fashion Design Studies). Forte de son potentiel et de ses acquits en gestion de groupes sportifs elle a été admise en Master de Management de la London Business School.

 Belles continuation à toutes !

Vous souhaitez avoir des informations sur ces possibilités ?

  • Claire Ramet peut vous fournir d'utiles indications: claire.ramet@free.fr
  • Florent Gusdorf (Gymnase, bac 1967), agrégé d'anglais qui fut enseignant en classes préparatoires à Louis Le Grand, a réalisé un guide pratique fort instructif :