mardi 31 mai 2022

Benjamin Malatrait (bac 2010) : une startup pour créer les produits et les matériaux de l'économie circulaire

  Forbes, magazine économique de réputation mondiale, a publié sa liste annuelle « Forbes 30 Under 30 Europe », qui illustre le pouvoir dont disposent les jeunes entrepreneurs et dirigeants pour transformer les entreprises et la société.

https://www.forbes.com/profile/ictyos/?list=30under30-europe-manufacturing-industry&sh=4e6cecf35462

 Parmi les entrepreneurs distingués figurent Benjamin Malatrait cofondateur & président d’ICTYOS avec ses associés, Gauthier Lefébure et Emmanuel Fourault.


Ingénieur chimiste de formation et passé par le conseil en innovation, Benjamin Malatrait a décidé en 2018 de créer une jeune pousse française,ICTYOS. La première tannerie en création depuis plus de 40 ans en France.

 A mi-chemin entre écologie, à travers l’utilisation de peaux de poissons destinées à la destruction et un procédé de tannage végétal, et innovation, en apportant de nouvelles matières à des secteurs du luxe remettant en question l’impact de leurs matériaux, ICTYOS souhaite sensibiliser à l’utilisation des ressources et à l’impact d’une consommation excessive.

 Rien qu'en France, 50 000 tonnes de peaux de poisson sont jetées chaque année, selon Benjamin Malatrait. Lui et ses cofondateurs, tous ingénieurs, ont développé un processus de haute technologie pour transformer les déchets écailleux en cuir marin de luxe pour des sacs à main, des chaussures haut de gamme et plus encore. ICTYOS a transformé plus de 15 tonnes de peaux de poisson par an depuis son lancement.

Quelle a été sa trajectoire  ? Benjamin s’est volontiers prêté à l’interview

 Qu’avez-vous retenu de votre formation initiale ?

Je ne réfléchissais pas encore sérieusement à mon parcours professionnel à ce moment -là.  Nous nous orientons assez naïvement vers les domaines dans lesquels nous avons des facilités de travail et des résultats, dans mon cas la chimie. Mon passage au Gymnase m'a surtout permis de savoir ce que je ne voulais pas faire (philo, français...).

 Qu’auriez-vous aimé y trouver d’autre ?

A mon sens, des talks / rencontres avec des professionnels nous racontant leurs quotidiens ! Les études, surtout scientifiques restent très théoriques et ne permettent pas pleinement de se projeter dans un poste, une entreprise ou même un secteur. Je crois sincèrement que ce sont les personnalités qui nous inspirent plus qu'un domaine particulier.

 Les éléments, les personnes qui ont orienté votre trajectoire ?

Ma trajectoire n'était et n'est toujours pas prévue. Même si j'ai toujours eu dans un coin de ma tête l'envie de créer quelque chose d'unique.

Je me souviens de l'une des interventions du proviseur durant un cours de mathématiques, un discours motivant, responsabilisant et nous mettant entre les mains les enjeux de la société de demain.

M. Séguinaud, qui était mon professeur principal et mon professeur de chimie m'a donné une chance d'intégrer la voie scientifique après un refus initial. 

 Ce qui a été important dans les formations après le bac ?

DUT Chimie (IUT Robert Schuman): le travail! Prendre de l'avance sur les autres et s'imprégner profondément de bases solides.

École d'ingénieur chimiste (Ecole Supérieure de Chimie organique et minérale) : le réseau avant tout! 

 Les évolutions que l’on peut percevoir : Une transition vers une chimie concentrée sur l'économie circulaire.

 Que privilégier pour l’avenir ?

Je pense très sincèrement qu'il n'existe pas de profil type. Je suggèrerais tout de même une capacité d'écoute, d'apprentissage, la curiosité mais avant tout l'audace !

J'ai passé une année au Pays-Bas durant mon cursus et je recommande très fortement de tout faire pour changer son environnement, découvrir de nouveaux modes de vie et de culture.

 A quels risques faut-il être attentif ?

Les mauvaises influences. Je reste persuadé que le plus grand danger vient très souvent des autres.

 Pour mieux connaître ce monde qui innove:

  • Son intervention sur Europe 1 dans « La France qui bouge”, où Raphaëlle Duchemin et la rédaction
    d’Europe 1 font le tour de France des initiatives positives et novatrices: 

https://www.dailymotion.com/video/x7rofvi

  •  Une interview de Benjamin pour le cabinet de conseil Cadénac, qui accompagne et assiste les dirigeants de PME/PMI dans le financement de leur développement. (voir le texte plus bas)

Où trouver de l’argent pour sa startup ?

Le cabinet de conseil Cadénac accompagne et assiste les dirigeants de PME/PMI dans le financement de leur développement. Il a aidé la startup à lever des fonds pour son développement.

https://cadenac.com/blog/ictyos-x-cadenac-interview-avec-benjamin-malatrait/

6 juillet 2021

Dirigée par Benjamin Malatrait et co-fondée avec Gauthier Lefébure et Emmanuel Fourault, Cuir Marin De France est une Start-up Lyonnaise qui propose un nouveau style de cuir ; celui du cuir marin. Le trio se place en précurseur d’une nouvelle génération de tanneur, en proposant une solution éthique, durable et innovante. Rencontre avec Benjamin MALTRAIT, dirigeant de cette jeune entreprise éco-responsable.

  Les 3 co-fondateurs de la marque : Gauthier LEFEBURE, Emmanuel FOURAULT, Benjamin MALATRAIT

 ICTYOS est une entreprise innovante sur le marché, comment pouvez-vous nous décrire la marque ?

Effectivement, ICTYOS est une entreprise innovante puisque nous voulons valoriser des peaux en cuir. Nous utilisons des matériaux français avec le plus faible impact écologique possible et de qualité que sont les cuirs marins. Le projet est de transformer les peaux de poissons issues de l’industrie agroalimentaire et de la restauration en cuir, à partir d’un procédé végétal respectueux de l’environnement.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans la production de cuirs marins éthiques ?

A la base, nous ne sommes pas tanneur, nous ne sommes pas experts en cuir avant de démarrer l’aventure. Nous sommes 3 ingénieurs chimistes donc nous avons des bases techniques solides. Et l’idée c’était de partir sur une matière qui ne coûtait rien et qui par son utilisation, a un impact positif sur l’environnement. Les peaux de poissons qui sont jetées à la poubelle constituent justement une ressource qui a un impact écologique. On les laisse se dégrader, on les incinère ou on les enfouit, ce qui amène à un coût environnemental. Nous voulions donc trouver une ressource qui puisse avoir une transformation noble qui dure dans le temps et écologique.

Sac à main et portefeuille en cuir de poissons

 Quel est votre parcours à tous les 3 et comment vous êtes-vous engagés dans la même direction ?

D’abord, le projet a eu une grande phase de préparation. Entre l’idée que l’on a eue en 2016 et la création de l’entreprise en 2018. Il y a eu toute une première phase d’étude de faisabilité qui était technique et très orientée sur les différents aspects de la création de ce projet. C’est cela qui nous a permis de nous s’aligner sur nos rôles et responsabilités mais aussi sur le ICTYOS que l’on avait envie de créer.

Comment vous partagez vous les tâches entre vous 3 ?

 Alors je dirige la société, après on a des pôles de responsabilités. Gauthier dirige toute la partie technique et il va avoir la responsabilité de toutes ces dimensions techniques. Emmanuel, s’occupe de toute la partie commerciale et moi je m’occupe de toute la partie stratégique et du développement global du projet. Ce partage des tâches se fait surtout par des points très réguliers et l’avantage d’être amis, c’est que nous n’avons pas peur de nous dire les choses. C’est très accélérateur de se dire les choses, ce qu’il y a de bien et ce qui ne l’est pas ce qui nous permet de pas avoir de filtre.

Pourquoi ICTYOS, pourquoi ce nom pour votre projet ?

On avait envie de changer un peu les codes de l’industrie pure, de fabricant de matière première et nous voulions avoir une communication, un discours, une transparence et une inspiration d’une marque. Du coup nous avons beaucoup travaillé pour savoir quel nom pouvait porter des valeurs que notre projet porte. C’est tombé un peu comme une évidence, une fois que l’on a trouvé le mot « ictus » qui veut dire poisson en grec ancien, nous lui avons rajouté une forme d’eau à l’intérieur et c’est comme cela qu’est né ICTYOS.

Vous avez fait une collaboration avec Louvreuse à l’occasion de la fête des mères, comment choisissez-vous vos collaborations et les marques avec lesquelles vous travaillez ?

Nous choisissions nos collaborateurs en fonction des expertises et des profils rencontrés, c’est donc une alliance entre besoin de l’entreprise et recrutement. Pour les marques, nous recherchons plutôt celles qui portent des valeurs qui nous ressemblent et qui adressent des produits similaires. Le but n’est pas de concurrencer nos clients mais vraiment d’inspirer, de montrer ce qu’il est faisable de réaliser à partir de nos matières.

Quelles sont les marques dont vous rêveriez de vous rapprocher ?

 Des marques comme Veja, Tiago et des marques comme Jacquemus qui nous inspirent énormément. C’est sûr que nous rêverions de collaborer avec.

Quelle direction vous voudriez donner à ICTYOS dans 10 ans, 20 ans ?

Ictyos c’est une nouvelle génération de cuir, ce n’est donc pas un nouveau produit, nous ne faisons pas que du cuir de saumon, par exemple. Nous développons un nouveau cuir, une nouvelle gamme chaque année de cuir qui était inexploité à ce jour. L’idée c’est de développer un nouveau cuir chaque année, et donc dans 10 ans, nous aurons une dizaine de nouveaux cuirs. Nous aurons une tannerie à plus grande capacité et nous serons dans la même logique que les tanneurs classiques en termes de choix de matière.

Pour quelle mission avez-vous fait appel à Cadénac ?

 Nous avons fait appel au cabinet pour une levée de fonds pour le développement d’Ictyos. Nous avions besoin de nous faire accompagner pour bien comprendre l’univers des investisseurs et surtout leurs attentes. Nous avons eu besoin de connaitre les leviers complémentaires qui étaient intéressants d’optimiser. Cette levée de fonds, nous l’avons vécue comme une belle remise en question puisque l’on se questionne sur l’ensemble du projet, sur sa gouvernance, sur son futur donc c’est l’occasion de continuer à challenger le fonctionnement d’une jeune boîte.

Quels avantages avez-vous pu retirer de cette levée de fonds ?

 C’est difficile à dire puisque je n’ai pas de point de comparaison sans avoir été accompagné par un cabinet de conseil financier, mais je pense que ça m’a permis de trouver les bons investisseurs, de gagner du temps. Le temps c’est d’ailleurs très important dans le lancement d’une Start-up puisque chaque jour, chaque semaine et chaque mois est très largement compté. En plus, de cela, c’est un grand confort de savoir où on va.

Quels conseils donneriez-vous à des Start-upeurs qui souhaite se lancer dans une levée de fonds ?

Je dirais que ce n’est pas une obligation de lever des fonds. Cela fait partie d’un choix, d’une stratégie et d’une volonté de développement. Il peut très bien exister une entreprise qui se développe et ne lève pas de fonds. Je conseille de se faire accompagner lorsque qu’une levée de fonds parait nécessaire pour son entreprise.



 

 

lundi 2 mai 2022

Lou, Claire, Emma: comment conjuguer études supérieures et sport aux USA

 Lou Baudouin avait attiré l’attention par un talent précoce dans le domaine du tennis, dont vous trouverez un écho dans l’article https://gymnase-network.blogspot.com/2018/02/a-pas-de-lou.html

Elle va passer son baccalauréat dans les semaines à venir. Mais Lou a déjà appris que sa candidature a été retenue par l’Université de Sacramento, en Californie, pour y mener un cursus en journalisme et en sciences politiques. Ces études vont être financées par une bourse complète (scolarité, logement etc…) attribuée pour ses mérites sportifs de jeune tenniswoman. Un double rêve se réalise pour elle et les Alumni l’en félicitent vivement.


Voici comment le site de l’Université de Sacramento annonce son arrivée :

https://theliveupdate.com/breault-inks-frances-lou-baudouin-as-first-ever-signee/

SACRAMENTO  L'entraîneure de tennis féminine en chef de l'État de Sacramento, Sophie Breault, a annoncé vendredi que la Française Lou Baudouin avait signé une lettre d'intention nationale pour poursuivre sa carrière académique et sportive avec les Hornets à partir de la saison 2022-23.

"Nous sommes très heureux d'ajouter Lou à notre programme", a déclaré Breault. "C'est une personne intelligente, énergique et très motivée avec de grandes compétences en double. Son excellent jeu de service et de volée aura un impact immédiat sur notre niveau en double. Elle a beaucoup de variété dans son jeu, ce qui sera un excellent ajout à notre liste.

Baudouin est le premier signataire de la lettre d'intention nationale pour Breault, un ancien étudiant-athlète hors pair de l'État de Sacramento qui a pris les rênes en tant qu'entraîneur-chef du programme en janvier 2022.

Originaire de Strasbourg, en France, Baudouin, qui a fréquenté Le Gymnase Jean Sturm, a atteint les quarts de finale aux Championnats ITF Juniors à Manama, Bahreïn, qui comprenait une victoire sur la tête de série au deuxième tour, et s'est qualifié pour la finale du 1er SHINE. Bahreïn Super Series ITF Junior Championship en 2018.

Elle s'est également qualifiée pour les demi-finales d'une paire d'événements ITF J5 à Damour et Alger en 2019 et 2020, respectivement, et s'est qualifiée hors du tableau des qualifications pour atteindre le troisième tour du tableau principal du Jug Open 2018 en Macédoine du Nord.

Lors de sa dernière apparition internationale, Baudouin a remporté une paire de matchs en trois sets lors des tours de qualification avant de tomber au premier tour du tableau principal lors d'un événement ITF J3 en décembre 2021 à Saint Grégoire, en France.

Baudouin est classé parmi les 15 meilleurs juniors de France depuis 2014 et est double champion de France en double dans les catégories U14 et U16. Elle détient actuellement un 3.843 GPA et a l'intention de se spécialiser en journalisme et en sciences politiques à l'État de Sacramento.

Lou suit les pas d’autres anciens élèves du Gymnase. En voici deux illustrations, parmi bien d’autres :

 Claire Ramet était aussi convaincue qu’aux USA le sport ouvre plein de portes.

Passionnée de football, après huit années au Gymnase (2003-2012) Claire a rejoint l'équipe de l'Olympique Lyonnais. 4 années plus tard, elle a eu plusieurs offres d'universités américaines où elle a décidé de continuer son parcours scolaire et sportif.

 « C'est grâce à ça donc que j'ai fait mes études à Nashville dans le Tennessee (Middle Tennessee State University). J’ai fini mes études en Décembre 2020 et ai obtenu un BBA avec une concentration en finance.  Aujourd'hui c'est à West Palm Beach que j'exerce ma profession de 'Athlete Consultant' ou 'Sports Recruitment Specialist' en poursuivant parallèlement un MBA. »


Emma Wachtel (bac 2015),  joueuse de golf, a fait ses études à l'Université de Cincinnati où elle a obtenu un Bachelor of Business Administration (Major in International Business and Minor in Fashion Design Studies). Forte de son potentiel et de ses acquits en gestion de groupes sportifs elle a été admise en Master de Management de la London Business School.

 Belles continuation à toutes !

Vous souhaitez avoir des informations sur ces possibilités ?

  • Claire Ramet peut vous fournir d'utiles indications: claire.ramet@free.fr
  • Florent Gusdorf (Gymnase, bac 1967), agrégé d'anglais qui fut enseignant en classes préparatoires à Louis Le Grand, a réalisé un guide pratique fort instructif :


 

samedi 30 avril 2022

Et les Alumni, c'est qui ? C'est quoi ?

 Comment mieux faire connaître les Alumni, peu visibles dans la vie quotidienne du Gymnase ? 

C’est le défi qu’ont relevé Mathilde Bour-Edy et une équipe d’élèves motivées : Apolline Siebert, Emilie Ritt, Suzanne NicolasElles ont investi les panneaux d’exposition du 1er étage pour faire ressortir le rôle de l’association des anciens et y présenter les portraits de trois d’entre eux/elles.

 Donnons la parole à Mathilde :

Les confinements, les mesures sanitaires et l’entrée dans la vie active compliquent souvent la création et le maintien de liens solides entre les différentes promotions et générations qui se succèdent au Gymnase. Mû par l’envie commune de continuer à faire vivre malgré cela la communauté du Gymnase, un petit groupe s’est rassemblé dans la perspective de cette exposition, mêlant membres du comité des Alumni et élèves actuel.le.s.

 L’exposition, située dans le couloir des arts, est composée de réponses à des questions générales (qui sont les Alumni, quel est leur rôle ? etc.) mais aussi d’extraits d’interview de trois ancien.ne.s de l’établissement ! Vous pourrez ainsi découvrir leurs parcours et leurs énergies, les QR codes vous redirigeant sur les articles complets en ligne.

Les ancien.n.es. partagent donc leurs expériences et leurs réflexions sur leur cheminement, tandis que les plus jeunes découvrent des formations, des cursus et la richesse du réseau professionnel du Gymnase. Un donnant-donnant porteur de nouveautés et riche de sens !

                                                                       Mathilde Bour-Edy

 L’équipe remercie chaleureusement la Direction du Gymnase pour avoir permis à ce projet d’avancer, les Alumni pour leur confiance et V. Affholder pour son soutien logistique.

 Et voici le regard en retour de Laura Sibony, enfin « présente dans le couloir des professeurs » :

 Je ne vais pas parler #Parcoursup, réforme des filières, #grandoral, démissions d'enseignants, et manque de reconnaissance dans l'#éducation.

Je préfère parler, avec vous, des solutions.

J'ai créé l'École de la Parole avec une ambition : valoriser la #pluridisciplinarité, et d'abord le savoir le plus transversal de tous : la #communication 💬

Je dois énormément à l'enseignement humaniste, pluriel, et ouvert du Le Gymnase Lucie Berger - Jean Sturm. Merci au personnel et aux enseignants, qui ont toujours encouragé la curiosité, et le dialogue des cultures.

Science et conscience : vous avez transmis des valeurs, de tolérance, d'accueil et de liberté d'esprit, autant que les connaissances qui les font vivre.

Et vous avez toujours illustré cette citation de Jan Amos Comenius, inscrite dans le hall : "L'éducation est la voie royale pour faire naître une humanité meilleure" 🎓

C'est pour cela que je suis particulièrement fière de vous rejoindre, symboliquement, grâce à l'exposition "Alumni" réalisée par Mathilde Bour-Edy, Apolline Siebert, Emilie Ritt, Suzanne Nicolas.

Enfin dans le couloir des professeurs !

Une exposition à découvrir dont voici quelques composantes :





samedi 23 avril 2022

L’engagement personnel de Marjorie (bac 2015)

 Scolarisée au Gymnase depuis la classe de 4ème, Marjorie revient sur ce qui l’a construite pendant son parcours et a déterminé ses choix.

L’acquisition du sens des responsabilités au Gymnase

Elève au Gymnase Jean Sturm jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat ES en 2015, j’ai eu l’opportunité d’y développer un réel sens des responsabilités notamment en étant membre du Conseil de la Vie Lycéenne. Au Gymnase, de nombreuses opportunités nous sont offertes comme la possibilité de s’exprimer, de créer et de construire une vie lycéenne qui dépasse largement les murs des salles de cours. C’est donc en prenant goût à cette autonomie et aux responsabilités que j’ai pris la décision de choisir une carrière militaire.

Je retiens de ce parcours, l’importance des activités proposées, les voyages auxquels nous pouvons participer, les projets qu’il nous est possible de mener. Je retiens également l’âme des bâtiments et l’état d’esprit qu’ils nous inculquent ainsi que la passion des professeurs.

La voie du Prytanée National Militaire 

En 2015, j’ai rejoint le Prytanée National Militaire de La Flèche afin d’y effectuer une classe préparatoire au concours d’entrée à l’Ecole Spéciale Militaire de Saint Cyr, en filière économique. Après quatre années de prépa dues à un échec au concours puis une blessure, j’ai pu intégrer Saint Cyr en 2019.
L’Académie Militaire de Saint Cyr Coëtquidan forme les officiers de l’armée de Terre. On y apprend ainsi le métier des armes et celui de chef en vue de commander une section à l’issue de quatre années de formation pour le recrutement CPGE, dont trois à l’Académie militaire puis une en école de spécialisation.  

Actuellement sous-lieutenant, je suis dans ma dernière année à l’Académie. Je retiens de ces trois années la grande diversité de la formation. Le cursus académique, les activités de formation militaires et sportives rythment ces années très denses au cours desquelles j’ai par exemple eu l’occasion de faire un stage dans un régiment d’hélicoptères de combat, un stage en montagne, un stage d’aguerrissement en forêt équatoriale en Guyane et un semestre en Jordanie et ce, en validant un master.

Un engagement personnel 

Porter l’uniforme est une belle manière de servir la France et oblige à s’investir pleinement dans son métier. J’ai appris sur moi-même et j’ai découvert la force de la cohésion et de l’esprit de corps.  Les valeurs et les traditions inculquées dans l’Armée de Terre mettent en lumière l’unicité de l’institution militaire par ce sentiment d’appartenance particulièrement fort et Saint-Cyr en est d’ailleurs l’un des plus beaux exemples.

Choisir le métier des armes n’est cependant pas un choix anodin. Cela doit être le résultat d’une importante réflexion en raison de l’engagement qui y est associé. Goût de l’effort, volonté de servir et un intérêt singulier pour le commandement sont alors autant de prérequis qui me semblent nécessaires pour devenir officier.

Le meilleur conseil que j’aurais à donner à des lycéens du Gymnase serait de ne cesser de s’informer sur la diversité des possibilités qui leur sont offertes. J’ai eu la chance de découvrir un petit peu par hasard ce milieu qu’est l’armée lors de mon année de terminale et aujourd’hui je réalise combien ce choix a finalement inconditionnellement changé ma vie. Avoir l’opportunité de choisir une profession épanouissante est une véritable chance qu’il ne faut pas hésiter à saisir.

 

samedi 2 avril 2022

Marc Lucius, le Gymnasien qui a évacué 3 000 personnes des Hospices Civils de Strasbourg vers la Dordogne en 1939, pour échapper à la guerre.

 Un livre récent de Christophe Woehrlé (La Cité silencieuse – Strasbourg Clairvivre 1939 -1945) vient de mettre en lumière le travail de Marc Lucius, gestionnaire des hospices civils de Strasbourg puis de Clairvivre, qui mena une lutte incessante pour sauver des vies, celles de ses malades, des juifs et des résistants.

Né en 1888 à Strasbourg, Marc Ferdinand Lucius est élève du Gymnase comme ses trois frères. Après sa scolarité de 1894 à 1906 , il poursuit ses études à la faculté de Droit et de Sciences politiques de Strasbourg où il obtient son doctorat en droit. Entre autres responsabilités importantes, il est très impliqué dans la Chambre de commerce de Strasbourg, dont il est secrétaire général jusqu’en 1958.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu'il est administrateur délégué et vice-président des Hospices civils de Strasbourg, il est nommé dans l'urgence à la direction de ces derniers. Marc Lucius gère l'évacuation et la gestion des Hospices à la cité-sanitaire de Clairvivre.

En 1940, il refuse de revenir en Alsace annexée et prend la direction administrative de l'Hôpital des réfugiés de la Dordogne au sein duquel il protège les personnels juifs administratifs et médicaux et évite le départ au STO des jeunes de la cité-sanitaire. À la fin de la guerre, l'établissement qu'il dirige est surnommé l'Hôpital de la Résistance.

L’histoire de cet homme, Marc Lucius, oublié de l’histoire, fonctionnaire dévoué à la cause des siens, de son institution et de sa patrie a été mise en lumière par Marc Woehrlé, comme le détaille un article des Dernières Nouvelles d’Alsace du 30 mars 2022. 

En voici des extraits :

L’épisode douloureux de l’évacuation
des hospices civils de Strasbourg vers Clairvivre

…. Le comité du Souvenir Français avait convié l’historien Christophe Woehrlé pour une conférence sur l’évacuation des hospices civils de Strasbourg en Dordogne, lors de la Seconde Guerre mondiale.

Le sujet, sensible, a réuni une cinquantaine de participants soucieux de connaître les tribulations des malades hospitalisés à Strasbourg durant le grand exode imposé à une partie de l’Alsace, particulièrement exposée à l’avancée des troupes de la Wehrmacht allemande. Une épopée douloureuse relatée par Christophe Woehrlé dans son ouvrage La Cité silencieuse- Strasbourg Clairvivre - 1939-1945.

3 000 personnes, malades et membres du personnel, déplacées

Placées sous la responsabilité de Marc Lucius, directeur général de l’établissement, 3 000 personnes

des hospices civils, malades et membres du personnel, ont été déplacées vers la cité sanitaire de Clairvivre, en Dordogne. Les malades les plus gravement atteints avaient été évacués momentanément dans un hôtel du Hohwald. Les autres ont été acheminés vers la Dordogne dans des trains spécialement dédiés. Début octobre 1939, le gros des hospices civils était arrivé à la cité sanitaire qui abritait alors des malades des poumons, d’anciens militaires gazés lors du conflit 1914-18 et des miliciens espagnols blessés. Ces occupants ont été dirigés vers d’autres établissements afin de laisser la place aux Alsaciens.

Clairvivre est un complexe immobilier situé en plein milieu des forêts de la vallée de la Vézère, composé de pavillons et d’un grand immeuble collectif. Pour les nouveaux arrivants, l’installation fut une épreuve difficile, le choc culturel entre Alsaciens et autochtones fut rude et la barrière de la langue n’arrangeait pas la communication. Par la suite, la cité devint l’« Hôpital des réfugiés de la Dordogne » où juifs, réfractaires au Service du travail obligatoire (STO), handicapés et maquisards trouvèrent refuge.

Plaque commémorative

Le cimetière des réfugiés, créé à l’époque, a reçu les sépultures de défunts de 19 nationalités et de 5 religions différentes. Christophe Woehrlé en a dressé une liste exhaustive afin d’éviter que les noms de ceux qui sont morts lors de leur passage à Clairvivre ne tombent dans l’oubli. Un véritable devoir de mémoire.

Un moment d’échange avec l’auteur a permis aux participants de plonger dans l’ambiance de l’exode tragique qui a vu tant d’Alsaciens rallier la Dordogne. Il a également permis de découvrir l’engagement exceptionnel de l’humaniste Marc Lucius (1888-1962), administrateur des hospices civils qui n’a eu cesse de préserver la dignité de la population évacuée. En hommage à son investissement, une plaque commémorative sera apposée le 23 avril à son domicile, rue des Pontonniers à Strasbourg, par le Comité de Clairvivre, en présence de la délégation des porte-drapeaux.

Professeur d’histoire et de géographie, Christophe Woehrlé est docteur en histoire contemporaine de

l’Otto-Friedrich-Universität de Bamberg (Allemagne) et professeur de paléographie allemande au sein de l’académie européenne de généalogie de Strasbourg. Il est aussi membre de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts d’Alsace, président de l’association Stolpersteine en France ainsi que de l’association Mémoire et histoire des tombes roumaines en France.

L’ouvrage La Cité silencieuse – Strasbourg Clairvivre 1939 -1945 a été primé par l’Académie des Sciences, Lettres et Arts d’Alsace (Prix de la Décapole 2020) et par la Société française d’histoire des hôpitaux qui lui a décerné la médaille d’or en 2020.

L’ouvrage La Cité silencieuse – Strasbourg Clairvivre 1939 -1945 a été primé par l’Académie des Sciences, Lettres et Arts d’Alsace (Prix de la Décapole 2020) et par la Société française d’histoire des hôpitaux qui lui a décerné la médaille d’or en 2020.

Davantage de précisions sur le parcours remarquable et très divers de Marc Lucius en :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Lucius

 

jeudi 31 mars 2022

La lettre de Simon Kahn (bac 2014) à ceux qui lui ont succédé sur les bancs du Gymnase

 Scolarisé au Gymnase du CP à la Terminale, de 2002 à 2014, Simon Kahn adresse une lettre ouverte aux lycéens qui lui ont succédé sur les bancs de Jean Sturm. Il partage de façon spontanée, voire imagée, son vécu, son regard et son expérience.

Chers tous, 

Ayant quelques années de plus que vous, j’ai l’opportunité de vous écrire quelques mots aujourd’hui pour - je l’espère - répondre à certaines questions que vous vous posez - et que je me posais quand j’étais à votre place. 

D’abord, alors que vous êtes certainement en train de râler secrètement derrière le dos de vos professeurs au sujet de leur sévérité, il me revient de vous dire ce que j’ai retenu du Gymnase. Les notes et les bacs blancs à répétition ne sont qu’un lointain souvenir. 

Par contre, la méthode de travail acquise me sert tous les jours. En CE2 déjà, mon institutrice du Gymnase dessinait des cochons dans les cahiers de ceux qui avaient le malheur de faire des tâches dans leurs cahiers. Depuis, ce petit cochon me hante dès que je présente un document… 

Certains d’entre vous trouveront peut-être cette illustration un peu sévère… Elle l’est pour un enfant, et c’est pour ça qu’elle reste en mémoire. Là est peut-être ce qu’il manque au Gymnase - et qu’il faut vous rentrer dans la tête - : les professeurs sont dans leur rôle lorsqu’ils exigent une grande rigueur de votre part mais cela ne doit pas vous empêcher de relativiser. 

Si vous faites de votre mieux, vous trouverez votre chemin, qu’un petit cochon - qui, à votre âge, ressemble davantage à un 0 rouge accompagné de points d'exclamation - soit dessiné sur vos copies ou non. Apprenez à relativiser car davantage que vos notes, ce sont les rencontres que vous ferez - et que vous faites en ce moment - qui seront les plus déterminantes pour votre épanouissement. 

Que dire de cet ami qui vous tendra le bon article de journal dépeignant la formation de vos rêves ? De ce professeur qui vous conseillera le bon livre ? Prenez le temps d’écouter, et surtout restez en contact avec ceux qui veulent bien vous aider ! Ce sont eux qui vous permettront de trouver votre premier stage ou de passer par la bonne passerelle si vous n’atteignez pas ce que vous souhaitez du premier coup. 

De mon côté, grâce à ces personnes - dont certaines se reconnaîtront -, j’ai pu intégrer Sciences Po après le  bac. Après trois années de licence - contenant une année au Trinity College à Dublin -, j’ai pu

intégrer le Master qui m’avait toujours fait les yeux doux, celui de Sciences Po en Affaires européennes. J’ai ensuite rejoint le Collège d’Europe, université dont je me demandais déjà comment il était possible d’y accéder sur les bancs du Gymnase. 

Ainsi, déjà à votre place, j’étais un grand fan du monde politique en général, et de l’Union européenne en particulier. Aujourd’hui, dans mon poste d’assistant parlementaire au Parlement européen, j’ai la chance d’évoluer au sein de cette sphère que j’ai tant désirée. 

Ici aussi, les rencontres que j’évoquais quelques lignes plus haut jouent un grand rôle : avant d’y arriver, j’ai souvent pensé que mon ambition était inatteignable. Certaines personnes m’ont alors rappelé - souvent plusieurs fois par jour - que si d’autres pouvaient y arriver, alors moi aussi. Puisque croire en soi est indispensable mais qu'il est difficile d'y parvenir tout seul, il faut savoir s’entourer. 

Enfin - et j’en ai terminé - mais le conseil que je viens de vous donner m’oblige à attirer votre attention sur un autre point : renseignez-vous par vous-mêmes, en consultant toujours plusieurs sources d’opinion différente. 

Si vous ne faites pas cela, vous serez influençables et vous aurez tout perdu. Les amis et les professeurs que j’évoquais plus haut sont utiles pour vous aider à trancher entre plusieurs choix en vous décrivant leurs expériences, pas pour faire le choix à votre place ! C’est là que réside la combinaison gagnante : soutien des autres et information par soi-même. 

Je reste à votre disposition si je peux vous être utile, 

A bientôt et bonne chance ! 

 Simon

samedi 5 mars 2022

Jana Curcenco (Bac 2018), comment une personnalité se construit dans l'école

 Jana Curcenco est étudiante à Sciences Po Paris en Master d’Affaires publiques. Elle a réalisé en troisième année un échange avec l’Université de Berkeley, en Californie, où elle a été l’assistante de recherche de la professeure émérite Kristin Luker. Elle a travaillé pour le ministère de la Santé, au Bureau Européen de la Cohésion Sociale et réalise en ce moment un stage au cabinet du Ministère de la Culture.
Bachelière en 2018, elle a aussi été présidente du CVE et choriste d’Ostinati : elle nous raconte son parcours haut en couleurs !

Qu’est-ce qui t’a marquée au Gymnase ?
                                       Je suis arrivée un peu par hasard en quatrième - mon meilleur ami quittait St-Etienne en catimini pour Sturm et cela m’avait mis la puce à l’oreille. Je m’y suis immédiatement plu, notamment en raison de la forte émulation qui s’entretenait entre élèves, à l’origine de laquelle les équipes pédagogiques y sont également pour beaucoup. Etant assez scolaire, j’ai tout de suite été comme un poisson dans l’eau, et j’ai énormément apprécié les enseignements de grande qualité dispensés au Gymnase, qui, pour sûr, m’ont permis de développer mes capacités intellectuelles.
                                       Au-delà de l’apport purement scolaire, j’ai eu la chance de trouver un
épanouissement très grand dans les activités parascolaires que propose le Gymnase. Dès ma première année, je me suis présentée aux auditions d’Ostinati (chœur féminin du Gymnase, dirigé par Vincent Affholder) et j’y ai vécu pendant cinq ans des moments humains et musicaux inoubliables, qui restent certainement les plus beaux souvenirs de mes années lycéennes, et qui ont été structurants dans la formation de ma personnalité.
Je me suis beaucoup investie dans le CVE, qui représentait alors un véritable parlement lycéen, et où les idées aboutissaient systématiquement en projets concrets. La possibilité de voir nos projets prendre forme sous nos yeux a été extrêmement gratifiant pour moi, et j’en suis convaincue, a nourri mon envie d’entrer à Sciences Po. J’ai lancé, par exemple, l’action de la vente des roses pour la Saint-Valentin au
profit de l’Unicef avec une amie, l’année de ma première. Il a suffi de soumettre l’idée en assemblée étudiante, puis nous sommes allées négocier le prix des roses au marché place Broglie, avant de mettre en forme des affiches que nous avons placardées partout dans les bâtiments du Gymnase. Quelle n’a pas été ma surprise lorsque j’ai appris que l’action existe toujours ! Je crois que ce genre d’expériences lycéennes est propre à l’environnement que Sturm construit autour de ses élèves, et je suis très reconnaissante d’avoir pu en bénéficier.


En rétrospective, le rôle des animateurs est selon moi un autre aspect de la vie lycéenne propre au Gymnase. Bien plus qu’une simple surveillance, les animateurs sont à l’écoute des élèves, ils sont adultes, sans être nos parents ni nos professeurs, et de fait, sont des interlocuteurs privilégiés, essentiels à la construction de soi au moment de l’adolescence.
Je repense avec beaucoup de nostalgie au Ludwig van Club du Gymnase, qui proposait (peut-être encore, je l’espère !) une sélection de concerts lyriques et autres moments musicaux à Strasbourg et environs. Ces rendez-vous bimensuels ont fait naître chez moi une affinité avec le monde du spectacle vivant, dans une approche à la fois décomplexée et tout en simplicité, avec la plus grande bienveillance. Quelle chance aujourd’hui de pouvoir me plonger dans ce monde au ministère de la Culture ! Je me souviens particulièrement du voyage lyrique à Wuppertal : nous étions allé.e.s voir la compagnie de Pina Bausch en prenant le métro suspendu de cette petite ville allemande hors du temps. Ces opportunités tout à fait exceptionnelles, parallèles aux cours, ont été déterminantes dans ma formation intellectuelle, et je dois l’avouer, me poursuivent encore aujourd’hui.

Je me sens dans l’obligation de mentionner l’immense chance que j’ai eu de partir étudier à la St. Paul’s School (Concord, NH) l’année de ma seconde grâce à la bourse Weicker, à laquelle le Gymnase présente chaque année deux candidats. Mon voyage outre-Atlantique m’a plongée dans l’univers démesuré des campus à l’américaine, où j’ai profité de ressources pédagogiques exceptionnelles et d’une ouverture rare. J’y ai appris l’anglais très rapidement, j’ai découvert d’autres systèmes de valeurs et je me suis forgé une certaine qualité d’adaptation. L’été d’après, je partais faire une Summer School à la Bocconi : deux semaines à Milan, à 17 ans, avec des cours dispensés en anglais et des étudiants internationaux ; là encore ce fut une expérience inoubliable !
                                       Même si j’ai développé une grande capacité de travail durant mon lycée et que j’ai été amenée à développer une méthode de travail qui m’est propre et qui a fait ses preuves dans le monde universitaire, je dois dire que le Gymnase fait souvent naître beaucoup d’anxiété chez les lycéen.ne.s, qui gèrent de manière différente la pression face aux exigences élevées. 
Le Gymnase est un espace d’apprentissage où l’on nous inculque une forme d’ambition, provoquant une émulation assez extraordinaire, comme je l’ai déjà souligné. Toutefois, il me semble qu’un accompagnement à la gestion du stress engendré par cette forte pression ne serait pas inutile, surtout au moment de la préparation du bac et des candidatures dans l’enseignement supérieur, qui ont été, pour moi, synonymes d’une immense anxiété, qui aurait pu être atténuée, je crois, sans en modifier les résultats. Parmi tous les éléments laudatifs que j’ai mentionnés jusque-là, il y aurait ici peut-être une piste de progrès à discuter au sein du Gymnase.

Est-ce qu’il y a un événement, ou des personnes qui ont eu une influence sur ta trajectoire personnelle ?

Mon année à St. Paul a bien-sûr été un facteur important dans la suite de mon parcours professionnel et personnel. De plus, c’est là où j’ai rencontré mon copain, qui m’a introduite au monde des arts visuels. Il poursuit une activité créatrice, de peinture notamment, et nous envisageons quelques projets d’expositions, l’un à Paris et l’autre en Italie, de quoi nourrir nos envies communes autour de l’art.
L’environnement bouillonnant dans lequel j’ai baigné grâce au conservatoire (piano et danse), à Ostinati et au Ludwig van Club a aussi influencé ma fréquentation du milieu artistique (il ne se passe pas une semaine aujourd’hui sans que je n’aille voir un spectacle, une exposition ou assister à un concert !) ainsi que mes envies de carrière : je m’engage doucement mais sûrement dans une voie professionnelle qui allie institutions publiques et création contemporaine.
Je souhaite remercier ici Vincent Affholder qui m’a énormément écoutée et guidée pendant mes années lycéennes, et sans qui je ne serais pas la personne que je suis aujourd’hui !

Quels sont les conseils et réflexions que tu aimerais partager avec les lycéen.ne.s actuel.le.s ?
Le conseil le plus précieux que donnerais en premier lieu est de ne jamais vous fixer de barrières dans vos envies ou curiosités professionnelles (ou autres). Pour cela, je n’hésite jamais à poser des questions,
à demander de l’aide lorsque je suis en difficulté, et à utiliser toutes les ressources que je peux mobiliser pour obtenir plus d’information (le réseau des Alumni du Gymnase en est une à laquelle vous pouvez évidemment vous adresser !).
Aussi, ne sous-estimez pas le pouvoir de l’imagination : celle-ci permet de nourrir ses projets, ses ambitions, et surtout, sa volonté de les accomplir. Quand je préparais le concours de Sciences Po, par exemple, j’imaginais tous les soirs ce qu’allait être ma première journée là-bas, et cela me poussait à me surpasser davantage.
Enfin, la pression générale nous fait souvent oublier de prendre soin de nous, alors qu’il est crucial dans ces moments d’être capable de prendre de la distance, du recul, de respirer un peu et d’aller voir ailleurs. Il y a des apprentissages qu’on ne fait pas à l’école, par le biais de la culture notamment, et qui sont cruciaux – à nous de ne pas les considérer comme une perte de temps !