samedi 9 mars 2019

Albert Frédéric Constantin Weber au Mexique (suite)


 Pure coïncidence, en même temps que Jean-Matthieu nous fait part de sa très belle trajectoire mexicaine, des botanistes spécialisés dans les cactus mexicains contactent les Alumni du Gymnase.
En effet un autre ancien élève, Albert Frédéric Constantin Weber, l’a précédé au Mexique. Où ce très ancien, scolarisé au Gymnase de 1841 à 1849, a séjourné de 1864 à 1867.

Voici son immatriculation d’inscription dans les registres du Gymnase :

 Médecin militaire dans le corps expéditionnaire français, il s’est passionné pour les cactus : voici ce qu'en disent les chercheurs parti sur ses traces:
"Pour l'instant nous avons :

·         regroupé plus de 200 pages de ses publications botaniques,
·         transcrit plus de 30 de ses lettres manuscrites
·         accumulé beaucoup d'informations pour pouvoir réaliser une biographie bien documentée.
Il nous reste cependant encore bien du chemin à faire. La poursuite de la consultation des archives Weber au Muséum National d'histoires naturelles, la consultation des archives nationales où Weber est présent dans les archives de la "commission scientifique au Mexique"
Bref nous avons encore quelques mois de voyage à faire en sa compagnie !"


Son nom a été donné aux espèces Pachycereus weberi et Pereskia weberiana.

Les cactus du Gymnasien, tome 1




Jean-René Catrix, Roberto Kiesling et Daniel Engelmann, chercheurs attelés à publier son œuvre viennent de mettre en ligne le premier tome de leur oeuvre:


dimanche 3 mars 2019

Pierre Loeb, lobbyiste engagé, à l'AG des Alumni


Les Alumni du Gymnase - Association des Anciens Élèves et des Amis - développent à travers le Gymnase Network un réseau d’entraide, de partage de compétences et d’expertises mais aussi de convivialité entre Gymnasiens de toutes générations, dans le cadre des valeurs humanistes qu’ils souhaitent porter.

  C’est dans ce contexte et cet esprit qu’au nom du Comité Directeur de l’Association, j’ai le plaisir de vous convier à : 
l’Assemblée Générale
qui se tiendra le vendredi 22 mars 2019 à 19h 30
dans l’amphithéâtre du Cube au Gymnase Jean Sturm
                                              8 place des Etudiants 67 000 Strasbourg     

Cette année, nous aurons le plaisir d’accueillir

                                       Pierre LOEB (Bac 2006)

 Diplômé de l’ICN Business School et de l’Institut supérieur européen du lobbying, Pierre Loeb a notamment travaillé au sein du cabinet du Conseil départemental du Bas-Rhin, sur les dossiers liés à l’Europe, à l’économie et au tourisme. Il occupe à présent le poste de directeur du Club des 100 de la Maison de l’Alsace à Paris et préside l’association Vision Strasbourg, une plateforme citoyenne unique en son genre, au profit du rayonnement d'un territoire

Un lobbyiste engagé 
A côté de son action pour aider les entreprises alsaciennes engagées dans le Club des 100 à « faire rayonner à Paris cette Alsace aux atouts si nombreux, pas suffisamment valorisés », Pierre est l’auteur d’un rapport remarqué sur l’enjeu de l’influence française en Europe, remis au président Macron en avril 2018. 

Dans le droit fil de son parcours personnel, Pierre nous dévoilera ce qu’est le lobbying et comment le mettre au service de l’intérêt collectif.


N’hésitez pas à faire partager cette soirée à vos proches et amis pour découvrir l’itinéraire d’un passionné, animateur de réseaux, agent d’influence pour Strasbourg et de l’Alsace dans le contexte européen

Un moment de convivialité nous réunira ensuite autour du verre de l’amitié.

Dans le souci d’organiser au mieux l’Assemblée Générale et de gérer efficacement les contraintes de sécurité, vous voudrez bien répondre par le lien suivant :

https://bit.ly/2VwPFN9

Ou bien faire parvenir à l’adresse Alumni@legymnase.eu
Un e-mail précisant :
  • Vos noms et prénoms
  • Si vous êtes Ancien élève, élève actuel, parent d’élève, professeur ou membre des équipes du Gymnase, Ami du Gymnase ou autre
  • Combien de personnes vous accompagne  
Je me réjouis de vous retrouver en cette sympathique occasion.

Pour le Comité Directeur,
Bien amicalement

Jacques  FLURER
Président de l’Association

dimanche 24 février 2019

Jean-Matthieu Grappe (Bac 2008): entreprendre au Mexique !



 C'est finalement depuis São Paulo que je trouve le temps de vous répondre, quelques heures avant de repartir pour Bogotá.

Rapidement, je vous retrace mon parcours depuis le Gymnase.
Après mon Bac ES en juin 2008, je suis parti au Canada pour continuer mes études à HEC Montréal et obtenir un master en Technologies de l'information (IT) & Management. Je me suis épanoui dans le système universitaire nord-américain, spécialisé dans des domaines très spécifiques et j'ai continuellement travaillé en parallèle de mes études. De 2011 à 2012, j'ai rejoint Bombardier Aéronautique à temps plein et continué mes études en prenant des cours du soir. Découvrant le Mexique lors d'un de mes voyages je me suis passionné pour ce pays et j'ai décidé d'apprendre l'espagnol et de partir finir mes études au TEC de Monterrey dans la ville de Querétaro à 250 km de Mexico.

Diplôme en poche, j'ai vendu mes affaires et pris la route pendant 1 an pour réaliser plus de 16 000 km de stop en solitaire en traversant du Nord au Sud toute l'Amérique Latine. Une très belle aventure, forte en émotions et en apprentissages.

De retour au Mexique, je commence à travailler pour une société française, Netgem en tant que chef de projet Télévision numérique. Ce projet me permet de découvrir un nouveau domaine et d'acquérir une expertise.

La volonté d'entreprendre a toujours été très présente en moi et je décide de me lancer dans un nouveau projet, Decidata (https://www.decidata.tv/). Je programme depuis mon adolescence et cela me permet de développer les premiers algorithmes de la société en quelques mois. Il s'agit de détecter en temps réel la publicité qui passe à la télévision et de la synchroniser avec une campagne digital sur Facebook et Google afin de maximiser l'impact.

Peu à peu l'entreprise grandit dans mon appartement et nous passons de 3 à 10 en quelques mois pu
is de 10 à 17 avant de réaliser une levée de fonds en 2017. Aujourd'hui l’entreprise compte plus de 30 employés répartis dans nos différents pays d'opérations : Mexique, Colombie, Pérou, Argentine, Brésil et Chili.

Le Mexique est un pays dynamique, en croissance, grand comme 4 fois la France et avec une population de plus de 140 millions d'habitants.
Terre d'opportunités, le Mexique rayonne par son influence et sa puissance économique sur l'Amérique Latine.
7e pays au monde en quantité d'ingénieurs formés par an, c'est un réservoir de talents.

L'entreprise forme gratuitement les employés à la programmation, aux langues (Français, Portugais et Anglais) et à la gestion de projet agile afin de permette à chacun d'acquérir de nouvelles compétences. Nous souhaitons avoir un impact social et nous pensons que l'apprentissage permet de faire une différence.

Nous avons gagné plusieurs prix depuis la création de l'entreprise:
Mais globalement que fait-on ?

Nous analysons en temps réel et grâce à des algorithmes d'intelligence artificielle ce qu'il se passe sur plus de 1300 chaines de télévision.
Cela sert deux grandes verticales, une qui s'adresse aux marques et aux agences de Marketing et l'autre, aux chaines de Télévision et aux fournisseurs d'accès internet.
  • Pour les chaînes de télévision, nous analysons la qualité de leur retransmission et nous détectons la publicité où le contenu inséré.
    Cela est très important durant les campagnes politiques et aussi pour détecter les fraudes ou les problèmes internes.
    Cela permet aussi aux chaînes de télévision de facturer plus rapidement leur clients et de leur fournir une preuve que leur publicité a été diffusée.
  • Pour les fournisseurs d'accès internet nous avons un système d'insertion de publicité ciblée pour la télévision (Programmatic TV) et sur les supports OTT (streaming).
    Nous travaillons en partenariat avec Amazon Web Services (AWS) afin d'offrir cette solution à de nombreuses entreprises du numérique.
  • Pour les marques, nous détectons la publicité que fait sa concurrence à la TV/Radio et nous activons en temps réel la publicité digitale de la marque sur Google/Facebook.
    Nous mesurons aussi l'impact qu'à une publicité TV/Radio sur les ventes en ligne de la marque. C'est ce qu'on appelle l'attribution TV.
Pas beaucoup de temps pour s'ennuyer et beaucoup de projets à gérer. Une belle aventure, prenante mais passionnante !


Voilà pour mes quelques nouvelles ! Si vous avez des questions, n’hésitez pas!
J'espère que tout se passe bien à Strasbourg et que le Gymnase, fidèle à ses traditions humanistes, continue de former des citoyens du monde.

Je vous remercie,
Jean-Matthieu


samedi 9 février 2019

Adèle Schramm (Bac 1996), championne du ciel


Originaire de Strasbourg-Neudorf et installée à Obernai, Adèle Schramm, 38 ans, est l’une des meilleures pilotes françaises en navigation aérienne sportive.
Un peu comme Obélix, elle est tombée dans la marmite quand elle était toute petite. Comme d’autres pouvaient accompagner leurs parents sur des terrains de foot, la jeune Adèle suivait son père à l’aérodrome du Polygone à Strasbourg-Neuhof.
« Il volait le week-end et j’étais tout le temps avec lui », se remémore l’intéressée, aînée d’une fratrie de trois enfants (deux filles et un garçon).

Contrôleuse aérienne à Entzheim
Le pneu installé sous ses fesses dans le planeur, c’est un peu sa Madeleine de Proust à elle. Sur le bitume devant le local de l’aéroclub Polygone 67, elle a appris à marcher puis à faire de la bicyclette. C’était un peu sa deuxième maison, à 500 mètres à peine de sa résidence principale située dans le Neudorf. « Dès que j’avais du temps, j’allais là-bas. »
En France, on ne peut voler avant l’âge de 15 ans. Le jour même de son quinzième anniversaire, les bougies du gâteau encore chaudes, elle a donc accompli son premier vol. « J’attendais ce moment avec beaucoup d’impatience, se souvient l’ancienne collégienne du Gymnase Jean-Sturm. Quand on vole, on a un sentiment de liberté, c’est fabuleux. »
Celle qui voulait devenir astronaute puis pilote de ligne a finalement embrassé la carrière de contrôleuse aérienne. Une profession qu’elle exerce depuis 2003 à l’aéroport d’Entzheim.
En parallèle, elle continue de voler régulièrement, notamment au-dessus du Haut-Koenigsbourg, des Vosges ou encore du Mont Sainte-Odile, ses « spots » de référence.
Il y a quatre ans, elle découvre l’existence de compétitions en sport aérien. Un tournant dans la vie de cette ancienne judokate ayant participé à plusieurs championnats d’Alsace avec le kimono du SUC.


Atterrir dans un couloir de 12m
« Voler est ma passion et je suis compétitrice dans l’âme, c’était donc fait pour moi », en sourit aujourd’hui la jeune femme qui navigue à bord d’un avion de tourisme (Cessna 152 ou 172).
Adèle Schramm pratique trois disciplines. Avec Alexis Fuchs, elle est d’abord co-pilote en rallye aérien. Des check-points sont installés sur un tracé. Il faut les activer en un temps limité. Aussi, des photos illustrent des endroits qu’il faut retrouver et placer sur une carte pendant le vol. Le duo a fini 5e aux championnats du Monde 2018 en Slovaquie et 2e par équipes avec la France.
Le binôme s’aligne aussi en « Air Navigation Race » (ANR). Cette fois, c’est Adèle qui pilote. « Un tuyau est matérialisé sur une carte, on doit toujours naviguer dedans. On prend des pénalités quand on en sort. Celui qui en a le moins gagne », souligne la médaillée de bronze dans cette discipline aux Mondiaux 2017 en Espagne.
Enfin, la mère de trois enfants (Célian 13 ans, Amaury 11 ans et Charline 6 ans) concourt, en solo, en pilotage de précision. Il s’agit de suivre un tracé aérien en un temps chronométré, alliant donc la vitesse à l’habileté en vol. Comme en ANR, l’atterrissage est évalué. « On doit toucher les roues sur un couloir de 12m de large. » Adèle a pris la 3e place aux Mondiaux 2017.
En pleine saison (d’avril à octobre), l’Obernoise vole toutes les semaines pour son plaisir et/ou l’entraînement. En 2019, l’élite mondiale du pilotage de précision sera réunie à Castellòn (Espagne).
En rallye aérien, ce sera en 2020 en Afrique du Sud. La navigatrice de 38 ans joue cartes sur table. « Quand je m’inscris à une compétition, c’est pour gagner. » Ainsi va la vie d’Adèle.


Décision contestée
Dans les compétitions hexagonales, la Fédération française aéronautique (FFA), dont Adèle Schramm est élue au comité directeur, a décidé, l’année passée, d’opérer la distinction entre hommes et femmes dans les classements. La pilote originaire du Neudorf est « totalement contre » cette décision.
« C’est ridicule de faire une différence, fulmine-t-elle. Dans nos disciplines, le côté physique n’est pas très présent, les filles ne sont donc pas désavantagées. J’espère qu’on reviendra vite en arrière. »
Lors des derniers championnats de France de pilotage de précision, il n’y avait que quatre engagées et Adèle a gagné. « Ce que je retiens, c’est ma 2e place au classement scratch. C’est ce résultat-là qui a un sens. ». En plus d’être compétitrice, la pilote est aussi perfectionniste.

 Titulaire d’une licence de pilote, Adèle Schramm utilise également ses talents en vol pour découvrir la planète. En touriste, la jeune femme a réalisé un tour de France avec moult escales mais aussi volé en Europe de l’Est (Estonie, Lettonie, Lituanie, Croatie, Slovénie…).
Avec deux amis, elle a également parcouru toutes les îles des Caraïbes il y a quatre ans. «On allait d’île en île à bord de l’avion qu’on pilotait, se souvient Adèle. On dormait dans des gîtes la nuit et on faisait des visites durant une partie de la journée. C’était incroyable. L’avion te permet de découvrir l’endroit de façon totalement différente. En plus, quand c’est ta passion, c’est le top. »

DNA 16 janvier 2019

dimanche 23 décembre 2018

Nicolas (Bac 1995) et le thé des Talibans



Dans Kaboul Disco , son savoureux diptyque consacré à son expérience de dessinateur en Afghanistan, Nicolas Wild racontait « comment je n’ai pas été pris en otage par les talibans ». Aujourd’hui, dans Kaboul Requiem , il livre le récit du journaliste britannique Sean Langan détenu par un groupe d’Al-Qaida. L’aventure frappée au sceau de la réalité.

Il s’était jeté dans la gueule du loup. Journaliste pour la chaîne britannique Channel 4, Sean Langan était allé chercher le scoop, en mars 2008, dans une zone tribale au nord du Pakistan. Son objectif : rencontrer le chef d’un groupe de talibans inféodés à Al-Qaida.
Mais le reportage allait rapidement virer au cauchemar : pour les talibans, Sean Langan était une proie de choix. Car depuis qu’il avait couvert en exclusivité pour la presse occidentale l’intervention de l’armée soviétique à Vilnius, le 7 janvier 1991, dans une Lituanie lancée sur la voix de l’indépendance, le journaliste était devenu une figure de la presse britannique.
Le groupe du mollah Siraj Haqqani, planqué dans les montagnes à cheval entre l’Afghanistan et le Pakistan, ne pouvait rêver meilleure occasion d’attirer l’attention sur lui. Après trois mois de détention, d’incertitude sur son sort, Sean Langan sera finalement relâché.

La prise d’otage en genre littéraire
Une trajectoire qui ne pouvait laisser indifférent Nicolas Wild. On connaît l’intérêt qu’il nourrit pour l’Afghanistan depuis qu’il y a séjourné de 2005 à 2007. Travaillant pour une agence de communication, il y avait notamment mis en BD la nouvelle constitution du pays.
De cette expérience, l’auteur alsacien, formé à l’atelier d’illustration des Arts Déco, avait livré un roman graphique en deux tomes, Kaboul Disco (chez La Boîte à bulles), beau succès de librairie, totalement justifié tant le regard de Nicolas Wild se révélait à la fois acéré sur le quotidien de l’Afghanistan, que décalé, porté par une distance ironique qui apportait toute sa saveur à son récit. Le sous-titre en témoignait : Comment je ne me suis pas fait kidnapper en Afghanistan.
  
« L’enlèvement d’Occidentaux était devenu une spécificité nationale. Et une fois libérés, les ex-otages s’empressaient de publier leur récit. Cela devenait un genre littéraire en soi… », s’amuse-t-il. Échappant à ce sort redoutable, Nicolas Wild effectuera un second séjour, en 2009, à Kaboul : « Très court. Juste deux semaines pour y présenter Kaboul Disco. J’avais une centaine d’exemplaires. Tout était parti en une soirée ! Mais sur place, la situation avait bien changé. Cela s’était considérablement dégradé. Il y avait des barrages partout, avec des mercenaires surarmés. Les restaus sympas avaient fermé… ».

À l’entendre, le Kaboul de 2005/2007 relevait du havre de paix, d’une terre où régnaient le calme et la félicité. Rires de Nicolas Wild. Qui convient : « Oui, c’était déjà assez risqué à ce moment-là. »
Depuis son dernier séjour à Kaboul, ce que Nicolas Wild appelle sa « nostalgie afghane » s’est passablement dissipée et il ne pense plus jamais retourner en Afghanistan. Mais il ne pouvait cependant demeurer indifférent à la mésaventure de Sean Langan qu’il a eu l’occasion de croiser à deux reprises. « La première fois, c’était en 2012, lors d’un week-end d’anciens d’Afghanistan, à la campagne. Je l’ai revu ensuite à Paris. Il m’avait raconté son histoire d’enlèvement. Comme de mon côté j’avais évoqué comment je ne m’étais pas fait kidnapper, j’ai trouvé que c’était une bonne idée de passer à quelqu’un qui n’avait pas eu ma chance », explique-t-il.

C’est donc un roman graphique à deux signatures qu’il nous livre dans Kaboul Requiem , joliment sous-titré Un thé avec les talibans. C’est que durant ses trois mois de détention, Sean Langan en a bu des thés, sous le regard vigilant de gardiens armés jusqu’aux dents. Ce nouvel opus renforce encore l’image que s’est peu à peu forgée Nicolas Wild de spécialiste de cette région du globe à l’actualité si rude : « C’est vrai qu’il est difficile pour moi de fermer la porte de l’Afghanistan. D’ailleurs, maintenant, je n’arrête pas de croiser des Afghans réfugiés en France qui me proposent de raconter leur histoire ».
Comme pour en prendre le contre-pied, ses trois prochains livres n’auront rien à voir avec ce pays. Mais il s’agira toujours, pour cet auteur qui pratique la BD à la façon d’un reportage, des récits inspirés de son expérience de la réalité.
Et Nicolas Wild de résumer avec une dernière pirouette son rapport à la bande dessinée : « Il y a tellement à faire avec la réalité. Pas besoin d’avoir d’imagination ! »

Kaboul Requiem. Un thé avec les Talibans , chez La Boîte à bulles, 157 pages, 19 €.

DNA 16 décembre 2018

samedi 24 novembre 2018

Sortie culturelle des Alumni, avec travaux pratiques chocolatés

Bockel et la chocolaterie ... 

Ne vous demandez plus si les Alumni sont gourmands : c’est un oui définitif. Quand on les invite à visiter la chocolaterie Jacques Bockel à Monswiller, ils débarquent en nombre (une trentaine), et certains posent même un jour de congé pour l’occasion !
  
Les pires sont ceux qui ont traîné une bonne demi-heure à la fin de la visite dans le magasin attenant, hésitant entre talons-aiguilles chocolatés à croquer et tablettes kamasutra à euh... étudier (inutile de nier). Bien sûr, ils vous diront que s’ils s’attardaient, c’était pour profiter encore un peu de la vue directe sur les ateliers, mais ne soyez pas dupes ! Leurs paniers étaient remplis à ras bord. Certains arriveront d’ailleurs en retard à la réunion du comité de Gymnase Alumni le soir même, prétextant des difficultés liées au trafic. Ba-li-ver-nes !

Et pourtant, à dire vrai, cela commençait mal. Dans le hall façon plantation de cacaoyers, on nous a annoncé que le patron en personne, Jacques Bockel, allait s’occuper de nous.

L’idée de devoir se tenir d’autant plus à carreau (de chocolat) a, l’espace d’un instant, cristallisé les anciens élèves studieux mais facétieux que nous sommes restés. On se voyait déjà, au moindre faux pas, transformés un à un en « bonbons de chocolat » (le terme officiel pour pralinés), comme dans l’usine de « L’Aile ou la Cuisse », vous savez, celle qui concocte des poulets en plastique.

Mais point d’usine ici, ni de « semi-industriel ». Un éminent Alumni n’avait d’ailleurs pas fini d’articuler ce terme au détour d’une pourtant intéressante question (sur le marché du chocolat) que le maître des lieux, artisan de son état, était déjà prêt à en découdre.

Mais si Jacques Bockel parle fort (et l’on dira même plus : rares sont ceux dont la voix porte autant) voire impressionne du haut de ses cent kilos, c’est en réalité un généreux transmetteur de passion, un autodidacte qui dit ce qu’il sait et qui reconnaît quand il ne sait pas, un grand cœur à l’humour un peu potache sous ses airs de patron coriace à qui on ne la fait pas (« c’est quoi ce travail de bourrin ! »), entre deux expressions en alsacien pour bien ancrer la boutique. Ses salariés le lui rendent bien : quasiment zéro turnover. Bockel, c’est aussi et surtout un communicant hors pair.

Pour s’en convaincre, il suffit de s’intéresser à l’originalité de son offre de produits et de leurs packagings (connaissiez-vous le « Calendrier de l’Avent et de l’après » à 31 cases ?), ainsi qu’à l’architecture « façon tablette » de sa chocolaterie flambant neuve. L’ancienne est partie en fumée en 2014 : « On dit que c’est un incendie criminel, mais c’est surtout de la bêtise : deux jeunes qui ne savaient pas quoi faire la nuit et qui ont brûlé des papiers dans une poubelle. » Même pas rancunier !

La chocolaterie, donc. Une grande pièce, des machines un peu partout, de toutes tailles, de toutes formes. L’odeur, entêtante : le cacao, ici, on le sniffe. Des chocolatiers s’affairent.

Les unes peignent sur chaque moule les habits des pères Noël (exclusivement aux colorants naturels), d’autres façonnent les châtaignes. Tiens, savez-vous comment on reproduit en chocolat les piquants des châtaignes ? Non ? Nous, si ! Mais chut, c’est un secret.
Ici, certains confectionnent des pralinés avec le décor qui va bien ; là, on pilote une machine ultramoderne qui produit en une seule passe à la fois l’intérieur et l’extérieur des fameux Männele en chocolat. Inutile de préciser que l’on déguste un peu tout ce que l’on voit, le chef a le cœur sur la main, on l’a dit.

Plus loin, l’atelier moulages avec ses fontaines de chocolat (le top, ce sont les moules aimantés que l’on assemble sans pinces), et voici que chaque Alumni est amené à garnir de fruits secs et autres friandises une tablette 63 %. Passons sur ceux qui ne décorent pas, qui en mettent trop, qui oublient d’ajouter leur nom : de vrais gamins ces Alumni, on se croirait à l’école !

D’ailleurs, les ex-élèves ne se privent pas de quémander les trucs et astuces du maître, qui ne manque pas de répondant : « Eh oui ma brave dame, votre ganache elle ne brille pas parce qu’il faut mettre la crème chaude dans le chocolat froid, pas l’inverse. »
« Pour vos orangettes, il faut du chocolat tempéré [il trace de la main la courbe de température] : un tiers de chocolat râpé dans le chocolat fondu, et c’est réglé ! » Sans oublier le « Comment, vous n’avez jamais nappé de chocolat un gâteau ?! ». Bah non m’sieur, on avait la pâtisserie Christian juste en face.


Au fil de la visite, il nous prend sous son aile et on le lui rend bien : l’alchimie opère, et hop, on mérite de faire un petit détour imprévu du côté de l’atelier de torréfaction. Depuis deux mois, Jacques Bockel ne se contente plus d’acheter du chocolat de couverture prêt à l’emploi, mais torréfie, meule, et surtout conche lui-même ses fèves de cacao.
On savait déjà tout sur les cabosses, le décabossage, le mucilage, la fermentation des fèves et leur séchage, grâce à un documentaire de vingt minutes en début de visite (pas sur une petite télé de salon, mais sur écrans géants à 180 degrés... c’est un communicant on vous dit !).

Et maintenant, dans une pièce couleur café, bronze et brique rouge à la lumière tamisée, nous découvrons les secrets de la torréfaction. Mais nous garderons ça pour nous, puisque vous pourrez vous y initier lors d’une des soirées dînatoires ambiance jazzy bientôt au programme.

Encore un petit creux ? Allons voir du côté du réacteur nucléaire de Bockel, l’atelier dans l’atelier, celui qui fabrique le copié mais jamais égalé... Nut’Alsace. Un genre de Nutella qui carbure au colza (oui mon bon monsieur, l’huile de noisette ne suffit pas).

Là, nous sommes accueillis par un expert, « Monsieur Nut’Alsace » en personne. Mais oui, souriez, souriez : 800 kilos au démarrage et 60 tonnes maintenant ! Noisettes du Piémont ou noisettes françaises, goût corsé, au maltitol ou avec du lait : c’est l’embarras du choix.

Oui c’est gras, oui c’est sucré, oui ça stimule le circuit neuronal de la récompense qui fait que l’on finit le pot juste après l’avoir commencé, on sait.
Mais on va pas en faire une tablette !

Récit d’Antonio Lagala
12/11/2018.

La violette pour Jacques (Bac 1966)


Jacques Flurer dans l'Ordre des Palmes Académiques

Le Gymnase Sturm a servi de cadre à la remise de la médaille de chevalier dans l’ordre des Palmes académiques à Jacques Flurer, président de l’association des anciens élèves et amis de cet établissement.

Ce moment solennel et convivial a réuni autour du récipiendaire de nombreuses personnalités et amis.

Jean-Pierre Perrin, secrétaire des Alumni du Gymnase, lui-même officier des Palmes académiques, après avoir excusé l’absence de Guy Mielcareck, proviseur, a ouvert la cérémonie en rappelant les nombreux engagements de Jacques Flurer : à la Fondation du Sonnenhof, au Rotary du Kronthal, au Cercle de l’Ill, au comité des Alumni du Gymnase, sans oublier la société du jeu de quilles des Contades : « C’est un homme d’engagement et de conviction au service des autres, et plus particulièrement impliqué au service des élèves actuels et anciens du Gymnase, qui veille au lien intergénérationnel. »

Au nom du comité des Alumni, il l’a remercié chaleureusement pour toutes ses actions en y associant son épouse et sa famille.


Martin Bruder, président de l’Amopa (*) du Bas-Rhin, commandeur des Palmes académiques, a rappelé ensuite l’origine de cette distinction prestigieuse napoléonienne qui « n’est pas une récompense, mais une reconnaissance de la République pour les services rendus à la jeunesse ». 
Tout en citant quelques titulaires de cette distinction (René Cassin, Marcel Pagnol, Charles Trenet), il a souligné les mérites incontestés du récipiendaire, qui s’inscrivent de manière éclatante dans la devise « partager et servir ».

Avant de lui remettre, au nom du ministre de l’Éducation nationale, la médaille, Martin Bruder a précisé que cette distinction était communément appelée « la violette » en raison de sa couleur.
Dans son discours de remerciements, Jacques Flurer a égrainé quelques souvenirs, se félicitant des nombreuses rencontres qui lui ont permis de mener à bien ses activités, et s’est engagé à poursuivre ses actions avec enthousiasme et ténacité.

DNA 31/10/2018

(*) Association des Membres de l'Ordre des Palmes Académiques

dimanche 11 novembre 2018

Amycie de Crevoisier (Bac 2011) pour une solidarité concrète

Amycie de Crevoisie nous invite à participer à une conférence organisée par l'association ACAY avec laquelle elle est partie en volontariat l'an dernier après sa sortie de l’Edhec (Lille). 

Ce sera le 19 novembre à 20h30 au 4 rue Gloxin à Strasbourg.

Après 20 ans de mission auprès des jeunes défavorisés à Manille et maintenant également à Marseille, Soeur Sophie de Jésus vient partager avec nous son expérience d’une compassion qui défie le chaos des bidonvilles et des gangs, où les jeunes sont pris dans l’engrenage de la drogue et de la violence.

ACAY aide des jeunes en difficulté de 15 à 23 ans à se réinsérer après un lourd passé :
- A Manille, l'Ecole de Vie accueille des jeunes filles victimes de violences, d'abus et d'abandon, afin de les aider à se reconstruire et à se réinsérer de manière autonome dans la société.
- A Manille et Marseille, le programme Seconde Chance aide des jeunes garçons à se réinsérer après la prison.

La fondatrice d'ACAY sera présente lors de la conférence et donnera son témoignage, ainsi que Laurent qui a passé 15 ans à accompagner des jeunes dans les prisons pour mineurs aux Philippines et à Marseille. Voilà le lien de l'événement sur Facebook : https://www.facebook.com/events/343978802836834/

Pour plus d'informations sur l'association, voici une vidéo :
 https://www.youtube.com/watch?v=4WmSRjUgMBs&t=2s
 et le site internet d'ACAY : https://acaymission.com/fr/home-fr/

N'hésitez pas à en parler autour de vous !