Plusieurs années et métiers plus tard, nous sommes encore
tous des “Sturmiens” comme peut en témoigner la récente rencontre de la Promo
2016 organisée par Célia Chemli et Ilana Eschbach…
Mon passage au Gymnase aura été de la Sixième (Lucie Berger)
jusqu’à la Terminale. Ce fut une période de croissance personnelle où j'ai
appris autant des autres élèves que de mes professeurs. L'ambiance dynamique et
la diversité des profils d'élèves m'ont permis de tisser des liens forts et qui
durent encore avec tous mes amis. On n’oublie rarement ces années au lycée et
en particulier venant du Gymnase qui dresse une identité très forte et nous
relie tous. Ces relations ont façonné ma vision du monde et ont contribué à
forger ma personnalité.
Les enseignants du Gymnase étaient passionnés par leurs
métiers. Ils ont suscité mon intérêt pour l'apprentissage. Leur dévouement et
leur engagement envers notre réussite étaient palpables à chaque cours. Ils
nous ont non seulement transmis des connaissances académiques, mais aussi des
valeurs. Dans mon cas, c’est surtout les valeurs qui m’ont aidé. En effet, je
suis encore frappé par mon style de l’époque et comment je suis maintenant. Je
n’avais pas de grands objectifs et n’avais pas du tout de bonnes notes. Le
sport me plaisait et j’en faisais beaucoup mais n’ai jamais eu les résultats
qui suivaient ni au tennis ni au basket donc ce qui m’a vraiment aidé à me
développer ce sont vraiment les valeurs acquises lors de mes années au Gymnase.
Je retiendrais tout de même mon échange à Madrid en Seconde.
En tant qu'élève LV2 Espagnol, je suis parti avec ma classe pour passer une semaine mémorable dans
une famille espagnole. J’ai tissé des liens forts avec mon correspondant qui
avait exactement le même âge. Nos profils correspondaient et furent de même
pour mon ami de Sturm qui était lui aussi tombé sur un correspondant ayant les
mêmes passions. Nous avons passé les étés de la Seconde à la Terminale
ensemble, combinant 2 semaines à Madrid et 2 autres à Strasbourg. Nous avons pu
leur faire découvrir le Haut-Kœnigsbourg ou bien encore Colmar avec ses maisons
colorées, mais il s’agissait surtout pour eux d’apprendre le français aux côtés
de nos amis. Cette expérience a renforcé ma passion pour les voyages, les
échanges et a prouvé que l’hospitalité est précieuse.
Qu’améliorer au
Gymnase ?
Il est difficile de trouver des axes d’amélioration car j’ai
passé le collège et le lycée au Gymnase uniquement. Cependant, mes expériences
extra-européennes, notamment en Colombie, en Chine et actuellement à Dubai sont
très enrichissantes car j’ai pu voir d’autres méthodes éducatives. Ici à Dubai,
le modèle anglo-saxon domine dans les écoles et dès le collège, on donne des
business games aux étudiants. Il s’agit de projets où les élèves doivent gérer
une micro-entreprise en groupe. Ces projets semblent offrir des opportunités
uniques pour développer des compétences pratiques et entrepreneuriales telles
que la créativité, la recherche de solution, le leadership et la gestion
financière. Ces initiatives, axées sur l'apprentissage par l'action, pourraient
compléter avantageusement le curriculum français.
Quel est l’élément important qui a orienté votre trajectoire
professionnelle ?
Mon professeur d'économie, Monsieur Hubert Mayer, a joué un
rôle crucial dans mon orientation professionnelle. Sa passion pour le sujet a
éveillé en moi un intérêt pour le domaine de l'économie et du commerce, ce qui
a influencé ma décision de poursuivre des études dans ce domaine.
Et après le Gymnase ?
Après le Gymnase, j'ai choisi de poursuivre mes études en
rejoignant un IUT en Techniques de Commercialisation. Ces années ont été une
période d'apprentissage intense où j'ai acquis des compétences pratiques et une
compréhension approfondie des principes du commerce et du marketing. Je suis
parti effectuer un stage en Colombie pendant 3 mois dans une association
œuvrant pour le développement des échanges étudiants entre universités
colombiennes et IUT de France.

Par la suite, j'ai intégré SKEMA Business School à
Sophia-Antipolis (près de Nice) pour obtenir un Master en Digital Business et
Data Analytics. Cette expérience a été transformative, me permettant d'explorer
de nouveaux domaines et saisir une nouvelle occasion d'ouvrir mes horizons
puisque je suis parti en échange universitaire en Chine. L’Empire du Milieu a
fortiori réussi à ouvrir mes horizons car je pensais que c’était un mythe le
fait qu’on mangeait du chien en Chine. Malheureusement, j’ai dû partir précipitamment
à cause de la Covid-19 et n’ai pu compléter mon semestre d’études à Shanghai.
Quelles seraient pour vous les connaissances, compétences,
les qualités personnelles à privilégier ?
Il est important de rester curieux et de ne jamais cesser
d'explorer de nouveaux horizons. Il y a deux types de profils, les généralistes
et les spécialistes. Essayez de trouver votre groupe.
La vie est un marathon, pas un sprint donc dépensez votre
énergie intelligemment. Vous pouvez vous reposer sur vos lauriers quelques
années mais choisissez bien les années au trot et celles au galop.
Enfin, la vie n’est qu’une question de décision, soyez
visionnaire, apprenez à prioriser et prenez votre temps pour les décisions
importantes. Rien n’arrive par hasard.
Quels sont les dangers/risques auxquels il convient d’être
attentif ?
L'un des pièges à éviter est de se laisser influencer par
les attentes extérieures au détriment de ses propres aspirations. Il est
essentiel de rester fidèle à soi-même et de suivre son propre chemin, même s'il
semble moins conventionnel. Chacun a un parcours unique à suivre, et il est
important de ne pas se comparer aux autres.
Vous poursuivez votre parcours dans un pays autre que la France.
Pourquoi ?
Mon choix de vivre à Dubaï après mes études a été une
décision audacieuse, mais gratifiante. Je n’avais pas vraiment choisi Dubaï
mais comme j’avais passé un mois seulement en Chine à cause de la Covid-19, je
devais encore passer trois mois à l’étranger pour l’obtention de mon Master à
SKEMA. J’ai donc obtenu un stage chez Adidas dans le département stratégie.
Depuis Dubaï, Adidas pilote tous les marchés émergents de la Thaïlande jusqu’à
l’Afrique du Sud en passant par l’Inde et j’étais dans le département Stratégie.
Si la Covid-19 n’était jamais arrivée, je n’aurais sans
doute jamais été à Dubaï ni même travaillé pour Adidas, donc je recommande aux
lycéens actuels d'être résilients et de voir les défis comme des opportunités
car elles peuvent ouvrir des portes insoupçonnées.
Suite à mon stage,
j’ai terminé mon Master à Skema et ai déménagé officiellement à Dubaï, ville
conue pour son hospitalité, à mes 23 ans avec un CDI chez Adidas dans le même
département.
Que pourriez-vous tirer de votre expérience pour informer
des lycéens actuels?
En conclusion, je dirais aux lycéens actuels : restez
ouverts aux opportunités et suivez votre instinct. Les meilleures choses
arrivent souvent quand on s'y attend le moins.